‹ Les méléagrinicoles, espéces nouvellesChapitre 20 sur 61 · XVIIL. — CREPIDULA DESHAYESI · texte numérisé non relu

XVIIL. — CREPIDULA DESHAYESI

PL. IV, fig. 9 — 10.

Testa ovalo-elliplica, valde elongata, epidermide levissima, fulva induta, strigis lamellosis incrementi el costulis radiantibus undulatim clathratula ; apice prominente subaculo ; lalere dexlro sinistroque

incrassalis, intus exlusque refleæis ; facie internd laclea nilidissima ; valde convexa, lineis incrementi validis, limbo paulo incrassalo.

Alli. 0,019, Lat. 0®,008, Diam. 004.

Cette coquille, par sa taille et par la singularité de sa forme,

où est la plus remarquable des méléagrinicoles inédites trouvées jusqu’à ce jour. Voilà pourquoi nous la dédions à un savant qui s’est intéressé à nos recherches et qui a bien voulu nous aider de ses conseils et de son expérience pour les mener à bonne fin. |

L'espèce dont il s’agit se distingue facilement de ses congénères par sa forme très allongée, quelque peu quadrilatérale, légèrement recourbée suivant son axe longitudinal ; elle est revêtue d’un très léger épiderme jaune pâle. On reconnaît sans peine sous celui-ci les diverses couches d’accroissement qui sont indiquées par des stries lamelleuses, concentriques, assez irrégulières, et inégalement distantes. De petites côtes onduleuses, mais bien arrondies rayonnent du sommet, elles sont séparées par d'étroits sillons qui suivent les sinuosités des ondulations, le tout ornant très élégamment la surface de la coquille. Ces costules chevauchent sur les stries concentriques sans être intervompues par les parties lamelleuses. Les côtés droit et gauche de la coquille sont très épaissis ; ils se relèvent au dedans et au dehors, ce qui lui donne une forme concave aussi bien sur l’une de ses faces que sur l’autre. Cependant vers le sommet c’est la forme convexe qui subsiste seule désormais. Au dedans un canal concave assez large borde la cloison qui recouvre la cavité, cette cloison est bombée, très saillante, et sa convexité dépasse de beaucoup les bords de la coquille, ce qui en augmente l'épaisseur ; elle se détache de chaque côté, à environ un tiers de la longueur totale à partir du sommet, en formant deux sinus dont le gauche est le plus profond. Le bord de la lame est un peu épaissi, et les lignes d’accroissement très marquées à sa surface, les intervalles qui séparent celles-ci sont presque transparents. L'intérieur de la coquille est d’un blanc laiteux des plus brillants.

C’est ici que doivent prendre place quelques espèces méléagrinicoles appartenant au genre cœcum. Nous ne les ferons figurer que pour mémoire etne donnerons que leurs diagnoses latines ; réservant les descriptions détaillées et comparatives,

ainsi que les figures, pour une monographie de la famille des Cœcidæ que nous préparons. Cependant le nombre extrêmement considérable de ces coquilles recueillies par nous dans les méléagrinicoles (plus de trois mille}, nous a fourni l’occasion de faire de nombreuses remarques, et nous a permis de constater la persistance de quelques faits importants, utiles peut-être à faire connaître. Et comme les résultats de ces observations appartiennent eux aussi aux études faites sur la méléagrine ; nous avons pensé qu’ils pouvaient bien être insérés dans le présent travail, comme ils le seront dans celui plus complet dont nous nous occupons.

Rien n’est plus merveilleux que les petites demeures de ces intéressants mollusques appartenant à un groupe trop longtemps négligé. Leurs formes si nettement arrêtées, leur structure si parfaite, leur ornementation si régulière, si finie, si soignée, quelquefois si multiple, sur un aussi petit objet, (nous avons compté plus de cinquante anneaux ciselés sur certaines espèces), donnent à ces coquilles un aspect tellement gracieux qu’on éprouve une admiration extrême à les considérer. Le brillant cristal ou la coloration vitreuse que quelques unes adoptent, la variété de leurs caractères, ne sont pas moins des sujets dignes de la contemplation la plus attentive. Et malgré le nombre énorme de spécimens qui nous sont apparus, Ce est Jamais sans émotion et sans joie que nous apercevons un cœcum dans la retraite qu’il avait choisie, caché derrière quelqu’accident, ou bien dans les sables que renferment quelques excayations ou quelque perforant de la méléagrine. Ce n’est jamais non plus, sans un véritable attrait que nous nous complaisons à soumettre le nouveau venu à une investigation de tous ses détails.

