‹ Les membres de la Commune et du Comite centralChapitre 4 sur 142 · AMOUROUX · texte numérisé non relu

AMOUROUX

M o u R o u X jouissait d'une assez grande popularité acquise par ses violences dans les clubs, ses condamnations et ses emprisonnements ; mais il n'eut jamais assez d'intelligence, jamais assez d'instruction pour avoir ni relief ni originalité.

C'est un des profils les plus effacés de la Com-

AM ou ROUX.

mune. Il ne fut qu'une grosse nullité loquace, hardie et tapageuse, n'ayant qu'une grande activité pour toute qualité.

Esprit étroit et borné, chapelier de profession et chapelier de nature, il n'eut ni une ligne de conduite bien nette ni un système politique bien décidé. Ayant peu de goût pour le travail, il préféra se créer une position dans la politique, fréquenta les réunions publiques et, pour se faire écouter de son public, se mit à tonner contre le gouvernement. Bientôt remarqué par ses discours audacieux, il fut recherché comme président ou assesseur de bureau dans les réunions publiques de la période électorale de i86p et parvint ainsi à une véritable célébrité faubourienne.

Il subit quatre condamnations successives pour insulte à l'empereur, pour excitation au mépris du gouvernement, pour refus de dissoudre une réunion. Menacé d'une cinquième condamnation et dégoûté de Sainte-Pélagie, Amouroux s'enfuit en Belgique et s'établit à Bruxelles au commencement de 1870.

Là il se lia avec des membres de l'Internationale, que les poursuites exercées contre l'association, en France, en avait chassés et s'empressa d'adhérer à la société. Il revint en France après

ramnistie , ne suivit qu'avec indifférence le mouvement de l'Internationale dont il devinait peu le but, fit partie des compagnies de marche pendant le siège, obtint une mention de bravoure dans le Rappel, et se porta candidat aux élections du 8 février. Il n'obtint que les 2^^jj'j voix que lui donnèrent ses anciens auditeurs des réunions et quelques internationaux.

Nommé aux élections du 26 mars par 8,150 voix dans le 4^ arrondissement, il porta à la Commune ce caractère violent et inintelligent qui avait fait son succès dans les réunions. Il déclara qu'à son avis, un seul journal devait paraître : V Officiel. — Il était joli alors V Officiel! Il lançait de temps en temps quelques grosses phrases sonores : a Nous sommes en révolution, agissons en révolutionnaires ». « N'ayons pas peur des mots », dit-il, en votant pour le Comité de salut public. Le 17 mai, dans cette fameuse séance où l'atroce Urbain demanda que dix otages soient fusillés chaque jour, Amouroux appuya la proposition. « Je suis d'avis, dit-il, qu'on use de représailles. » Il fit partie du tribunal qui condamna Thiébault à mort aux Hautes -Bruyères. C'est lui qui proposa de donner 600 francs aux femmes — légitimes ou non — des gardes nationaux tués au combat.

ANDRIE U.

Nommé secrétaire pour les séances, son ignorance l'obligea de se faire adjoindre un cosecrétaire. Il savait un peu lire, mais n'écrivait qu'à grand'peine. Antoine Arnaud l'aida d'abord, puis ce fut Vésinier. Amouroux fut pendant quelque temps délégué aux relations extérieures à la suite du remaniement des commissions,, le 21 avril, sans quitter pour cela son secrétariat très-honoraire.

Il lit partie de la délégation envoyée pour proclamer la Commune à Marseille, à la lin de mars.

On le dit tué.

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