‹ Les mélodies grégoriennes, d'après la traditionChapitre 25 sur 34 · RHYTHME TERNAIRE · texte numérisé non relu

RHYTHME TERNAIRE

Les divisions, dans les exemples que nous venons de donner, sont régulières, et le rhythme en est nettement déterminé. Comme nous l'avons dit, elles pourraient être régulières sous un rapport et ne pas l'être sous un autre, sans que pour cela elles manquassent de rhythme. S'il n'existait de proportion entre elles sous aucun rapport, le rhythme serait nul.

Parmi les différents genres de rhythme, celui qui est fondé sur la mesure des longues et des brèves est de tous le plus matériel : il est loin, par conséquent, d'être le plus parfait, et nous avons vu que ce n'est pas celui du chant grégorien. Toutefois il y a certaines hymnes dans la liturgie et quelques séquences qu'il faut nécessairement chanter en mesure, ou pour lesquelles du moins on doit tenir compte du mètre.

Les traités de prosodie expliquent comment, par les diverses combinaisons des longues et des brèves, on forme ce que l'on appelle des pieds; avec des pieds, des mètres ou des vers; avec des vers, des strophes.

Du rl)ptï)me mesuré.

Ils distinguent principalement, en fait de pieds : Viambe, composée d'une brève et d'une longue; le trochée ou ckorée qui, à l'inverse de Xiambc, comprend une longue et une brève; le spondée, formé de deux longues; le daïïyle, d'une longue et de deux brèves; V anapeste y de deux brèves et d'une longue; le pyrrhique, de deux brèves; le tribraque, de trois brèves; le molosse, de trois longues; enfin le dichorée ou double choréc, qui présente une longue, une brève, une longue et une brève. En prenant la brève pour un temps et la longue pour deux, on voit que les pieds comprennent les uns deux temps, les autres trois, quatre, cinq et même six temps. Le pied ne peut pas avoir moins de deux temps, et le mètre moins de quatre; il faut deux mètres au moins pour un vers, et deux vers au moins pour la strophe.

Outre la quantité déterminée pour chaque sorte de pieds ou de mètres par les grammairiens, il faut distinguer un élément dont ils ne parlent pas, mais qui n'en est pas moins essentiel; si essentiel même qu'il tient souvent lieu de quantité : c'est X accent nié trique. Le vers, en effet, est caractérisé moins par les longues et les brèves que par une certaine régularité clans le mouvement de récitation; les longues et les brèves peuvent aider à le donner, mais il est indépendant d'elles. Ce mouvement est comme un flux et reflux qui a ses limites marquées dans le vers, et amène l'effort de la voix sur certaines syllabes, qui reçoivent ainsi ce que nous appelons X accent métrique. Nous allons, en passant en revue les différents mètres en usage dans la liturgie, indiquer pour chaque espèce de vers la place régulière qu'occupe l'accent métrique.

Le mètre le plus anciennement usité, et qui encore maintenant se présente le plus fréquemment, est le mètre iambique. Il se compose de quatre pieds où l'iambe domine; il a deux accents métriques, dont l'un est sur la seconde syllabe, et l'autre plus fort, sur la syllabe antépénultième.

Nunc sancle nobis Spiritus.

Si cependant, comme il arrive par exception, le premier pied comprend trois syllabes, c'est la troisième qui reçoit l'accent métrique :

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