LANGEVIN
Langevin fut lui-même arrêté à la suite de ce manifeste, traduit devant la haute cour de Blois et condamné à deux mois de prison et à 50 francs d'amende.
Délivré par la révolution du 4 septembre, on ne le voit reparaître que le 26 mars 1851 comme candidat à la Commune dans le 17® arrondissement. Il y obtint 2,417 voix et fut élu. Il proposa d'établir à l'Hôtel de ville un service permanent pour établir des relations constantes entre la commission executive et la Commune. Il vota contre la validation des élections complémentaires, en disant très- justement à ses collègues :
(( Dans le 17^ arrondissement, vous avez ajourné une élection, en raison du nombre des votants; eh bien, vous admettez sans doute que vous avez une base quand il s'agit de faire \oter, et n'en avoir pas de certaine pour la validation. C'est vous qui l'avouez. »
Il s'abstint dans le vote pour le Comité de salut public, dont il déclara la création impraticable et formula ainsi son abstention :
(( Considérant que le Comité de salut public est une institution dictatoriale incompatible avec le principe essentiellement démocratique de la Commune, je déclare ne pas prendre part
à la nomination des membres de ce comité. » Langevin lit partie de la commission de justice et de la commission chargée de faire une enquête sur les quatre gardes nationaux du 185^ bataillon que la Commune disait avoir été assassinés par Farmée.
On croit que Langevin est parvenu à s'enfuir.
LEDROIT.
ERTES, la nostalgie du bagne est chose rare;" l'insurrection du 18 mars en fournit pourtant deux exemples :
Ledroit et Philippe, forçats libérés, consentirent à siéger à la Commune.
Certes encore, ce petit monde-là était bien choisi et l'on conçoit en somme qu'on veuille renverser la société quand cette société vous a fait traîner le boulet pendant quinze ans. La Commune fera l'étonnement des siècles. Jusque alors les bandits s'étaient cachés, se sachant bandits, agissant occultement, ne songeant point à faire des prosélytes et encore moins à se faire passer pour d'honnêtes gens. La bande qui s'organisa