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tï- li- bus sybil-lïnis vérsibus hase prae-dïcta : Infélix prô-
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pera crede vel vétera cur damnâberis, gens misera. Quem
docet lïttera natum considéra ipsum génu- it pu- érpera.
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CCl)flPttTC jCtî* LES RECITATIFS LITURGIQUES,
E point de départ du chant , nous l'avons dit et répété, c'est la parole. La parole, même la plus simple, offre, comme on l'a très-bien remarqué, une sorte de modulation, est etiam in dicendo quidam cautus obscur ior; (Cicero. Orator. xviii.) un germe de musique, accent us sauinarium musices. (Martianus Capella. livre III.) Ce germe est appelé à se développer et à produire le chant proprement dit. Le développement musical donné à la parole est plus ou moins marqué, plus ou moins riche; il s'éloigne plus ou moins des évolutions humbles et restreintes de la simple accentuation. De là dans l'usage liturgique plusieurs espèces de chants.
Ex commençant par les plus simples, nous remarquons d'abord ceux que nous appellerons récitatifs et qui sont autant une lecture qu'un chant.
Biex que le rhythme propre aux mélodies qui sont dans le style grégorien soit celui du discours ou de la lecture, et qu'à ce titre toutes puissent être appelées des récitatifs, nous attribuons toutefois plus particulièrement cette qualification à celles d'entre les mélodies grégoriennes qui, ne présentant qu'une note unique ou un groupe simple par syllabe, laissent davantage aux syllabes, aux mots et aux phrases la valeur qui leur est propre, la physionomie native, et à l'ensemble du débit le caractère de lecture.
Nous distinguerons, si on nous le permet, trois manières de lire, et trois manières de chanter correspondantes.
La première manière de lecture, qui est devenue assez commune, mais ne parait pas avoir été connue des anciens, consiste à proférer les syllabes successives sur le même ton. sans inflexion de voix d'aucune sorte, et en maintenant le rcclo tono même à la fin des phrases et des membres de phrase, qui alors ne se distinguent que par des suspensions ou des repos plus ou moins marqués. Ce mode n'a rien de naturel, et si le lecteur est de ceux qui, comme il arrive si souvent, en latin surtout, ne savent pas observer l'accentuation,
Di
sortes de lecture; et de chants.
Lecture sans infle-
Hts mélotiteg grégorienne©
Chant recto tono.
la lecture devient, sinon absolument inintelligible, du moins fort insipide1.
A l'imitation de la lecture faite d'un bout à l'autre sur le même ton, il y a également, du moins dans l'usage actuel, le chant reclo tono, dépourvu lui aussi de toute inflexion, et par là même de toute forme musicale, nous n'osons pas dire de toute valeur esthétique. Ce chant, dont les anciens n'avaient pas soupçonné même la possibilité, ne se distingue de la lecture toute de convention qui lui sert de type, que par ce quelque chose de plus soutenu dans la voix qui caractérise la voix chantante et la différencie de la voix parlante.
Les anciens, même en parlant, modulaient beaucoup plus leur voix que nous ne le faisons dans nos langues modernes; dans la liturgie, ils ne savaient pas ce que c'était que de réciter des psaumes ou des antiennes sur le même ton, ce que nous appelons maintenant psalmodier. La liturgie ambrosienne et la liturgie monastique nous offrent, il est vrai, des psaumes, comme celui par lequel débutent les Matines, ou même des offices entiers, comme les Complies dans la règle de S. Benoît, qui se disent in dire£lum\ mais cette expression n'indique en aucune manière une récitation faite sur le même ton : nous en donnerons le sens plus loin.
On peut cependant rendre moins monotone cette sorte de chant et le rapprocher de la vraie modulation, en observant, avec plus de soin encore que dans la lecture, l'accentuation. L'accent, nous en avons fait la remarque avec Gui d'Arezzo, en donnant à certaines syllabes plus de force, à d'autres moins, les fait paraître comme élevées ou abaissées, bien qu'en réalité elles restent sur le même ton; et l'impression qui en résulte est analogue à celle que produit le chant proprement dit : Sœpe vocibus gravem et acutum accentum superponimus quia sœpe ut majori impulsu quasdam , ita etiam minori efferimus : adeo ut ejusdem sœpe vocis repetitio elevatio vel depositio esse videatur.
