‹ Les mélodies grégoriennesChapitre 55 sur 55 · ÉT · texte numérisé non relu

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Hic méritis redoléndo sacris pius ac venerandus.

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Subvéni-at nunc magnificus nostris quoque vo- tis,

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Ætérnæ pâtriæ cives fore quo mereamur.

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De- o Patri atque Na-to, laus cum sancto Fla- tu sit,

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Semper per infmi-ta sæculô- rum sæcu-la.

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Quant au mode d’exécution, il ne s’est pas non plus perdu entièrement; et on peut le retrouver aussi bien que la note même du chant. A défaut d’autres moyens, nous aurions pour nous guider, comme le remarque très-bien Monsieur le chanoine Gontier (. Méthode de plain-chant , page xiv.), la tradition, qui s’est perpétuée malgré tout dans certains morceaux demeurés populaires, comme le Gloria , le Credo , le Te Deum , le ViTtimæ paschali , etc. Mais ce n’est là qu’un point de départ; nous pouvons, après avoir renoué le fil de la tradition, remonter le courant, et par l’étude attentive et comparée des anciennes notations, retrouver le principe à la fois rationnel et traditionnel, d’où découlent toutes les règles propres à l’exécution du chant liturgique. C’est ce que nous avons essayé de faire, en montrant comment il faut savoir donner au chant le rhythme naturel au discours, rhythme qui consiste à unir et à diviser les sons ou

Il est facile de retrouver le mode d 'exécution du plainchant.

Ües méloùtes grégoriennes.

La première condition pour un chœur est de chanter avec ensemble.

les syllabes, de manière à faire ressortir comme spontanément le sens de la phrase soit grammaticale soit musicale.

Ces liaisons ou ces divisions se trouvent, comme nous l’avons dit, rigoureusement commandées et nettement déterminées soit par les formes de la mélodie, soit surtout par celles du texte. D’où il suit, comme nous l’avons également remarqué, que si le rhythme du plain-chant est libre, en ce sens que la manière d’unir et de diviser est celle de la prose, il n’est pas pour cela arbitraire. Les principes que nous avons posés peuvent donc servir à régler plusieurs voix aussi bien qu’une seule et à remplir la première condition requise pour bien chanter en chœur, à savoir, l’ensemble. Ce point est très-important, car il vaudrait mille fois mieux tolérer quelques imperfections, et même de véritables fautes, que de briser cette harmonie nécessaire, cette unité dans le mouvement qui fond toutes les voix en une seule. Les Instituta Patrum contiennent à ce sujet les recommandations les plus pressantes et les plus sévères. Rien ne paraissait plus funeste à nos pères que ce qui arrive parfois dans les chœurs, où plusieurs, lisons-nous, s’érigent en maîtres, les uns peut-être par piété, d’autres parce qu’ils ont l’autorité, ceux-ci parce qu’ils ont une voix plus sonore, ceux-là parce qu’ils se croient quelque chose et veulent se faire remarquer. Chez les uns comme chez les autres, il y a défaut de discrétion et de modestie et souvent aussi de science. De là naissent inévitablement des erreurs; par là se trouve fomentée la discorde des esprits aussi bien que celle des voix; le trouble du dedans amène au dehors le scandale, quand on voit ceux qui ont mission de louer le Seigneur s’entredéchirer de la sorte. Celui qui cause ou nourrit la discorde dans un chœur, qu’il soit supérieur ou sujet, que ce soit pour bien ou pour mal chanter, peu importe, celuilà se rend gravement coupable devant Dieu, les Anges et les hommes. Nam in Choris ubi plur es magistri volunt esse , aliquis forsan propter religiositatem suam , alius propter prcelationem, alius propter vocis sonor it atem, alius putans se aliquem esse, ut videatur et audiatur , et nullus istorum nec modum potest habere , aut nescit , et forte nec scientiam habet. Unde necesse est ut error oriatur , fomes discordice morum et vocum;- et non solum ipsi inter se intus non bene cernulantes turbantur, verum etiam hi,

Des psaumes. Des antiennes et Des répons.

qui foris sunt , audientes scandalizantur ; et tibi Deum deberent laudare , potius ibi dijudicentur ad invicem mordere et certare. Quicumque ergo in Choro discordiam et errorem subministrat et nutrit , sive Pr celatus sit an subditus , sciat se graviter delinquere in Deum et Angelos et homines , seu vera an vana modulatione hoc faciat. (Gerbert. t. i. p. i.)

