‹ Les membres de la Commune et du Comite centralChapitre 107 sur 142 · LULLIER. 3SI · texte numérisé non relu

LULLIER. 3SI

damner sur le premier navire à un mois d'arrêt et sur le second à la mise en non-activité.

Ne sachant que faire de son temps et se croyant sérieusement destiné à de grandes choses, Lullier, qui écrivait bien et avait des connaissances littéraires très-étendues, se mit à faire du journalisme. Puis, comme premier pas sur la route des honneurs, il posa sa candidature dans le Finistère. Il lit à ce propos une profession de foi, chefd'œuvre du genre burlesque.

Des personnes honorables qui s'intéressaient à Lullier obtinrent enfin que le ministre abrégeât la durée de la punition et rappelât Lullier à l'activité.

Il fut toujours Lullier, arrogant etbataillard sur VoArielj sur lequel il se rembarqua. Revenu à Granville, il y menait une vie ignoble, vraie vie de routier, tapageant dans les rues, insultant les passants et battant ceux qui osaient en murmurer.

A la suite d'un scandale causé dans une maison de tolérance il fut une seconde fois remis en nonactivité. De nouvelles démarches adoucirent le ministre, qui abrégea encore une fois la punition. Lullier le remercia par une lettre émaillée d'inconvenances.

Il s'occupait alors de son grand ouvrage :

Mission politique et maritime de la France au xix^ 5/éc/e. ouvrage qu'il dédia à l'amiral la Roncière le Nourry, et qui n'était que la préface dun livre de politique universelle dont quelques fragments ont été publiés dans la Marseillaise et le Rappel. Il y était fort question de la justice entre citoyens, que notre batailleur entendait si bien.

Rappelé à bord du Fleuriis. Lullier arrive huit jours trop tard et est de nouveau puni.

Puis il continue sa vie passée, débauche une partie de l'équipage, prétexte d'une animosité personnelle du commandant Lapière, voire du ministre Rigault de Genouilly lui-même pour excuser ses nombreuses condamnations, contrôle les actes de ses chefs, les travestit odieusement et se met ouvertement à la tète des quelques matelots que son exemple a entraînés à l'insubordination.

Traduit devant un conseil d'enquête, il fut mis en réforme et reçut notification de sa condamnation à Toulon, où il était revenu. Il venait d'être nommé lieutenant de vaisseau, et, arguant de ce titre, il taxa le décret d'excès de pouvoir du ministre et n'en continua pas moins à prendre le titre d'officier.

Venu à Paris, Lullier ne changea point, continua à se battre et fut deux fois condamné pour

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