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LES DERNIERS CHEVALIERS

ceux de la cour de saint Louis, sont dans le salon assez grand.

Au fond, par la double porte, on aperçoit, dans la troisième pièce, transformée en oratoire, un autel d'or, illuminé.

Un prieur y attend les deux récipiendaires.

La cérémonie commence par l'entrée solennelle du lieutenant général, conduisant le président honoraire, M^'' Févêque de Césarée, exarque d'Antioche.

Pendant le court défilé, les chevaliers, qui sont tous d'anciens officiers, présentent les armes.

Après des prières et des allocutions, les récipiendaires sont introduits dans l'oratoire par le maître des cérémonies qui les installe à des places réservées.

Le premier récipiendaire, le commandeur P. Lautier, promoteur général des avocats de Saint-Pierre pour la France et directeur du journal le Rosier de Marie, va s'agenouiller devant l'autel. Le prieur se lève et lui dit :

(( Mon frère, vous allez devenir chevalier. Ce n'est pas pour être riche, pour être honoré et pour vous reposer, car de la sorte vous ne feriez point honneur à la MiUce et vous seriez à l'ordre ce que le simoniaque est à l'Eglise.

Mais c'est pour être le modèle de yos frères par la noblesse de vos aspirations et par votre généreuse abnégation et pour servir en vaillant chrétien la Maison de la Milice de Jésus-Christ dont vous serez l'avant-garde. »

Telle est la formule qui a été, d'ailleurs, rédigée ainsi que celle qui va suivre, par saint Dominique lui-même.

Après des prières, l'aumônier bénit la croix et l'épée du récipiendaire déposées sur l'autel du serment. Un dignitaire lui attache une croix rouge sur la poitrine, lui chausse les éperons. Un autre lui met sur les épaules le manteau de chevalier, un superbe manteau noir doublé de satin blanc qui, habilement relevé, produit très grand effet.

Le prieur prend ensuite l'épée et la ceint au chevalier, pendant que l'aumôûier le bénit.

Le récipiendaire s'agenouille. Le prieur lui donne l'accolade fraternelle qui consiste en trois coups de plat d'épée sur l'épaule; il lui dit :

— « De par Dieu, Notre-Dame et le Père saint Dominique, je vous fais chevalier. »

Le nouveau chevalier récite d'abord le Credo^

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puis, l'épée posée sur les Saints Évangiles, prononce à haute voix le serment qui suit et dont la formule mérite d'être enregistrée :

« Je renouvelle ici la promesse que j'ai faite à Dieu tout-puissant, à la bienheureuse Vierge Marie, au bienheureux père saint Dominique, à tous les saints, d'observer, tout le temps de ma vie, les commandements de Dieu, de remplir exactement les devoirs que m'impose la constitution de l'Ordre de la Milice, de garder obéissance et fidélité au Grand Maître ou à son défaut au lieutenant général, ainsi qu'à tous mes chefs hiérarchiques, de pratiquer avec tous mes frères les sentiments de charité et d'amour dont N.-S. Jésus-Christ a donné l'exemple. Je promets aussi de satisfaire comme il convient, pour les transgressions que j'aurai commises contre la règle et forme de vie de l'Ordre, lorsque j'en serai requis selon la volonté de mes chefs hiérarchiques. »

Ces deux formules font suffisamment connaître le but de fOEuvre : la défense de l'Éghse et de la civiUsation chrétienne par la parole, par les écrits, par fexemple, par les œuvres pieuses, etc.

Après des prières, le nouveau chevalier donne

l'accolade à tout le monde en commençant par les plus hauts dignitaires. Il fait, selon la règle, un don en argent, aux œuvres de l'Association, qui rêve, notamment, d'édifier un hôpital.

Les peines disciplinaires auxquelles il a promis de se soumettre sont relativement rigoureuses : l'avertissement, la censure, la dégradation, l'exclusion.

On les mérite par le blasphème, par des actes pubhcs contrairôs à la religion, par des actes d'oppression, d'abus de pouvoir, etc., blessants pour la dignité des Frères, etc.

Le second récipiendaire est le D'" Dubois, de Valenciennes.

Il est présenté par le capitaine général C. de P. et le capitaine Z. B. H.

11 passe par le cérémonial qu'a déjà subi M. Lautier, puis on rompt le pain fraternel, représenté par du gâteau. M^' l'évêque de Césarée féUcite et bénit les nouveaux chevaliers.

On ferme les portes de la chapelle et la soirée se termine par un punch. N'oubhons pas que nous sommes entre soldats. Les solennités du début ne recommenceront que pour la sortie.

Il y a des gens qui riront peut-être de ces cérémonies. Je me permettrai de leur rappeler celles, encore plus compliquées, de la francmaçonnerie.

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