Ce n’est point cependant parce que cette famille abonde en sujets d'aspect agréable qu'il faut lui attribuer une importance de premier ordre. Une raison ayant plus de valeur que celle qui résulte du plus ou moins de beauté des coquilles, permet de la réputer une des plus remarquables parmi toutes celles des mollusques. Cette raison est la conséquence d'un

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fait fort singulier qui devient très sensible (on peut même dire frappant) lorsqu'après quelque temps de recherches on est parvenu à récolter bon nombre d'échantillons, et qui suffit à lui seul pour faire rejaillir un puissant intérêt sur les cœcidæ. Nous allons l’exposer; justifiera-til la faveur avec laquelle nous prétendons qu’on doit regarder ceux-ci et leur assigner un des premiers rangs parmi les animaux de leur classe ? Nous l’espérons.

L'existence des petits Gastéropodes dont il est question n’est point uniforme comme celle des autres mollusques. Elle se divise en plusieurs phases faciles à préciser, et parmi elles trois périodes parfaitement distinctes et complètement indépendantes les unes des autres peuvent être remarquées. La première de ces périodes est celle que l'on peut appeler période du jeune âge, elle est représentée par une petite coquille spirale dont les tours se superposent avec une tendance à la séparation, et c’est en eflet ce qui arrive bientôt. La courbure spirale se détend et la coquille poursuit son accroissement sous la forme d’un tube légèrement arqué qui fait suite au noyau spiral. Pour quelques espèces on commence déjà à apercevoir sur ce tube quelques indices de l’ornementation qui doit les caractériser plus tard. Suivant M. Carpenter, le premier âge ne prend pas de consistance, demeure mou et par cette raison disparaît presque toujours. Nous ne pouvons partager cette manière de voir, ayant rencontré plusieurs exemplaires de cæcidæ au premier âge qui se sont toujours trouvés à l’état de test réel et parfaitement solides. Nous croyons que si l’on ne trouve pas plus fréquemment de ces coquilles, cela tient à ce qu’elles sont infiniment petites et qu'elles échappent aux recherches.

Sur la fin de cette première période la coquille du second âge se prépare. Au noyau spiral s'est déjà soudée une partie tubulaire qui s’allonge et se recourbe en suivant toujours une certaine impulsion due à la spire initiale. Bientôt cette portion est assez spacieuse pour loger en entier le petit mollusque, une cicatrice se produit à quelque distance du noyau,

et celui-ci disparait brisé aux environs du plan de clôture qui s’est formé pour fermer le tube. Cette cicatrice prend déjà la forme caractéristique qu’elle conservera plus tard. Dès lors l'accroissement tubulaire s'opère graduellement, régulièrement, et pendant un certain temps la coquille conserve ses contours légèrement coniques. Telle se présente la seconde période que l’on peut bien désigner, ce nous semble, par cette dénomination, celle de l’adolescence.

A cet accroissement régulier succède subitement une augmentation considérable dans la largeur du tube. La forme conique devient plus prononcée sur une étendue variant suivant les espèces ; et ceci a lieu jusqu’à ce que la dimension normale du diamètre de la coquille adulte ait été atteint. Pour quelques espèces, cet accroissement du diamètre est presque immédiat, tandis que pour d’autres l'augmentation en largeur n'a lieu qu'insensiblement. A la suite de cette sorte de gonflement, le tube ne fait plus que s’allonger en demeurant plus ou moins cylindrique, et en conservant toujours un reste de courbure dûe à l’mfluence de la spire primitive, mais qui diminue cependant à mesure que la formation s’en éloigne, c’est-à-dire qu'il reste plus ou moins cylindrique. Quand la portion existante peut suffire à contenir l'animal, l'évènement que nous avans vu déjà se produire se renouvelle; une seconde cicatrice vient oblitérer le tube, et il y a encore abandon. C’est la portion appartenant à la seconde période qui est rompue aux alentours de la cicatrice; celle-ci devient en même temps le sommet de la coquille, après quoi l'animal termine cette troisième période, qui constitue celle de l'âge adulte.

