Chapitre jrtrt ♦ — DES PSAUMES, DES ANTIENNES ET DES RÉPONS
La tradition du chant remonte à l' antiquité.
Trois manières de chanter les Psaumes.
E l’affinité que présentent entre elles les diverses modulations dont se composent les récitatifs litur- ^ giques, nous nous sommes trouvés en droit de conclure que ces récitatifs dérivent tous d’une même source et appartiennent à une même tradition. Cette tradition, croyons-nous, est celle de l’antiquité toute entière, des Grecs et par conséquent des Romains, aussi bien que celle des Juifs. Les opinions émises sur ce sujet par les auteurs, dont les uns soutiennent que les chants de l’Eglise ont été empruntés aux nomes grecs, et les autres qu’ils viennent du moins en partie de la synagogue, peuvent facilement se concilier, pourvu qu’on ne veuille pas poser une thèse trop absolue, comme s’il s’agissait de mélodies reproduites exactement note pour note. Dès l’origine, l’Office divin dans l’Eglise se présente comme une tradition antérieure; ainsi quand les Aéfes des Apôtres nous rapportent que Pierre et Jean montèrent au temple pour prier, ad horam orationis nonani , on voit assez clairement, par l’expression même dont se sert saint Luc, qu’ils allaient prendre part à une prière liturgique. L’existence, en ce qui concerne la louange divine, d’une tradition passant de l’ancienne loi dans la nouvelle, résulte d’ailleurs du fait seul que les Psaumes et les Cantiques de l’ancienne loi sont devenus de plein droit l’apanage de la sainte Eglise, qui en fait encore et en fera jusqu a la fin des siècles le texte principal de ses chants. Dans ces conditions, il n’est guère possible de supposer que l’Eglise a recueilli les paroles sans garder aucune réminiscence de la manière dont on s’en servait et des mélodies sur lesquelles on les chantait.
Quant à l’usage liturgique des Psaumes et des Cantiques, c’est-à-dire au partage du texte et à la distribution des rôles entre les chœurs et le peuple, nous remarquons dans la liturgie chrétienne trois manières principales, qui étaient également en usage dans la liturgie mosaïque.
La première consiste à faire répéter par le peuple ou par les chantres les paroles prononcées par le leéleur ou les chantres :
Des psaumes, tes antiennes et tes répons.
c est ce que 1 on appelle proprement répondre , et les chants basés sur ce premier procédé sont appelés Répons. Ainsi par exemple, le chantre dit : Amâvit eum Dominus et ornâvit euni; le chœur reprend : Amâvit eum Dôminus et ornâvit eum; le chantre dit un verset et le chœur redit le Répons , c’est-à-dire répète en tout ou en partie ce qu’il a déjà répondu. C’est là notre Répons bref. Autrefois les Répons prolixes c’est-à-dire les Répons qui suivent chacune des Leçons de Matines, comme aussi le Répons sur les degrés, ou Graduel, qui suit l’Epître, se chantaient de la même manière; c’est-à-dire que le chantre donnait d’abord le corps du Répons jusqu’au verset, le chœur le répétait avec les mêmes paroles et le même chant et enfin le reprenait de nouveau après le verset. C’est encore ainsi que se chante 1 Alléluia de la Messe. Cet usage fait comprendre pourquoi, par exemple, le verset du Graduel Priusquam reste en suspens après dixit mihi : autrefois on reprenait immédiatement : Priusquam te formârem.
La seconde manière consistait à intercaler dans la suite du Psaume ou du Cantique une sorte de refrain primitivement trèscourt, appelé Antienne. A l’origine, l’Antienne se chantait de deux en deux versets; plus tard on ne la fit plus habituellement entendre qu’au commencement et à la fin du Psaume. L’Antienne de l’Invitatoire ou au moins sa dernière partie se chante encore ainsi après chaque deux versets. Bien qu’elle se répète au début en manière de Répons, la manière dont elle s’entremêle au Psaume l’a fait regarder comme une Antienne. On aura une idée plus exaCte encore du caraétère de l’Antienne en se rappelant la manière de chanter le Psaume Venite au jour de l’Epiphanie dans l’office romain, ou bien les Psaumes pour la consécration des autels d’après le Pontifical.
Dans les Répons, les versets sont plus ou moins nombreux, et communément choisis dans le Psaume. Quelques Répons, comme par exemple Aspiciens a longe, du premier Dimanche de l’Avent, et Libera me, de l’Office des morts, ont encore actuellement plusieurs versets ; les autres n’en offrent plus qu’un seul.
Avec les Antiennes on chantait ordinairement tous les versets du Psaume dans leur ordre, sauf à l’Offertoire ou les versets, dont l’usage ne s’est maintenu qu’à la messe des Défunts, sont
Ripons.
Antiennes.
Bes méloùtes grégoriennes.
Chants directanés.
des versets choisis; mais à X Introït et à la Communion on chantait le Psaume, en commençant par le premier verset qui, à X Introït, dans l’usage adtuel , est demeuré seul avec le Gloria Patri , et a disparu de la Communion ainsi que le Psaume tout entier.
