‹ Les mémoires de Messire Oliver de La MarcheChapitre 107 sur 157 · DB CHABLES LE HARDV · texte numérisé non relu

DB CHABLES LE HARDV

et eslevé par dessus les autres, et se doivent toutes autres enseignes ployer et amendrlr, là où est i*estandart du prince, et toutesfois pour despioyer la bannière, du prince où sont ses propres armes, les bannières de ses subjects ne se reployent point, ains se desployent : et la raison est, que les enseignes doivent révérence à Testandart, comme font les petits batteaux en la mer devant une carracque ou une grande nef. Et pour l'autre enseigne qui est la bannière, on doit aussi bommage «t service, et pource desploye chascun baneret la bannière de ses armes, pour monstrer qu'il sert en personne, et qu'il veut tenir sa foy et loyauté, comme il doit mou* rir et vivre avec son prince.

L'estandart doit estre painct des couleurs et devise du prince, afin d'estre recognu, et doit avoir un fer de lance au bout de l'estendart en haut, car Teseuyer (au besoing) peut coucher son estendart, si la bannière est à celle heure desployée, et pareillement doit avoir fer la lance du pennon, pource que l-escuyer du prince est si près do prince ordonné en la bataille, qu'au besoing il te doit deffendre, et faire lance de son pennon, et ne sceus oncques par escrit ou autrement, où le pennon fut desployé sans la bannière, ne la bannière sans le pennon : mais J'ay biensceu et veu de bien grandes choses sous l'estandart du prince seulement : et pour le tiers point, l'escuyer doit estre juste, car il se mesle de toutes les pompes et parures qui se font pour le prince, d'armer et atinter (l) le prince, soit pour la guerre, ou pour toumoy, ou pour joustes, et pource faut-il qu'il soit sage et juste, comme j'ay dit. L'escuyer doit avoir en la guerre la première diambre après le prince, et en la paix la dernière, et la raison est, pource qu'en la guerre à toute heure il doit estre prest pour armer le prince, et toutes les fois que le prince ehevauche en armes à estandart déployé, doit avoit plat comme le sommeiller de corps, son estandart doit chevaucher en armes le premier de tous escuyers, excepté quant le pennon est desployé, comme j'ay dit dessus, car chascune esqnadi^e doit acoompaigner son enseigne. Or je demande si le prince chevauchoit en armes par esquadre, et ne portassent que les cornets des esquadres, et que l'estandart n'y lût point, s'il venoit un effroy à laquelle des quatre cornettes sCviendroient rallier les escayers, je respons, que ce seroit à l'escuyer d'escoyriey et ce pour deux raisons : la première, pource que l'on est plus acooustnmé que tous soient soubs la gou* vemance de l'estandart, et soubs la sienne, que

(1) Ajuster.

des autres : et l'autre raison, pour ce qu'il est plus accoustumé de tenir enseigne, que nuls des autres, et je cuyde bien juger de bailler l'autorité a l'escuyer quant à ce point.

Nota qu'il y a guidon à l'estandart, comme pennon à labaniere, que jamais à la guerre on ne ployé, car c'est à quoy et soubs qui les archers se conduisent et rallient, et le gouverne le capitaine des archers du prince.

L'escuyer a jurisdiction sur ceux de son escuyrie, et peuvent demander leur renvoy au bureau de toutes matières, qui touchent partie à partie. Et pource que deux personnes de l'escuyrie seroient ensoignez par plusieurs journées, et nepourroient estre d'empres leurs chevaux, parquoy pourroit advenir que par maladie desroy y fût, ou qu'aucuns chevaux se perdroient, pource sont-ils renvoyez devant l'escuyer, mais si un homme de l'escuyrie estoit adjourné pour autre cause, et contre un autre que de l'escuyrie, il seroit tenu de respondre, et n'auroit point de renvoy, et toutesfois s'il avoit deservy d'estre mis en prison pour quelque cas, on le rendroit à l'escuyer chargé de ses faiz, s'il le vouloit avoir, et si la matière ne touchoit à l'encontre du prince. L'escuyer doit porter l'espée du parlement devant le prince à toutes entrées honnorables, soit à pied ou à cheval, et le doit tenir en sa main dextre entre la croix et le pommeau, et doit porter icelle espée couchée sur l'espaule, la pointe dessus, et doit estre l'escuyer avec l'espée seul, et la première personne de^ vaut le prince. Soubs l'escuyer sont trompettes, menestriers, et tous joueurs d'instrumens, messagiers et chevaûcheurs portans les armes du prince, et leur donne le prince la retenue, et l'escuyer leur mect leur Iwyte armoyée. Il a en garde la coste^'armes et l'estandart, mais les paintres qui les font, sont varlets de chambre, et n'ont que faire à luy que pour leur mestier. Les armuriers sont pareillement varlets de chambre, et respondent à l'escuyer seulement, et non à autre : pages et varlets de pied sont soubs luy, et tous autres de l'escuyrie : et quand le prince jouste ou tournoyé, il doit avoir les parures du prince et de son cheval, en quoy il a jousté et tournoyé pour chascune fois, quelque riche qu'elle soit, réservé l'or pur, et la pierrie, car ce revient au proufQt du prince.

Les escuyers d'escuyrie doivent mettre l'estrier au pied du prince, et l'aider à monter et à descendre, et tenir la bride de son cheval, et le varlet lacquay doit tenir l'estrier hors du montoir, et doivent estre soigneux que le cheval soit prest à l'heure qu'il le demande. Les escuyers d'eseuyrie doivent estre bons chevaûcheurs, et

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