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LA CECILIA, 34.S

De nature méridionale, La Cécilia était fougueux jusqu'à Temportement ; dans ses moments d'exaltation furieuse ses narines se dilataient et laissaient échapper comme un renâclement de bête fauve. Il avait cette impétuosité toute soldatesque qui ne sait point tergiverser et le faisait gouailler les membres de la Commune; il possédait aussi le courage qui ne connaît aucun danger. Il était laid et maigre, portait des cheveux ras, avait le front presque totalement dégarni, les joues creuses, le nez recourbé et narquoisement pincé aux ailes, une moustache noire et dure sur une lèvre moqueuse. Il était affreusement grêlé de la petite vérole, était d'une nature chétive et ne se soutenait que par une sorte d'excitation nerveuse. Ses yeux, même derrière le lorgnon qui ne les quittait presque jamais, avaient un air d'indomptable énergie qui fascinait à force de volonté.

Les bruits les plus contradictoires ont couru sur sa naissance. Les uns le disent Italien, d'autres afBrment qu'il est né en 1834 à Beauvais, d'autres encore à Versailles dans la même année. En tout cas, il paraît prouvé que La Cécilia était Français et portait bien son vrai nom, quoi qu'on en ait dit.

Après de bonnes études qui lui permirent

3+6 Le: S OFFICIERS DE LA COMMUNE.

d'être reçu bachelier à dix-sept ans et après avoir été exonéré du sort, il se iit professeur de mathématiques, ne put jamais rester dans aucune institution à cause de l'exaltation de ses idées politiques et tinit par aller se mettre, en 1860, au service de Garibaldi, qui commençait alors la conquête de la Sicile. Il se signala à Marsala et a la prise de Palerme et fut nommé colonel. Le roi Victor-Emmanuel lui proposa de passer dans son armée avec le même grade, mais La Cécilia refusa.

Il alla alors en Allemagne, reprit son ancienne profession et fut quelque temps professeur de mathématiques à Tuniversité d'Ulm. Revenu en France en 1860, il s'y maria avec une de ses parentes et s'occupa de l'Internationale, à laquelle il s'affilia. Lorsque éclata la guerre, La Cécilia s'enrôla dans le i" bataillon des francs-tireurs de Paris et fit toute la campagne de France, dans laquelle il se couvrit de gloire.

Engagé comme sous-lieutenant, lieutenant au départ, le petit succès de Milly-sur-Oise le lit nommer capitaine. Il coopéra à la prise du village d'Ablis. où il se jeta dans la mêlée à la tête de sa. compagnie, assista aux combats de Châteaudun, de Varize, de Burneville et d'Alençon, partout brave et partout remarqué. Il fut

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