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COURBET. S

Bien que chef d'école et gouailleur en vrai paysan, il n'eut que peu d'ennemis.

Ce qui lui iit défaut dans la ^ ie, comme dans son art, c'est le goût, le sens du beau. Sous prétexte de faire du réalisme, il exagéra les exagérations de Rembrandt, peignit des mendiants ruisselants de guenilles, des faces bourgeonnées, des porcs, des fumiers ; comme si une rose ne valait pas un chou, et si les jolies figures n'étaient pas aussi naturelles — plus naturelles même — que les laideurs. Courbet eut un grand rêve en sa vie, — rêve ambitieux naturellement, — celui de régénérer la peinture. Il aspira au titre de chef d'école, y parvint et appela la sienne : Ecole de la Nature: il eût pu ajouter : de la Nature triviale.

Cette école alla tout au rebours de la pensée du maître; il avait voulu régénérer la peinture, elle dégénéra chez ses élèves. Lui n'était que trivial , ses élèves furent hideux. Toutes les monstruosités, toutes les maladies, toutes les misères furent les sujets presque exclusifs de cette école qui ne fut rien moins que réaliste, malgré ses prétentions.

Courbet est né à Ornans (Doubs) en 1819. Il commença ses études au séminaire d'Ornans et les acheva au collège de Besançon. Il était au

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collège ce qu'il fut plus tard, enfant terrible, tapageur et vaniteux. On l'envoya à Paris pour faire son droit, mais tit de la peinture. Il en avertit son père, qui y consentit.

Il ne lit accepter que difficilement sa façon de peindre. Le public des Salons fut longtemps à s'habituer à cette manière lourde, mais trèsoriginale après tout. On rit de lui avant d'en parler, comme a dit un critique.

Il fut très-fécond; les principaux tableaux de son œuvre sont : Q4près dîner à Ornans^ Enterrement à Ornans. Casseurs de pierres, Retour de la foire. Demoiselles de village, Les Baigneuses, La Curée, Retour de la confrérie, La Femme au perroquet, La Remise des chevreuils, nombre de portraits et son dernier tableau exposé : La Vague. Courbet a peint une grande quantité de chevreuils; ce sont ses animaux favoris dans ses tableaux forestiers.

Courbet était une nature admirablement bien douée a certains points de vue, mais dans laquelle il y avait des lacunes. Il faisait de la poésie et faisait de la musique, écrivant et composant avec cette verve originale qui se remarque dans ses peintures. Il était plein d'une naïveté et d'une humeur qui rendaient sa compagnie charmante. Quoique peu donnant, il soutint de ses deniers

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