ROUSSEAU
o u s s E A u s'était préparé aux grandeurs par un long noviciat dans une loge de portier. Il tirait le cordon depuis trente ans et depuis trente ans aussi faisait les chambres d'un hôtel meublé de la rue d'Amsterdam, lorsque le siège, le privant de locataires et de travail, le jeta dans la politique et l'amena ainsi au Comité central.
28o LES MEMBRES DU COMITE CENTRAL.
C'était un grand homme, atrocement laid, de tournure triviale, mais qui apportait dans ses fonctions de membre du Comité central la même bonne foi qu'il mettait à la gérance de son hôtel. Il se montra sensé. Il ne se lit jamais beaucoup d'illusion sur les chances de réussite de la révolution et était indigné de la rage que mettait la Commune à se perdre en entassant violences sur violences. C'est lui qui, dans une séance où Ton discutait sur le sort des soldats transfuges, déclara qu'on ne devait avoir nulle confiance dans des hommes qui avaient pris l'habitude de vendre leurs armes au premier venu.
Il fut nommé à la commission d'artillerie, le ip mai.
Nous le croyons prisonnier.