La troisième manière consiste à chanter le Psaume d’un bout à l’autre d’une même suite, sans rien répéter ni rien intercaler. Peu importe du reste que le chant soit dans ce cas sur une même corde ou sur plusieurs. Ainsi le Trait à la Messe, bien qu’il se poursuive sur une modulation variée, et soit alternée par les chœurs, est cependant in direlîum , allant tout droit , sans reprise ni répétition jusqu’à la fin. On voit ici à quel ordre d’idées appartient l’expression in direlîum , et comment on désigne par là simplement la manière dont le texte se combine, nullement la variété plus ou moins grande des intervalles mélodiques.
A utres manières de classer les mélodies.
Sous ce dernier rapport nous avons également distingué trois sortes de chants : i° ceux qui restent sur une même corde: ces chants relîo tono sont direéfanés ou non; 2° ceux où l’on
Chant des Psaumes.
marque seulement la fin des phrases ou des divisions principales au moyen d’un accent musical, ou d’une cadence mélodique plus ou moins prononcée; 3°ceux dans lesquels la voix parcourt avec plus de variété et de liberté les divers degrés de l’échelle.
Enfin nous avons eu, à un autre point de vue encore, i°les chants syllabiques, qui n’ont par syllabe qu’une seule note; 2° ceux qui n’ont sur la même syllabe qu’un seul groupe; 3°ceux qui s’épanouissent sur la même syllabe en traits mélodiques plus ou moins prolongés.
Toutes ces différentes manières d’envisager les compositions liturgiques sont nécessaires à connaître pour comprendre les auteurs anciens, qui ne disent pas toujours assez clairement en quel sens ils prennent telle ou telle expression, et à cause de cela n’ont pas toujours été bien interprétés.
Revenons aux Antiennes et aux Répons. Nous avons suffisamment expliqué les chants direélanés, en parlant au chapitre précédent des récitatifs qui le sont presque tous.
Les Psaumes paraissent s’être d’abord chantés très-simplement, si l’on en juge par les tons ambrosiens, que nous allons d’abord faire connaître, pour servir de point de départ aux
Des psaumes, Ses antiennes et Ses répons
explications que nous aurons à donner des tons psalmodiques grégoriens.
Chant des Psaumes
selon le rit ambrosien.
RE. Ier et 2e.
- - I tjB
Dixit Dôminus Domino me-o : Sede a dextris me-is.
R B 0 BBS
B ffi ® " 1
Dixit Dôminus. .. Sede a dextris me-is. e u o u a e.
euouae. euouae. euouae
Dixit. . . Sede a dextris me-is.
MI. 3e et 4e.
euouae.
fi
H ta
Dixit. . . Sede a dextris me-is.
euouae.
euouae.
euouae.
Dixit. . . S^de a dextris me-is. euouae.
ag " " " * ?
euouae.
lies mélodies grégoriennes.
FA. 5e et 6e.
Dixit. . . a dextris me-is.
"tri
{jâ
Dixit... Sede a dextris me-is. Sede a dextris me-is.
UT. (SOL.) 7e et 8e.
fl
Dixit. .
. Sede
a dextris me-is.
fl B
fl a b a a a
fl -
fi -
Dixit. . . Sede a dextris me-is.
Voyons maintenant quelques Antiennes dans les différents Modes.
Antiennes
extraites du Psautier ambrosien (1618).
Ier et IIe.
fl B B BBBB
« . H fi—
Deus,de cœlo réspice, super fili-os hominum, e u o u a e.
JL
Tr
Firmaméntum me-um , et
refügi-um
me-um Dôminus.
Des psaumes, Des antiennes et Des répons.
IH
Sperantes in Domino misericordi- a circümda- bit.
Inténde in adjutôri-um me-um Domine De-us sa- lütis
fi
me-æ. e u o u a e.
Fi-at pax Domine, in virtu-te tu-a, e u o u a e.
Be-âti omnes qui timent Dominum, e u o u a e.
mfi~l * a
Exalta Domine humiles tuos sicut locütus es. e u o u a e.
Si — B 0 -
Ba
Br
Ope-ra mânu-um tu-â- rum ne despi-ci- as Domine.
Domine clamavi
ad te
exaudi me.
Üec méloùtes grégoriennes.
B Cg ^
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fi n
Adju-tor me-us esto De-us, ne de-re-linquas me.
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Custo-di ânimam me-am Domine, quô-ni-am sanctus
m sa a a a
- Ea -
sum. e u o u a e.
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Qui hâbi-tas in coelo miserére nobis. e u o u a e.
Spe- ret Isra-el in Domino ex hoc nuncet usque in sæ-
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culum. e u o u a e.
IIIe et iye.
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Ba a
Magnus Dôminus et laudabilis nimis. e u o u a e.
BS
Lætétur cor quærénti-um Dôminum. e u o u a e.
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- fi
Me-ménto Domine David, et omnis mansu- e-tûdinis
al— a
e-jus. e u o u a e.
Des psaumes. Pes antiennes et Pes répons.
f» ““ a ai n
Laudâ-te nomen Dômini,
laudâ-te servi Dômi
-num.