1 On a introduit l'usage de la leclure refto tono dans certaines maisons d'éducation, sans doute parce que la plupart des enfants, par inexpérience ou par timidité, ne sauraient donner à leur lecfture les inflexions convenables; il faudrait, pour y arriver, des leçons et des exercices qui ne sont pas dans le programme, et par crainte de notes fausses on a cru plus sage de supprimer toute inflexion.
lies récitatifs liturgiques.
Leilu) avec accent et cadence.
(Microl. c. xv.) L'accent a de plus l'avantage, en servant comme de point de repère, de faciliter l'ensemble des voix et de donner du mouvement et de la vie à une récitation, qui sans cela, deviendrait lourde et fatigante, mal réglée et presque toujours confuse.
Le second mode de lecture ressemble à celui dont nous venons de parler, en ce que la plus grande partie de la phrase est, comme dans le premier genre de lecture, soutenue sur un ton dont l'accent plus ou moins varié des mots vient seul rompre l'uniformité; mais il en diffère en ce que la fin des phrases et des membres de phrase est marquée par certaines inflexions de voix qui, sans répondre au sens des paroles avec toutes les nuances de modulation ou d'accent observées, par exemple, dans une conversation un peu animée, permettent cependant à l'auditeur de suivre facilement la pensée et d'entrer dans les sentiments qui sont exprimés.
La manière de chanter analogue à ce genre de leclure consiste à tenir sur une même corde la majeure partie du chant, en accentuant seulement les mots et en marquant les principales divisions du texte par des formules de modulation qui en sont comme la ponctuation musicale. Nous avons un exemple de ce genre de chant dans les versets des Psaumes, où la médiante et la terminaison viennent, comme nous le disons, ponctuer le texte au moyen de formules mélodiques, qui correspondent aux inflexions de voix de la fin des phrases ou des membres de phrase, dans la leclure ou même dans la conversation ordinaire. On remarquera en effet que presque toujours en parlant, lorsque la phrase a assez d'étendue pour qu'elle puisse être divisée en plusieurs parties, la voix, sans varier beaucoup le ton dans le cours même du débit, où elle se contente de faire ressortir les mots par l'accentuation, module en manière de médiante sur les syllabes qui terminent chaque division, et arrive par une inflexion d'un caractère plus conclusif au repos final.
Ex rapprochant ainsi les médiantes et les terminaisons du discours et celles du chant, nous ne voulons signaler qu'une simple analogie; analogie qui nous semble frappante, encore qu'il y ait, sous le rapport tonal, une différence notable, puisque dans le discours la voix donne des sons qui doivent être
Chant avec médiante et terminaison.
Leclure clamée.
dé-
Chant va-
lits mélootes grégoriennes.
justes pour être agréés par l'oreille, mais qui cependant ne répondent pas à une échelle proprement musicale; tandis que dans le chant, la voix, lorsqu'elle monte ou qu'elle descend, parcourt des degrés précis, empruntés à lune des gammes de la musique.
Le genre de lecture à la fois le plus riche et le plus naturel est celui qui imite la parole dans toute la spontanéité de ses élans et la multiplicité de ses inflexions. Ne se contentant plus alors de l'accent ordinaire dont les mots doivent être marqués, ni des quelques mouvements qui servent, comme nous le disions, à ponctuer les phrases, la voix varie davantage le débit, et dans une déclamation plus ornée reflète, par la diversité des intonations, les nuances multiples de la pensée et du sentiment.
