‹ Les membres de la Commune et du Comite centralChapitre 64 sur 142 · RASTOUL · texte numérisé non relu

RASTOUL

ASTOUL est de Marseille. Il avait du méridional l'accent très-prononcé et le geste vif, souvent répété. Il parlait beaucoup, mais était peu écouté.

Il avait fait ses études à Paris et fut longtemps médecin dans le quartier Saint-Martin. Le siège lui ayant donné des loisirs, il lit de la politique, parcourut les clubs, promena partout sa jactance méridionale et son indignation comique, et parvint à se faire nommer membre du Comité de vigilance de son arrondissement.

Candidat aux élections du 26 mars, il fut élu par 10,325 électeurs. Il fut délégué aux services publics, le 21 avril, puis nommé directeur des ambulances de la Commune, et s'occupa soigneusement de son service. Il demanda que VOfficiel fût vendu cinq centimes, vota contre la validation des élections complémentaires et contre le Comité de salut public, qu il traita de dictature.

REGERE

En somme, il fut un des membres les plus modérés de l'assemblée. Cependant il appuya très-fortement sur la nécessité des cartes d'identité. N'ayant, un jour, pu sortir de Paris malgré son titre de chef des ambulances et ses insignes de membre de la Commune, il s'en plaignit violemment. Ses collègues ayant prêté peu d'attention à ses récriminations, Rastoul de dépit donna sa démission de directeur des ambulances dans une longue lettre insérée dans l'Officiel.

Après avoir conseillé à ses collègues de se réfugier dans le camp prussien, il resta dans Paris et fut fait prisonnier.

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ÉGÈRE est des environs de Bordeaux.

Comme beaucoup de ses collègues, il essaya un peu de tous les métiers avant d'essayer du pouvoir. Des lettres publiées par la presse font connaître qu'il fut d'abord vétérinaire à Bordeaux, puis courtier de commerce à Libourne. Il fut exilé par TEmpire.

Membre de l'Internationale et propagateur

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des idées de la Société en Italie, il revint en France après le 4 septembre, lorsque Paris devint un grand foyer de l'Internationale. Il se trouva mêlé au mouvement du 31 octobre. Il était alors capitaine adjudant-major du 248*" bataillon. C'est lui qui signait les laisser-passer sans lesquels on ne pouvait sortir de l'Hôtel de ville. Arrêté, il déclara au tribunal s'appeler Henri-Théodore Régère de Montmore, docteur en médecine, qualité peu prouvée jusqu'ici. Il fut acquitté et retourna pérorer au club de la Reine-Blanche.

Il ht partie du Comité central et en fut l'un des membres les plus influents. Son âge, — il avait cinquante ans, — son instruction et son énergie lui créaient une certaine domination sur ses collègues. Il demanda, dans, une séance qui précéda l'insurrection du 18 mars, que tous les membres du gouvernement fussent fusillés.

Ennemi particulier et acharné du général Henry, il faillit être arrêté par celui-ci et dut se cacher. La prise de Henry par l'armée lui rendit sa liberté d'agir. Nommé par 4,026 voix dans le 5*^ arrondissement aux élections du 26 mars. Régère eut à la Commune une ligne de conduite aussi accentuée qu'au Comité central. Il fit scier la croix du Panthéon pour y substi-

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tuer un drapeau rouge. Il organisa dans son arrondissement de grandes chasses de réfractaires et vota toujours pour les mesures radicales.

Nommé d'abord à la commission des finances, il donna sa démission le 4 avril et fit plus tard partie du dernier comité de salut public. Comme tel, il signales dernières affiches de la Commune, où à chaque phrase est répété l'ordre de brûler les monuments ou d'abattre les maisons. On se souvient du Burn the houses adressé à Millière.

Si féroce au dehors, Régère semble avoir subi une influence mystérieuse dans son intérieur. Le curé de Saint-Etienne-du-Mont fut très-étonné un jour de recevoir chez lui le membre de la Commune, qui commençait à avoir un certain renom de sauvagerie dans l'arrondissement.

(( Monsieur, lui dit Régère, je vous amène mon jeune enfant, voudriez-vous l'instruire aussi vite que possible afin qu'il fasse au plus tôt sa première communion?* »

Le curé se chargea de l'enfant. La cérémonie eut lieu et Régère père, sa femme et son lils aîné, qui avait un commandement dans l'armée fédérée, assistèrent à la cérémonie.

Caché d'abord dans le quartier du Temple, Régère vint ensuite habiter l'hôtel des Italiens,

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oi[ il fut pris. Régère nia avoir donné les ordres incendiaires dont nous avons parlé, et déclara s'être retiré de la Commune quatre jours avant l'entrée des troupes dans Paris. Chose à noter : il avait 400,000 francs avec lui — ses économies à la Commune, sans doute.

Régère est grand, fort, sec comme un méridional. Il a la ligure toute nouée, toute bossuée et couverte de larges taches de rousseur. Ses yeux bleus lui sortent de la tête et ont un air méchant tout particulier.

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