Ce n’est pas qu’il faille dans le chant exécuté en chœur négliger aucune des règles que nous avons données : seulement le mouvement doit être ralenti en proportion de la force des voix. Quant aux notes d’agrément, comme le strophicus et le quilisma, difficiles et même impossibles à rendre par plusieurs voix, elles devront être considérées comme des notes ordinaires.

Les formules grégoriennes sont très-délicates de leur nature, et nous ne devons nullement nous étonner de voir les Germains et les Gaulois, ainsi qu’il est raconté1, éprouver quelques peines à les rendre avec la perfeétion que les voix italiennes y mettaient, et y mettront encore facilement le jour où le rhythme martelé aura disparu aussi bien en deçà qu’au delà des Alpes.

Puissions-nous voir se réaliser bientôt le retour complet aux saines traditions que d’autres avant nous ont préparé, et qui est l’objet des aspirations d’un si grand nombre. Alors le plain-chant ne sera plus ce que nous l'avons vu, quelque chose qu’il faut bien subir, mais qui ne dit rien à l’art et ne donne rien à la piété.

Le chant grégorien en lui-même et bien exécuté est vraiment le chant de l’âme, le moyen d’expression toujours simple et naturel mais puissant de la vraie prière; non pas de cette prière froide, qui s’isole comme si elle avait peur d’elle-même, mais de la prière sociale et liturgique, qui épanouit le cœur et soutient dans lame le saint enthousiasme, l’élan et la joie; joie de l’espérance qui doit préparer à celle de la jouissance dans le sein de Dieu.

1 Peut-être Jean Diacre dans sa vie de S. Grégoire-le-Grand exagère-t-il, avec plus de complaisance et de fierté nationale que de justice et de vérité, la rudesse des gosiers buveurs , comme il dit, des Germains et des Gaulois. C’est ainsi que nos pères en jugeaient, comme le prouve cette note significative que l’on peut lire encore à la bibliothèque de S. Gall, dans un manuscrit très-ancien en regard de la critique de l’historien italien : vide jatüantiam Romaniscam erga Teutones et Gallos. D’un autre côté, il est également difficile de croire aux mauvais tours que les chantres italiens, au dire du moine d’Angoulème, auraient joués aux élèves que leur avait donnés Charlemagne, pour que ceux-ci ne puissent enlever aux Italiens le monopole de la bonne exécution du chant.

Délicatesse d' exécution que demande le chant grégorien.

La musique grégorienne est un avantgoût du ciel.

Jj:es méloïJtes grégoriennes.

Belle doctrine de S.

Thomas.

Comme l’enseigne l’Ange de l’école (2. 2. quest. 13. art. 4.), la louange divine dans le ciel sera un vrai chant, in sandtis vocalis laus Dei. Que notre musique soit donc ici-bas le prélude de celle de l’éternité, une musique vraiment belle, vraiment pieuse, vraiment sainte, et pour cela vraiment grégorienne. Soyons heureux, selon la pensée exprimée dans les Instituta Patrum (Gerbert. Scriptores, t. 1. p. 8), qu’avant d’être admis à la béatitude céleste, il nous soit permis de nous unir par nos chants au concert des Anges et des Elus dans la louange du Dieu trois fois saint. Mettons nos âmes à l’unisson de nos voix, selon le mot

Conclusion .

de S. Benoît dans sa règle, mens nostra concordet voci nostrœ. Prions et chantons avec humilité, amour et respeél, dans la componction du cœur et la crainte du Seigneur, dans la ferveur de l’esprit et l’ardeur des saints désirs. Que soulevés par le chant et comme déjà transportés dans le ciel nous contemplions les mystères divins dans la suavité et la pureté du sentiment, dans la sainte animation et la joyeuse gravité de la dévotion, dans la douceur de la mélodie et l’ivresse des jubilations; qu’au milieu du concert des voix, dans les transports d’une ineffable allégresse, nous bénissions Dieu notre Créateur, afin qu’un jour résuscitant parmi les Saints nous puissions le louer avec eux, lui qui nous a appelés, et triompher dans la joie éternelle où il vit et règne pendant les siècles des siècles. Amen. Nos igitur sic stemus in disciplina psallendi , ut secundum Regulam B. Benedicti Patris nostri mens nostra concordet voci , cantantes et psallentes in conspectu sandice Trinitatis et sanctorum Angelorum , comp uncti corde cum tremore et in timore divino , devota mente , amore supernorum , spiritus ardore , intimo desiderio accensi , ut per verba quee pangimus , ad ccelestia elevati , cœlites effecti , arcana contemplantes , suavi animo , pura anima, jucunda spiritus gravitate, concordi levitate , dulci melodia, nedtareo jubilo , organica voce , et ineffabili lœtitia jubilemus Deo Creatori nostro; ut tandem inter Sanctos resuscitati mereamur eum qui nos vocavit , in ceterno gaudio tripudiantes laudare , ubi vivit et regnat per omnia scecula sœculorum. Amen.

