‹ Les membres de la Commune et du Comite centralChapitre 106 sur 142 · CHARLES LULLIER · texte numérisé non relu

CHARLES LULLIER

ULLTER naquit évidemment avec la bosse de l'insurrection, bosse tellement prononcée qu'elle l'entraîna jusqu'à la folie. Ce fut le type parfait du révolutionnaire permanent, insurgé contre les lois, contre les usages, insurgé contre l'Empire, insurgé contre l'insurrection elle-même, toujours insurgé.

Il était intelligent, mais sans suite dans les idées, sans but et sans volonté; sa vie décousue

n'est qu'une succession de scènes de violences et de folies amenées par son caractère ombrageux et insociable. Il avait commencé une brillante carrière, sa conduite scandaleuse et souvent peu compréhensible l'écourta bientôt. Son intelligence l'appelait aux plus hauts grades, mais il ne sut jamais ni obéir, ni commander, se complut orgueilleusement à rompre en visière avec tout le monde et à marcher seul sans s'inquiéter du Vœ soli. Il en résulta que sa manière étrange et ses burlesques aventures en firent la joie des journaux et la risée de tous.

Il est né dans les Vosges, à Mi recourt, en 1838; ses parents étaient assez riches et très-honorables. Après lui avoir donné une solide instruction ils le rirent entrer à l'Ecole navale, d'où il sortit comme aspirant en 1856.

Son premier vaisseau fut Vo^usterlit^. le second la Licorne, Sur ces deux vaisseaux il donna des preuves de cette insociabilité dont nous avons parlé. Roide, cassant avec ses collègues, insultant avec ses supérieurs et méprisant avec ses inférieurs, il se fit bientôt détester.

Grand partisan de la liberté illimitée, il quittait le banc de quart au milieu du service, trouvait extraordinaire qu'on l'en punît, injuriait ses commandants, frappait ses matelots, et se fitcon-

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