DE CHARLES LE HABDY
prince qui e^ desployé, el ne chevanchent devant loy «utre les archers et sa personne, sinon les escoyers de sa chambre y et ceux de son sang, en la manière devant dicte, et tous les Jours sont tenus ceux de la garde faire le guet devant le prince tour à tour, à chascune fois quinze hommes^'armes, la première nuict le chef d'esquadre, et la seconde son premier lieutenant, avec le demourant, et doivent ceux du guet tous les jours acompaigner le prince embastones et armez si besoin est : et sont ceux de la garde comptez par les escrocs, et payez par le maistre de ta chambre aux deniers, et fout les clercs d'office un rolle tous les jours de leurs noms, et sont mis dedans le controlle par un petit escroc, et sont royez et recomptez par le capitaine de la garde seulement, qui a le regard sur eux : ils ont mantelineset parures du prince, et les archers palletots d^orfaverie, et sont comptez à si grans gages, et en tel estât, qu'ils ont chascun un coustiilier armé, qui font cent vingt six combattans, outre et pardessus le nombre armé : tous les faommes-d'armes ont par mois argent du prince et à ses despens, pour tenir sommier, amener le bagage : et à tant me tais du fidct de la garde.
£t pour conduire ceste grande chose, faut deviser comment il se loge, et la police du logis, selon lequel est nommé en tout temps mares- <;hal, pour servir au fait de la guerre, et doit livrer les quartiers aux fourriers des capitaines des .gens-d'armes, et de tous les quartiers : le second mareschal, qui est mareschal de l'hostel du duc, doit avoir le chois pour loger le prince et son estât : et ne deviseray gueres pour le présent du mareschai du logis, pource que je reviendray en temps et lieu, mais deviseray du mareschal du logis de Thostel, pour deviser de Testât de la fouriere, et comment elle se doit 4x>nduire. Le mareschal du logis se souloit appeler rescuyer du logis, et ne se mettoit iceluy estât sus, qu'en la guerre seulement, mais pource que le duc va tousjours en armes, et que sa maison est si grandement acompaignée, comme Ton peut venir, il est ordonné qu'il seroit un mareschal du logis de Fhostel, et est un moult bel office et estât : en l'hostel du duc il y a quatre archez comptez, et une trompette par les escrocs, qui acompaignent le mareschal où qu'il voye, et quand il doit partir pour aller faire un logis de ville en ville, il faut sonner sa trompette, et sa trompette revenue, il doit monter à cheval , et les fourriers du prince doivent venir devers luy, et doit avoir le mareschal une cornette pour enseigne, et doit aller par toutes les rues, et par lops les logis sa cornette après luy, et le doivent
suy vre tous les estats. Le fourrier de la garde accompaignédecoustilliers ordinaires, doibvent marcher en belle ordonnance, jusques au lieu où ils doivent faire le logis, et est bien besoing qu'en temps de paix, que ce soit par aucuns jours avant que le prince se parte, et se départ le logis en deux parties, dont la première partie est livrée au fourrier pour le prince, les chambeliains, les quatre estats de la chappelle, les archers de corps de la garde, la chambre et les officiers domestiques, et le mareschal loge les princes et grans pensionnaires, chambellans, et gens du conseil, ambassadeurs, et autres survenans, qui ne sont point domestiques : et ainsi se départ le logis,et le fourrier et ses aydes font le logis qui leur est ordonné, et le gardier de la garde , et aussi délivre au fourrier de ladicte garde, et ledit fourrier départ son logis en cinq parties, l'une pour le capitaine, et pour ceux de sa chambre, et l'autre partie se départ en quatre, pour les quatre chefs, et leur quatre esquadres. Et combien que le duc de Bourgongne soit prince des plus belles villes du monde, toutesfois son estât est si grand, que l'on trouve peu de villes où ils puissent tous loger, et faut souvent adjonctions de villes et de villages : ainsi le duc a un fourrier comme dict est, et si ce ne fut pour tenir ordre en mon escrit, j'eusse mis Testât de la fourie tenant à sa chambre, car la fourie est de la chambre : le fourrier faict la despense de tout le bois qui se despend en l'hostel du prince, réservé de la cuisine, et se compte par les escrœs, soubs Testât de la fourie, et sur iceluy se comptent les espices de chambre, drageries et autres, qui se livrent par les espiciers, la raison est , pource que le fourrier est vallet de chambre, et aussi est Tespicier, et ne se compte aucune despence de la chambre sinon en fourie : et aussi pource qu'on ne veut point entremeller la despence des officiers : le fourrier doit porter un baston , lequel doibt estre verd , en signifiance du bois, et le doit porter en manière, comme s'il vouloit tousjours hurter à un huys pour demander ouverture, sa marque doit estre tenue à tous, sur paine de mort. Le fourrier en sa personne doit batre le lict du prince de son baston, comme je Tay escrit une fois, et quand le prince vient, le fourrier doit mettre le bancq , les tresceaux et la table, il doit reculer, remettre, et oster à icelle table les tresceaux, et à toutes autres dont le prince est servy, il doit faire son bancq, chaieres, et toutes autres ouvraiges de bois, il doit livrer les linceux et estrain pour les licts, et pour paillaces de Thostel du prince, et livre bois de livrée et bois de despence, et soubs. luy se faict une tresgrande despence, et en iee«
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