‹ Les memoires de ParisChapitre 39 sur 48 · CD · texte numérisé non relu

CD

Hfi«

es O -S

. W . td

-«K-^5S--!:û:-tfcie:B:io:B:-;-o:

JuJuu «wu-ïîauuu'rJou's; -^o

ai-y:û<CDtD-S>-CDCD:DCDCDCD0-V2CAlCDT=i:D

saiov.a sHaraoN

coiOcccMroc^iT^co-^T^cococoeococoroforo

".ce

Os

'<ai

CD

Cd O

. ce 2

, Qj 52

-J^^HCc^C^Q^^'-.q-o^^'-J'^'-J^>-JOa5 ||

A citer en même temps que les pièces nouvelles les principales reprises : le Déserteur, le Domino noir, la Dame blanche, V Éclair, le Chalet, Richard Cœur de Lion, le Pré aux Clercs, qui furent pour Roger l'occasion d'autant de succès.

A l'époque où il prit la résolution de noter quotidiennement sur le grand et gros livre couvert en chagrin, qu'il a appelé le Carnet d'un ténor, l'histoire de sa vie, Roger, malgré une suite non interrompue de véritables triomphes, rêvait déjà de quitter l'Opéra-Gomique, où il se trouvait à l'étroit. Les œuvres magistrales et puissantes de notre grand Opéra l'attiraient.

Puis Meyerbeer avait en portefeuille le Prophète.

Meyerbeer avait remarqué, admiré Roger.

Roger seul lui semblait digne du rôle de Jean.

Que Roger quitte l'Opéra-Gomique pour passer à l'Opéra, et Meyerbeer livrera la plus admirable œuvre musicale que l'Opéra ait jamais produite.

11 est vrai que si M. Basset, directeur de

GUSTAVE ROGER. 27t

l'Opéra-Comique, semblait peu tenir à garder Roger, le directeur de l'Opéra, combattu chaque jour par ses pensionnaires ordinaires, tous jaloux du jeune ténor, ne lui ouvrait pas encore les bras. Gela suffira à faire comprendre pourquoi Roger parle si souvent d'eux avec tant d'amertume.

Le Carnet dun ténor débute par les dernières répétitions de YËclair. Roger dit qu'il va y succéder à Cliollet. Or, tout à l'heure, je le montrais débutant dans le rôle de Georges, où il succédait à Gouder. G'est qu'en effet dix années avaient modifié la Yoix du jeune ténor, dont le diapason était devenu plus étendu, plus abondant en sons graves. Après avoir joué en 1838 le rôle de Georges, il pouvait chanter, il chanta en 1847 le rôle de Lionel. Ge fut à Londres — où il passa les sept derniers mois de 18/i7 et tous ceux de 1848 — qu'il se prépara à débuter à l'Opéra en chantant aux Anciens-Goncerts les principaux morceaux de notre premier théâtre, et à FOpéra-Italien la Sonnamhula et Lucia.

Roger y était parti en congé. La Révolution de 1848 déchira son engagement. Quand il revint pour la deuxième fois de Londres, ce fut pour débuter enfin à l'Opéra.

La soirée du 16 avril 18/i9 (première représentation du Prophète) fut évidemment la plus triomphale de sa vie. Il faut lire tout ce qu'on écrivit le lendemain sur Roger, qu'on appelait le Roi- Prophète. Le chanteur et le comédien avaient eu un égal succès. Dès ce jour, tous les compositeurs allaient se le disputer. Il créa le principal rôle de V Enfant prodigue^ d'Auber, le 6 décembre 1850 ; du Démon de la nuit, de Rosenhain, le 17 mars 1851 ; du Juif errant, d'Halévy, le 23 avril 1852 ; de la Fronde, de Niedermeyer, le 2 mai 1853 ; de Sainte-Claire , de S. A. R. le duc de Saxe-Gobourg-Gotha, le 27 septembre 1855 ; d' Herculanum, de Félicien David, le k mars 1859. Je ne parle pas des reprises de la Favorite, de Lucie, du Trouvère, des Huguenots, de la Reine de Chypre, de la Vestale, etc.

