BERGERET
ON prénom est Jules, et son surnom lui - même ^ Bergeret ne marche jamais sans luimême. Singulier général ! Il eut deux chevaux tués dans sa courte carrière militaire, tués non sous lui comme il est coutume, mais devant lui, ce qui est neuf. Le citoyen Bergeret ne faisait la guerre que sur les grandes routes et, pour ce, n'allait qu'en voiture. Ne sachant point monter à cheval, sa brusque élévation aux grandeurs ne
lui permit point de prendre des leçons d'équitation, et c'est dans un modeste sapin que se trouvait notre homme quand V Officiel communeux nous annonçait qu'il se mettait à la tête de ses soldats.
La Commune de Paris se crut appelée à rééditer la grande époque de ^2. Mais ses volontaires en sabots étaient de vulgaires coquins et ses Marceau étaient des Bergeret. Ce fut une burlesque parodie, et les plus drôles de la farce furent encore ces généraux improvisés avec quelques pouces de galon. Bergeret, Duval, Eudes : (( Beau trio de baudets », eût dit Hoche, qui lisait La Fontaine.
Bergeret est des environs de Paris. Il commença par être garçon d'écurie à Saint-Germain, puis fut correcteur d'imprimerie à Paris. Il entra dans l'Internationale, mais n'y fut jamais influent, se trouvant ignorant parmi des ignorants. Il était pendant le siège simple sergent dans la garde nationale; il avait, paraît-il, déjà occupé ce grade dans l'armée, et fut jugé digne d'être nommé sergent instructeur. Délégué par sa compagnie aux réunions qui eurent lieu pour la création du Comité central, il sut, par ses relations avec les internationaux, s'en faire nommer membre, et, bien avant le 18 mars, se trouva in-