Errata.

Page 16, avant la dernière ligne, au lieu de Maxima , lisez : Maxime.

— 32, ligne 19, au lieu de langage, lisez : chant.

— 38, N° 9, avant Accent aigu, ajoutez : Accent grave.

— 43, dernière ligne, au lieu de quilisma semivocalis , lisez : quilisma semivocale.

— 44, ligne 8, au lieu de pes cornutum , lisez \ pes cornutus.

— 45, — 8, avant Clivis mettez le signe :

— 54, 2e tableau, dernière colonne, le signe doit être retourné : Ji

62, en tête du tableau, au lieu de Notation Latine, lisez : Notation Gothique. 64, Ier tableau , dernière ligne , au lieu de XIII , lisez : XIV.

65, tableau, au lieu de

mettez

ib. — au lieu de ^/a mettez H/^

100, ligne 8, au lieu de perdre, lisez : prendre.

102, ligne 21, au lieu de De oratore, lisez : Orator.

112, — 9, avant la parenthèse, au lieu de Eucharistia , lisez : Eucharistia, iœ.

1 1 6 , ■ — 18, dans la parenthèse, au lieu de anima , lisez : anima.

118, — 3, au lieu de âdoratïô, lisez : àdôràtïô.

157, dernière ligne, au lieu de quem non potes, lisez : quem fari non potes.

17 9, ligne 1 1, au lieu de qui in his hominibus , lisez : quid in his hominis.

ib. — 12, au lieu de Or. lv. lisez : Or. lv. et l.

ib. — 23, au lieu de tamquam deliélo , lisez : tamquam debito.

193, dernier alinéa , g ligne , au lieu de les huit notes, lisez : les six notes.

196, ligne ire, au neu ge quatre pieds, lisez : quatre vers, ib. avant dernière ligne, au lieu de vigor, lisez : vigor.

198, ligne 23, au lieu de le troisième quatre et demi, lisez : le troisième trois et demi. 200, — 6, au lieu de deux vers iambiques, lisez : d’un vers iambique.

ib. — 7, au lieu de la troisième, lisez : la quatrième.

207, — 4, avant la fin , au lieu de ascendante du cephalicus , lisez : descendante du

cephalicus.

212, — 4, au lieu de en, lisez : ens.

245, 5 * portée. Les notes de e u o u a e, ainsi placées dans notre document , devraient être transportées à une tierce plus haut.

253, ligne 12 du texte , au lieu de à la pénultième, lisez : à l’antépénultième.

ib. vers le bas, après l’exemple, ajoutez : La meilleure formule serait celle-ci :

lætabitur rex.

Nous avons ici signalé surtout les fautes qui pourraiejit nuire à Vintelligence du texte; le lecteur aura de lui-même corrigé les autres, comme par exemple, page 1, ligne g, qui pour qu’il; page 3, ligne 7, avant la fin, produit pour produits; page 32, ligne 2, avant la note, s’éfilant pour s’effilant; page 37, ligne 13, coïncider pour coïncidé; page 40, ligne 3, à demi-ton pour à un demi-ton; ligne 8, un flexa, pour une flexa; page 41, ligne 18 avant la fin, syncopes poitr syncope; page 44, ligne 23, seules connues pour seuls connus -.page 63, ligne /7, consisté pour consister; page 111, ligne 3, avant la fin, aséssis pour ascésis; page 141, ligne 10, sholasticus potir scholasticus; ipç, ligne 1, proportion pour proportions; ligne 2, rhythme four rhy thmes ; page 18 1, ligne 10, intervalle fixe et isochrone potir intervalles fixes et isochrones.

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