Nous pouvons clairement indiquer, et faire bien saisir les différentes phases dont il vient d’être question en nous servant d'une fiction, nous supposerons la coquille complétée par ses trois âges, sans avoir éprouvé de ruptures. Nous trouverons fig. 14, pl. IV en À B la première période, le premier âge ; en À B C la deuxième phase, phase de transition pendant laquelle se forme la première cicatrice, aux en-

virons de B. De B en D nous avons la deuxième période, celle de l'adolescence; c’est en même temps la troisième phase. De B en F. quatrième phase: la cicatrice définitive se forme en D M. De Den G cinquième phase après la seconde rupture, une partie seulement de la coquille adulte existe. Enfin D EF G HI M troisième période, celle de l'âge adulte, et en même temps sixième phase.

Ce qui est beaucoup moins facile à apercevoir, et conséquemment à faire voir, c’est la façon dont s'opère la rupture quand le mollusque sent le moment arrivé de se débarrasser de la partie qui lui est devenue inutile. Comment s’opère la décollation des portions délaissées ? C’est là certainement une question curieuse à résoudre et que rien ne vient éclairer jusqu’à présent. L’angle de troncature est toujours net, lisse, arrondi, ne laissant paraître aucune trace de bris, aucun éclat. Et dans le voisinage jamais aucune altération, aucun vestige, nulle marque de l'évènement. Y a-t-il eu frottement après la cassure afin d'obtenir, par l'usure, une certaine perfection, une sorte de fini, dans un travail d'exécution en queique façon anormal, et dû peut-être à quelques chocs violents mais nécessaires ? on serait tenté de le croire. Cependant comment ce frottement, cette usure peuvent-ils avoir eu lieu sans que la cicatrice, qui est toujours proéminente, et dont le sommet se trouve fréquemment sur un des bords du plan de troncature, n'ait pas eu à en souffrir ? D'un autre côté certaines espèces, au lieu de rompre sur le plan même d’oblitération, conservent une portion de la coquille adolescente pour enfermer la cicatrice, et la protéger sans doute. Comment, dans ce cas, la décollation s'opère t-elle au point voulu et précis qui doit assurer à cette protection l'efficacité attendue? . . . Pourquoi, ainsi que cela se présente, du reste, sur les autres ruptures, celles-ci, dans un cas bien plus difficile, se trouventelles parfaitement opérées dans un seul et même plan? On peut encore comprendre que lorsque l'opération s'exécute sur la cicatrice ou plutôt autour d'elle, elle ait servi à diriger le travail qui a déterminé le décollement ; mais dans les cas dont il s'agit, quand c’est sur le tube de la seconde période

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qu'il y a section, comment se fait-il que l’action se trouve accomplie d’une façon aussi remarquable? Comment les bords rompus demeurent-ils dans un plan unique? sont-ils nets, sans parties entamées, sans saillies, sans esquilles, sans altérations de l'angle sur lequel a eu lieu le bris ? Quel a donc été le mode employé pour obtenir cette solution ?

Nous avons dit que chacune des parties tronquées se trouvaient oblitérées avant la section par un travail que nous avons indiqué sous le nom de cicatrice, parce qu’en effet il vient reformer un point qui devra subir une importante altération. C'estsous la dénomination de septum qu’on est convenu de désigner ce travail d’oblitération; et désormais nous ne nous servirons plus que de ce mot. L'examen de quelques spécimens arrivés aux derniers moments des phases detransition, etque nous avons brisés pour les soumettre à une investigation scrupuleusé, nous a permis de reconnaître que la formation du septum n’a lieu que fort tard, c’est-à-dire lorsque l'animal a atteint le point où il doit quitter cet état intermédiaire. C’est par les couches qui doivent être extérieures que cette formation commence. Au dedans, la troncature se trouve clôturée par une paroi d’abord concave, qui, en s’éloignant ces bords, prend la forme plus ou moins arrondie ou acuminée représentant au dehors le sommet du septum, et qui à l'intérieur demeure en creux. Cette cavité du septum est évidemment destinée à contenir l'extrémité du muscle rétracteur et à le fixer.

Nous avons pu constater en même temps qu'au dedans les tubes ne participaient en rien de l’ornementation extérieure. Leur surface y demeure extrêmement lisse et brillante. On peut donc en conelure que l’animal se meut dans ces tubes, entre leurs parois cylindriques, et parfaitement polies, sans aucun point d'appui, à l’aide seulement de la simple attache qu’il possède au fond du septum.

