ALLIX
des élèves > — Non, j'ai des disciples », repartit ce maniaque.
Il fut condamné à huit années de bannissement qu'il passa nous ne savons oii. Nous retrouvons ses traces, en 1867, dans une maison d'aliénés où l'altération de ses facultés l'avait fait enfermer. Il se mêla des élections de 1869 et soutint la candidature de d'Althon-Shée. On le vit pérorer avec une pompeuse emphase de pontife; dire, avec l'assurance d'être infaillible, les plus grosses absurdités et faire échec par le grotesque de sa conduite justement à la candidature qu'il défendait.
Il se trouva dans le 8*^ arrondissement 2,028 électeurs méprisant assez la Commune pour y envoyer ce revenant de Charenton. Allix y fut ce qu'il avait toujours été : bavard, approchant constamment de la folie par ses actes et ses paroles baroques, jamais assez pourtant pour en être convaincu.
Affreusement myope, il avait constamment un lorgnon à la main et le braquait insolemment — mais sans malice — sur ses collègues. Il préparait ses discours, les prononçait en chambre avant de les dire à la Commune, portait de longs cheveux grisonnants déjà, rejetait la tête en arrière et demandait la parole comme un homme à la
voix duquel tout doit faire silence. Ces façons despotiques ne laissaient pas que d'ennuyer ses confrères; Allix était, certes, bien moins sympathique que ses escargots et ce fut avec plaisir qu'on profita d'une bonne occasion pour s'en débarrasser.
Le délégué à la police avait fait mettre les scellés sur la mairie de Montrouge, — mairie d' Allix; — Allix rompit les scellés et entra dans la mairie. Rigault furieux courut à la Commune et s'écria : « C'est étourderie, crime ou folie. » La Commune, sur les antécédents d' Allix, jugea que c'était folie et l'envoya dans une maison de santé où le gouvernement a ordonné son maintien.