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PIERRE DENIS

ON FRERE en cordonnerie de Gaillard et de Dereure, le manque de pratiques le fit journaliste et le manque de conseils le rit communeux.

Il débuta dans les lettres par un volume de vers, complètement introuvable aujourd'hui, les

PIERRE DENMS.

épiciers en ayant sans doute absorbé tous les exemplaires. Le mot Dieu, amené par le lyrisme du poëte, se trouvant répété en plusieurs endroits du livre, Denis le raya plus tard, quand il devint athée, sur le volume qu'il en avait gardé chez lui.

Vrai bohème, petit et assez laid, sale parce qu'il était insouciant, et fort aux conférences parce qu'il bégayait, il vécut de peu, ne songeant jamais au lendemain, usant de tous les métiers : gardeurs de chantiers, surveillant de travaux, et retournant même à l'alêne, lorsque la plume n'allait plus.

Edouard Houssaye l'emmena comme secrétaire de rédaction du Courrier de V(2.iisne^ en 1865. Denis collabora plus tard au Nain jaune^ au Courrier français de Vermorel, aux Écoles de France de Longuet; partout bien reçu, portant bien sa pauvreté, toujours aimable, toujours gai.

En 1870, il écrivit quelque temps dans Vindépendant rémois, où l'avait accueilli G. Isambert. Revenu à Paris, il écrivit, croyons-nous, dans la Patrie en danger et dans le Combat. J. Vallès le prit pour secrétaire de rédaction du Cri du peuple.

Placé dans un milieu chauffé à un haut degré,

Denis en prit le ton et brailla, tout comme un autre, contre les Versailleiix, C'est lui qui s'occupait à peu près seul du journal, Vallès étant trop occupé ailleurs pour y venir régulièrement.

Pierre Denis était ce qu'on appelle un bon enfant. Nous ne croyons point qu'il soit changé. Il est maintenant prisonnier à Versailles. Ils sont là deux ou trois , Henri Maret en tête et P. Denis en queue, qu'on devrait lier en paquet et plonger dans l'eau pour leur ôter le vernis de sauvagerie qu'ils ont pris au contact de leurs camarades; on les verrait revenir timides et pauvres diables qu'un grain d'ambition humanitaire avait enfiévrés.

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