Il y a également dans le chant liturgique une façon de moduler qui s'écarte du reâïo tono, non plus seulement à certains accents et aux principales divisions du texte, mais pour ainsi dire à chaque pas. Il arrive même, comme nous l'avons reconnu à propos des traits neumatiques qui parfois se prolongent sur une même syllabe du texte, que la mélodie au lieu de s'attacher au texte s'en affranchit, et prenant librement seule son essor, s'épanouit en vocalises pleines de grâce et d'enthousiasme. Il faut cependant remarquer ici de nouveau que même alors le rhythme ne change pas; c'est toujours l'allure libre du langage, de façon à ce que les parties demeurées syllabiques, et celles qui offrent des évolutions mélodiques indépendantes du texte, se succèdent sans secousse, formant, comme nous l'avons dit, une suite parfaitement homogène. Egalement au point de vue de la modulation, la même manière de procéder relie et harmonise ce qui se rapproche du recîo tono et ce qui s'en écarte le plus. La musique grégorienne, comme il convient au sentiment religieux, reste toujours calme dans ses allures, modérée dans ses bonds, ne recherchant jamais ni l'effet ni les surprises, se plaisant, même dans ses plus riches modulations, à se tenir pour chaque partie de phrase dans un même tétracorde et à circuler autour d'une même dominante, ne passant à une autre partie de l'échelle et à une autre corde récitante que progressivement et toujours sans effort.
Tits récitatifs liturgiques.
Corde récitante.
C'est ainsi que la musique grégorienne est, par les formes de ses modulations, aussi bien que par la nature de son rhythme.un vrai récitatif. Ce nom, comme nous l'avons dit, convient plus particulièrement aux parties de l'Office divin qui par la simplicité des inflexions se rapprochent le plus de la leclure, comme sont les Oraisons, Préfaces, Leçons, Epîtres, Evangiles, etc. Ces récitatifs tels que nous les trouvons dans les diverses liturgies, grégorienne, ambrosienne, mozarabe et autres, se rapportent presque tous à un type mélodique commun, à un thème plus ou moins altéré, modifié, développé, mais toujours facile à reconnaître.
Tout naturellement la corde récitante se trouve être celle du milieu de l'échelle, le médium de la voix, la mèse des anciens, dont nous avons déjà parlé, et qui répond au la de la gamme ordinaire, sinon exactement pour le ton, du moins pour la place qu'elle occupe dans la série des sons. Cette corde toutefois n'est pas un point fixe où la voix doive constamment se soutenir : elle sert seulement de centre de gravitation autour duquel la modulation aime à se mouvoir.
Les évolutions diverses de la voix dans le récitatif sont amenées de trois manières : i° par l'accentuation qui tend à élever certaines syllabes au-dessus de la corde de récitation; 2° par les divisions qui, au contraire, se marquent le plus souvent en laissant tomber la voix sur la fin des phrases ; 30 par le besoin de donner plus d'aisance et de grâce et par conséquent plus de variété au débit.
Exemples de récitatif :
Sur le ton direct. Avec accentuation. Avec cadence de division.
Evolutions de la voix autour delà dominante.
Ave Marï-a
Ave Mari-a Ave Mari-a
Ex variant davantage le débit, nous aurions ce qui suit :
Ave Mari-a
Ave Mari-a Ave Mari-a
Ox voit ici comment la modulation peut se mouvoir du la au sol ou du Wau ta; en se substituant ainsi au rcclo tonol au grand
lies méiotitea grégorienne*.
avantage de la récitation, elle ne fait que mieux ressortir l'accentuation et les cadences, sans préjudice aucun pour les droits de la mèse, qui demeure toujours la corde maîtresse et comme le pivot de la récitation. Il en serait ainsi lors même que le débit s'accentuerait davantage ou qu'il s'abandonnerait à des variations plus nombreuses ou plus étendues, comme nous le voyons dans les récitatifs suivants qui ont entre eux une parenté évidente :
Récitatifs grégoriens.
Dôminus vobïscum. Et cum spïritu tu-o.
S— j-»-» — ? Vj ■ ■ ■ ■■ *-*
Dôminus vobïscum. Et cum spiritu tu-o.
Dôminus vobïscum Et cum spiritu tu-o.
Per ômni-a saecula saeculô-rum. Amen.
Pax Dômini sit semper vobïscum. Et cum spiritu tu-o.
Requi-éscant in pa-ce. Amen.
Oremus. Flectâmus génu-a. Levâte.