À considérer seulement les espèces de cœcum méléagrinicoles, nous remarquerons que les animaux qui les composent ne semblent pas destinés à mener une vie complètement

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indépendante au fond des mers où ils naissent. S’il faut en juger par ce que nous avons vu, ils paraissent enclins à rechercher les âbris que peuvent présenter les accidents du test des grandes espèces de coquilles ; points où ils doivent nécessairement rencontrer des retraites paisibles et tranquilles. C’est ainsi que nous les avons trouvées entre les lames écailleuses de la méléagrine, au sein de ses perforations, dans les galeries pratiquées dans son test par les annélides, à l’intérieur et dans les replis des vermets, dans les anfractuosités des Spondyles qui y adhéraient, etc. Malgré la protection qu'ils doivent trouver ainsi enfermés entre d’épaisses murailles, ou blottis derrière de puissants contreforts, ils sont néanmoins constitués de façon à pouvoir résister aux perturbations les plus violentes, et semblent avoir été pourvus d’une force de structure capable de parer à tout accident. Les plus délicats sont eux-mêmes doués d’une dureté de test peu commune, et c’est à peine si parmi tout ce que nous avons rencontré d'individus de cette famille, il s’est trouvé quelques débris de coquilles fracturées.

Les caractères spécifiques des cæcidæ ne sont bien appréciables que sur les échantillons parfaitement adultes. Bien plus que pour toute autre famille de mollusques, on doit pour celle-ci tenir compte de cette remarque et prendre grand soin d'observer que le second âge ne présente pas toujours d’une façon identique les caractères dont est pourvue la coquille adulte. Il faut noter que les anneaux et les côtes peuvent bien ne pas s’y trouver aussi prononcés, soit qu'il y ait quelque différence dans leurs formes, soit qu'ils ne soient pas encore apparents, ce qui arrive parfois. L'examen d’un échantillon à sa deuxième période peut fort bien ne rien laisser présumer de ce qu’il doit être à la troisième, etle commencement de la coquille parvenue à cette époque peut luimême ne pas ressembler à l'extrémité qui doit la terminer. On ne peut donc être surpris si quelques auteurs se sont trouvés entraînés à créer un genre à part pour des coquilles du second âge.

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Nous croyons, au contraire, qu’en ayant sous les yeux un spécimen parfaitement adulte, (toujours reconnaissable à l’ouverture bien terminée) on saisira sans difficultés les différences qui résultent de la forme et de l'ornementation ; qu’en outre celle-ci peut constituer de notables caractères propres à établir la séparation, lorsque les mêmes faits se reproduisent régulièrement et se répètent exactement de la même manière. Or, ces nuances, lorsqu'elles sont constantes et précises, n’acquièrent-elles pas assez de valeur pour permettre d'établir des différences d'espèces? L'examen d’un très grand nombre de spécimens, l'étude d’une grande partie d’entr’eux, nous porte à résoudre affirmativement cette question, et nous pensons, malgré l'opinion de M. Carpenter, que l’ornementation peut être considérée comme un des principaux caractères spécifiques du genre cœcum en particulier.

Les caractères qui servent à classer les cæcidæ sont: 1° la forme, à laquelle se rattache l'apparence opaque, cornée, vitrée ou cristalline, ainsi que la couleur, et le plus ou moins de solidité ou d'épaisseur du test ; 2° l’ornementation qui ainsi que nous venons de le dire, mérite qu’on lui donne une importance considérable. Nous devons cependant faire remarquer que, pour celle qui se caractérise par des anneaux transverses, quelques cas se présentent fournissant des formes variables sur le même spécimen, et qu'il peut en résulter des causes d'incertitude sur la catégorie dans laquelle ces anneaux doivent être rangés. Ce ne peut être alors que .par l’examen d’un grand nombre d'échantillons que l’on peut décider, d'après la forme dominante, quelle doit être celle qui caractérisera l'espèce ; 3° le septum. M. Carpenter en reconnait trois formes principales qui sont : ongulée quand la surface saillante de la cicatrice s'élève toute entière en suivant un plan qui vient aboutir au sommet, lequel est plus ou moins large et doit figurer un ongle ou un sabot de cheval; mucronée quand elle se termine en pointe, elle devient parfois conique dans ce second cas; enfin mamelonnée lorsqu'elle s’arrondit, prend une forme rebondie, souvent sans sommet apparent. Nous ajouterions volontiers, en nous

