RVICE DE SÛRETÉ ET LA PRESSE
ux ceux-là mêmes qui, t;n [jablic, affii.lient r souveraio mépris pour eux.
ionc, un chef de la Sûreté doit donner des iseignements k la presse, avec discerne-
■Kl sans doute, muis il faut qu'il en donne, oulerai que le silence ne lui servirait à u, car s'il se taisait, d'autres parleraient à
jilace. Il n'y a plus de secret professionnel haut eu tas de l'échelle administrative.
i vu de très hauts personnages ordonner, ;c beaucoup de sérieux, des enquêtes sur
Bjindiscrétions qu'eux-mêmes avaient comses, et des journalistes, sortant du Paret. Sont venus parfois m'annoncer au mouit oii je m'y attendais le moins que j'allais «voir un mandat d'arrestation â exécuter...
rès tout, dans ces conditions, les journatcs ne sont pas tout à fait dans leur tort
rsqu'ils eu veulent à un chef de la Sûreté
être plus discret que les magistrats.
On m'a souvent reprocbé de donner trop de iseignements à la presse, et, à ce sujet, je
QX raconter deux anecdotes assez amusantes.
beau matin, je fus très violemment pris à 'ti, je ne sais plus à propos de quelle con-
200 LES MÉMOIBKS OK M. GORON
frontation — je crois bien que c'èlaiL celle d'Eyraud et de Gabrîelle Bompard -^ dont on avait retrouvé le récit dans des journaux. Un ministre, dout la bonhomie méridionale est célèbre, me fil appeler, et, tout eu me témoi* gnant une grande affabilité, me gourmanda au sujet des indiscrétions de la Préfecture.
— Mon Dieu, monsieur le ministre, réiiondis-je, je suis tout k fait de votre avis. Il est très regrettable d'être ainsi à la merci d'une information pius ou moins exacte. Aussi, si vous le permettez, dès demain dirai-je aux journalistes: a Messieurs, inutile de revenir ici. Sur l'ordre exprès que m'a transmis M. le préfet de police, delà part de M. le ministre de l'intérieur, il m'est formellement défendit de vous donner aucun renseignemenl. »
Le ministre se mit à rire et me reconduisis jusqu'il la porte en me disant : « Nous repar — lerons de cela une autre fois. »
Un des préfets de police les plus aimabl» ^ sous les ordres desquels j'aie servi, un bomn» ^ qui a tenu une grande place dans la politiqii^ de ce temps, puisqu'il a été président du conseil, me fît venir, lui aussi, et me dit ; « Go— ■
CE DE suhktê bt la phesse 201 ron, je trouve qu'il est mauvais qu'on donne des renseignetnenis à la Sûreté, et j'eslime quetout doil être centralisé à mon cabinet, n ■ÏG remerciai le préfet qui m'épargnait une corvée, et le soir même, je prévins les journalistes. Le lendemain, tous les journaux empoignaient le préfet. Le surlendemain, j'étais appelé à son cabinet. « Mon cher Goron, me *^'t tnon chef, j'ai réfléchi : 11 vaut mieux que '®s choses restent en l'état. Continuez ii don- ^^P des renseignements. »
Et puis, à quoi servirait-il d'être renfrogné, afficher de la mauvaise humeur, et de refuser des renseignements aux journaliFtea ?
■^Oijs sommes dans le siècle des progrès; la ^^©sse en a fait de très grands, et j'ai vu par-
K's, les reporters tirer les vers du nez de ^s hommes avec une habileté que j'aurais -^n voulu toujours trouver chez ces der-
d'est bien simple : l'agent de la Sûreté ^t, en général, un 1res honnête homme, in- ^pahle de céder à une (eatalion, et qui refu- ^ tait une somme importante pour maniuer
Son devoir; mais j'en ai connu beaucoup,
LES MEMOIHES DE M. OOnOl
incapables également de résister au verre qu'un reporter offrira sur le zinc d'un marchand de vins, et surtout au plaisir de voie leur nom dans !e journal que lira leu« femme.
Dès que l'indiscrétion d'un agent a mis u~journaliste sur la trace lie la « grosse affaire ^ l'émotion est grande au café du Barreau et celui des Lauriers-Roses, où se réunit le sjmr. dicat-des reporters. Alors, ils se partagent Le rôles; les uns épient le départ du chef de I Sûreté, et stationnent quai des Orfèvres o quai de l'Horloge; lesautres montent lagardi devant le Palais de Justice, attendant le jag* d'instruction...
Si la police pouvait surveiller ainsi tous i&s assassins, pas un ne lui glisserait entre le^ doigts.
11 n'y a pas à dire, je défie au plus malif des chefs de la Sûrelé d'échapper aux repor^ ters. Pour les fuir, j'en arrivai, un beau jour''» à passer par les souterrains du Palais de las--" tice. Je retrouvai mes persécuteurs à la pOTt* du ioulevard du Palais. Dès que le chef de 1 * Sûreté est dépisté, tous les fiacres du quartiff'