Travailleur ardent, chanteur infatigable, Roger, de 1850 à 1859, alla pendant ses congés sept fois en Allemagne, où il chanta à Rerlin, à Francfort et à Hambourg, les Huguenots dans la langue nationale. G'est à Francfort que, sous une pluie battante, tous les spectateurs enthousiasmés lui donnèrent sous ses fenêtres une sérénade qui lui faisait venir les larmes aux yeux chaque fois qu'il en parlait.

Pourquoi suis-je obligé de rappeler la fm de sa vie qui fut si attristée. Est-il donc écrit que

chacun payera cher son bonheur, soit avant, soit après? Le jour vint, en 185v), où le destin dit à Roger : « C'est assez de gloire! »

Une arme éclata dans les mains de l'artiste, dont on dut amputer le bras droit. C'en était fini du comédien, malgré le bras artificiel auquel il eut recours.

Roger quitta l'Opéra. ..

Alors commencèrent à travers l'étranger et la province ces pérégrinations d'où le pauvre artiste a rapporté tant de couronnes qui lui semblaient être, selon son expression, des couronnes d'épines comparativement à celles que lui envoyaient naguères les habitués de l'orchestre de l'Opéra.

Sa rentrée à l'Opéra-Comique en 1861, dans Haydée, puis ce concert polyglotte où il chanta en anglais, en allemand, en italien, en espagnol, enfin le triste Cadio qu'il joua à la Porte-Saint- Martin, n'ont laissé que de pénibles souvenirs.

L'éternelle préoccupation que lui donnait son bras artificiel ne pouvait point ne pas nuire à ses moyens.

A bout de courage, il se décida à renoncer au théâtre. En 1869, il entra comme professeur de chant au Conservatoire.

is

Après avoir remporté d'immenses succès, il * rendit d'immenses services.

En 185â, le roi de Prusse, au sortir d'une représentation des Huguenots, l'avait décoré de l'Ordre du Mérite. Plus tard l'empereur d'Autriche, le roi de Hanovre, lui envoyèrent aussi leurs principales décorations.

L'une des dernières espérances de Roger était que le ministère des beaux-arts l'honorerait du ruban rouge que portent tant de professeurs moins illustres que lui.

Il est mort, n'ayant reçu du gouvernement français que le trop modeste ruban d'officier

d'académie... I

Les derniers chevaliers.

On a beau se vanter de connaître son Paris ; il y restera toujours quelque coin à révéler.

Il n'est pas nécessaire d'aller au delà des boulevards extérieurs pour trouver du pittoresque. Le vieux faubourg Saint-Germain luimême est plein de mystères étranges. On ne se doute pas du nombre de sociétés philosophiques, spiritualistes, religieuses qui y fleurissent.

Ainsi, a été célébrée, dans la soirée du A août 1887, rue de Lille, une cérémonie bien inattendue dont le seul compte rendu vous |

reportera aux premiers temps de notre histoire.

J'ai assisté, au milieu de dignitaires en grand ;

costume, à la réception de deux chevaliers! j

Oui, un vieil ordre de chevalerie, l'Ordre de la Mihce de Jésus-Christ, fondé par saint Domi-

nique au commencement du xiii® siècle, approuvé en J209 par une bulle d'Innocent IIl, existe encore à Paris.

Il a un conseil suprême composé de M\l. Dominique Piccoli, lieutenant général; M^*^ Félix Charmetant, grand aumônier ; le baron Léopold de Testa, chancelier; le vicomte Paul de Damas, commandeur ; le comte B. de Maupas du Juglart, camérier de S., S. Léon XIII; le commandeur Louis Rossi de Gasperis, camérier d'honneur de Léon XÏII.

Les souverains pontifes ont d'ailleurs toujours honoré de privilèges et d'indulgences les chevaliers de la Milice du Christ qui ont repris leur premier nom après avoir porté ceux de chevaliers du Rosaire, deïolosa, de Saint-Pierre et de la Vierge Marie.

C'est au deuxième étage, au-dessus de l'entresol du n° 30 de la rue de Lille, qu'est établi le temple de la Mihce.

On y accède par un escalier garni de tentures.

En temps ordinaire, le temple pourrait passer pour un simple appartement. Les jours de grande cérémonie, les doubles portes sont ouvertes.

La foule se tient dans l'antichambre.

Les dignitaires, en merveilleux costumes blancs et bleus rappelant, à la culotte près.

Page 1