appuyant sur des espèces nouvellement trouvées, les formes que voici: subcylindrique quand le septum s'échappe du plan de troncature et se développe en présentant un petit cylindre terminé par une surface plus ou moins plane, concave, ou convexe ; globuleux quand il se présente avec ur étranglement auquel succède une partie presque sphérique ; enfin crochu quand du plan de la section sort à peu près brusquement une pointe qui se recourbe vers la partie dorsale. Nous donnons pl. IV, fig. 12 — 25, diverses formes de septum. Le bord latéral du septuim est la ligne qui en dessine le profil quand la coquille repose sur le côté, c’est-à-dire lorsque la convexité se trouvant par exemple à droite la con: cavité est à gauche. Le bord supérieur ou dorsal est la ligne que l’on aperçoit faisant suite au bord latéral du côté convexe. Nous croyons qu'il est utile d’ajouter à ces deux lignes le bord inférieur qui se trouve du côté concave, et qui existe sur quelques espèces. Le septum, ainsi que nous l’avons déjà fait sentir, conserve le même caractère sur les coquilles de la seconde et de la troisième période ; il peut seulement se trouver plus développé sur l’une que sur l’autre; 4° entin l'ouverture et la partie qui l’avoisine doivent aussi être regardées comme présentant des caractères spécifiques importants.

La division du genre Cœcum, en trois groupes, telle qu’elle a été établie par M. Carpenter, ne paraît pas en harmonie parfaite avec les formes qui y sont comprises. Les dénominations adoptées par cet auteur et basées sur un certain nombre de types pouvaient être justes dans l’origine ; mais il nous semble qu’elles ne répondent plus aujourd’hui aux besoins de la science ; en conséquence nous proposerons une nouvelle division du genre comprenant quatre sections.

1° Coquilles lisses. Lœvia.

2° Coquilles annelées. Annulata.

3° Coquilles cotelées. Costellata.

â° Coquilles quadrillées. Quadrula.

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Les espèces dont la surface extérieure est dépourvue de tout ornement étant évidemment les plus simples dans leur structure, nous les plaçons au premier rang. Le second comprendra celles qui sont ornées d’anneaux transverses, et celte section sera elle-même susceptible d’être partagée en trois subdivisions.

1° Coquilles à anneaux aigus.

2° Coquilles à anneaux arrondis.

3° Coquilles à anneaux carrés ou aplatis sur leur partie culminante.

Ces subdivisions pourraient être plus nombreuses si l'on tenait compte des différences qui existent dans les intervalles ou sillons qui séparent les anneaux, ces parties étant ellesmêmes variables dans leurs formes et dans leurs dimensions; mais les premières nous paraissent suffisantes.

La troisième division renferme les espèces qui sont pourvues de côtes, cordons ou arètes plus ou moins saillants, plus ou moins distancés, s'étendant longitudinalement du sommet à la base.

La quatrième enfin est assignée aux coquilles dont l'ornementation est double, c’est-à-dire à celles qui ont à la fois des anneaux transverses et des côtes longitudinales.

Les divisions et subdivisions que nous venons d'indiquer nous paraissent indispensables pour rendre plus facile la détermination des espèces. Nous avons éprouvé tant de difficulté à débrouiller ce genre difficile et à assigner un rang aux sujets d'espèces connues que nous possédons, (malgré l'excellente monographie de M. Carpenter), que nous avons été amené naturellement à chercher un moyen de rendre la tâche moins pénible. Nous avons essayé d’une classification nouvelle basée sur des caractères moins sensibles et plus précis. Il est vrai que notre distribution des espèces ne fera pas

entièrement disparaître les doutes qui peuvent s'élever, et que nous avons éprouvé nous même, sur certains points qui se rattachent à la détermination rigoureuse des sujets ; nous sommes cependant convaincu qu’elle contribuera tout au moins à les éclairer. Il ne sera jamais très facile, en effet, de reconnaître toujours avec certitude, sur des coquilles d'une taille aussi minime, des nuances que le type aura pu présenter, mais qui, moins prononcées sur d’autres spécimens, permettent de les confondre avec des espèces voisines.

Nousterminerons ces observations par une dernière remarque. C’est que parmi cette grande quantité de cœcum trouvés dans la méléagrine, il ne s’est rencontré aucun individu des autres genres qui composent la famille des Cœcidæ: Brochina, Meioceras, etc. Quelle conclusion peut-on tirer de ce fait? Peut-être que ces derniers genres, dont les espèces sont en plus petit nombre, recherchent moins les abris, et vivent plus indépendants.

Première section.

LES LISSES. — LEVIA.

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