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Dans la série des Modes, les impairs sont dits authentiques, c'est-à-dire principaux ou primitifs; les autres plagaux, c'est-àdire collatéraux ou dérivés. Chaque Mode authentique a la même finale que le plagal correspondant : les notes qui sont dans la quinte au-dessus de cette finale se trouvent communes à l'authentique et au plagal. Les Antiennes du Psautier ambrosien que nous avons données plus haut dépassent à peine cette
Modes authentiqueset Modes plagaux.
lies mélodies grégoriennes.
quinte : c'est pourquoi, l'authentique et le plagal dans ce cas ne font qu'un Mode; et c'est probablement cette circonstance qui a fait dire que S. Ambroise a inventé les quatre Modes authentiques, auxquels S. Grégoire aurait ajouté les Modes plagaux. Il est moins facile de savoir pourquoi les Orientaux, qui ont aussi dans leur musique des Modes authentiques et des Modes plagaux, attribuent les premiers à David et les seconds à Salomon.
Pour apprendre à discerner le caractère de chacun des huit Modes, les anciens ont composé huit formules ou mélodiestypes dont nous avons déjà parlé et que nous reproduisons ici.
Formules des huit Modes.
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Térti- a di-es est quod haec facta sunt.
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Quinque prudentes intravérunt ad nûpti-as,
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Sexta hora sedit super pute- um,
Des psaumes, Des antiennes et &es répons.
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Septem sunt Spïritus ante thronum De-i.
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Octo sunt be-ati- tûdines.
On ne peut trop admirer, dans le répertoire grégorien, la manière dont les diverses parties de chaque morceau se combinent et s'enchaînent, la physionomie propre qui a pu être donnée à chaque genre de chant et qui, sans nuire à l'expression spéciale à chaque mélodie, permet de distinguer un Introït ou une Communion d'un Offertoire, celui-ci d'un Graduel ou d'un Répons de Matines. Malgré la gêne que semblerait devoir imposer la réalisation de conditions aussi complexes, la mélodie se fond toujours avec le texte, fait avec lui un même corps, et se prête à tous ses mouvements, lui donne de la force, sans en perdre elle-même; et tout cela sans apprêt, sans prétention, sans moyens extraordinaires, avec les seules ressources de la gamme diatonique, et d'un rhythme toujours simple et peu apparent, quoique en réalité très-riche et très-varié.
Reproduisons ici à ce propos une page de Baini, traduite littéralement de son Mémoire historique et critique sur la vie et les œuvres de Palestriua. (Rome, 1828.)
" Les mélodies véritables et anciennes du chant gréerorien (quoique puissent dire et écrire contre mon assertion tous ceux qui font de la musique) sont absolument inimitables. On peut les copier, on peut les adapter, Dieu sait comme! à d'autres paroles; mais en créer de nouvelles, aussi riches que les anciennes, cela ne peut se faire, cela ne s'est jamais fait.
" Je ne dirai pas que la plupart de ces mélodies furent l'œuvre des premiers chrétiens; que plusieurs sont de l'antique synagogue, et par conséquent nées, — qu'on me permette l'expression, — quand l'art était vivant. Je ne dirai pas que beaucoup sont
Tàinoiçna gedt l'ai ni.
Hts méloDtes grégoriennes
l'œuvre de S. Damase, de S. Gélase et principalement de S. Grégoire-le-Grand, Pontifes singulièrement inspirés de Dieu à cette fin. Je ne dirai pas que plusieurs ont été composés par de très-saints et très-savants Moines, qui florissaient au huitième, neuvième, dizième, onzième et douzième siècles; et nous savons tous, relativement à leurs œuvres, qu'avant de les écrire, ils se munissaient de la prière et du jeûne. Je ne dirai pas, comme l'attestent tant de monuments conservés jusqu'à nous, qu'avant de composer un chant ecclésiastique les auteurs observaient la nature, le caractère, le sens des paroles et la circonstance dans laquelle ce chant devait être exécuté; classant ensuite les résultats de cette étude, ils déterminaient le mode ou ton correspondant soit pour l'acuité ou la gravité du chant, soit pour le mouvement ou le rhythme, soit pour la disposition des demi-tons, soit pour les allures particulières des modulations, soit pour la marche propre des mélodies. Ils distinguaient le caractère propre aux chants de la Messe de celui qui convient à l'Office : autre était le style de l'Introït, autre celui du Graduel ou celui du Trait; autre celui de l'Offertoire, autre celui de la Communion, des Antiennes et des Répons; différente aussi était la psalmodie après l'Antienne de l'Introït et la psalmodie dans les heures canoniales; différent enfin était le chant à exécuter par une seule voix ou par le chœur. Et tout cela, ils le circonscrivaient dans la limite de quatre, de cinq, tout au plus de six cordes; et quelquefois, mais bien rarement, entre sept et huit intervalles. Je ne dirai rien, je le répète, de ces choses en particulier; mais j'affirme que le chant ancien est admirable et inimitable par une finesse d'indicible expression, par un pathétique émouvant, par une simplicité toute naturelle; qu'il est toujours frais, toujours neuf, toujours vert, toujours beau; qu'il ne se flétrit pas, qu'il ne vieillit jamais.... tandis que les mélodies modernes arrangées ou surajoutées, depuis le milieu du treizième siècle jusqu'à nos jours, ne peuvent se faire entendre, sans que tout de suite elles apparaissent ce qu'elles sont, stupides, insignifiantes, fastidieuses, rugueuses et incohérentes. (Tom. i. p. 81.) "
De ce que l'art moderne, comme le dit malheureusement avec trop de raison l'illustre maestro romain, n'a plus le secret de cette musique d'autrefois, faut-il en conclure que ce secret
Caraélère propre de chacune des parties de la Messe ou de l'Office,
Des psaumes, ties antiennes et ties répons. 26 \
soit perdu absolument et sans retour? Nous ne le croyons pas, et tout ce que nous avons expose dans le cours de cet ouvrage témoigne, ce nous semble, du contraire. Il est vrai que pour reprendre goût au plain-chant, en retrouver l'esprit, et apprendre à en composer du nouveau qui ne soit pas trop indigne de l'ancien, il faut connaître celui-ci, et par conséquent l'étudier; le connaître et l'étudier en lui-même, tel qu'il est et non pas tel que l'ont fait soit les erreurs des copistes distraits ou maladroits, soit les retouches beaucoup plus déplorables de ceux qui depuis deux cents ans ont voulu mettre à la mode du jour l'œuvre des siècles. Or cette connaissance et cette étude sont possibles, disons mieux, sont faciles. Il est facile de restaurer, en quelque sorte note pour note, la phrase grégorienne, facile aussi de retrouver la manière de l'exécuter.
Et en effet, il nous reste heureusement encore des monuments assez nombreux et assez concordants pour reconstituer la plupart des morceaux du répertoire grégorien dans toute leur pureté primitive. Si à la longue quelques variantes se sont glissées même dans les manuscrits, si vers la fin, c'est-à-dire à partir du quatorzième siècle, la notation est moins soignée et la forme des groupes plus ou moins altérée; il n'en est pas moins vrai que, même à travers ces variantes et ces altérations, on reconnaît la phrase grégorienne. Comme exemple, voyons le le chant du Graduel de la Messe des Morts, tel que le donne le Sacerdotale Romanum auquel nous renvoie le Cérémonial des Evêques (liv. i. chap. 27.) et comparons-le avec la version des manuscrits.
Graduel Re{ wiem . k ter