‹ Les Mémoires d'un VeufChapitre 20 sur 33 · MONOMANE · texte numérisé non relu

MONOMANE

maladroites, en Juin 48, qu'en penses-tu? J'ai ton seul carrosse. Mais ce n'est pas toi qui aurais les moyens de te payer yralis un tel supplément. Il est vrai qu'il me coûte cher le louage de ton baquet : 50.000 iï. à répartir entre 200.000 pauvres! »

Et mille autres billevesées.

L'entrée au Panthéon lui plaisait et lui déplaisait.

C'est trop, c'est trop, raisonnait sa folie. Ou ne doit bousculer personne, surtout les saints qui existent peut-être et sont dès lors iniluents. Pourtant c'est amusant, son macabé inconscient dont l'aine est probablement en procès avec le bon Dieu, de chasser de leur maison telles reliques vivantes et intelligentes, sons compter Jésus-Christ pourtant abondamment célébré dans toute une œuvre et sans nul doute invoqué . au lit de mort.

Les funérailles de l'Amiral portèrent le dernier coup à ce pauvre cerveau. Nonces funérailles escamotées par une peur sans nom, grandioses pourtant, de Paris, mais celles delà ville natale du héros, où un gouvernement de péteux donna à d'inoffensifs sucriers et de pacifiques

éleveurs la resucée 1res ridicule de la pompe funèbre de l'homme in-folio. 11 n'y assista pas, mais des gravures l'eurent bientôt mis et tenu au courant. Catafalque, exposition nocturne, doubles et triples promenades dans des rues étroites, cela ne lui lit rien. 11 avait vu mieux à Paris, moins les sinuosités abracadabrantes d'un cortège organisé par des autorités d'opérabouffe.

Non, ce qu'il gobait ici, c'était l'alïluencc de curés et de chantres. Y en avait-il, juste ciel ! de ces soutanes ? Un essaim de blancs surplis, papillonnant au vent du Nord, des rochets comme s'il en pleuvait, des hermines, des orfrois, des barettes, des rabats, des croix pectorales, des mitres régulières et séculières à tire-larigot. On ne pouvait pas dire qu'à cet enterrement-^ il y avait plus de cochons que de prêtres, cas, hélas ! de la balade funéraire décernée à cet Olympio qui eut cela de commun avec le grand Roi qu à leur voyage des pieds en avant, le peuple rigola ferme et se soùla dru.

Et son esprit travaillait. 11 se donnait en songe des obsèques marquantes, lui aussi. Ses moyens lui permettaient toutes fantaises. Mais voilà. Que

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