VIII PRÉFACE
rite des faits naïvement rendue. Si parfois l'on vous plaisante, cela vient de ce que vous vous donnez tout entier, en écrivain de bonne foi. Soyez-en très fier: n'a pas qui veut cette originalité d'être quelqu'un, dans cette besogne modeste du reportage. Un convaincu, un greffier qui s'échauffe, qui croit à ses procès-verbaux, cela détonne au milieu de la foule des simples bâcleurs de faits-divers. Aussi votre livre a-t-il son âme propre : il a beau aller de M""^ Séverine à Gegout, en passant par M""^ Limouzin et le père Monsabré, on le sent l'œuvre du même observateur, vivant les faits auxquels il se mêle, trop facile peut-être à la conviction, mais en tirant une grande solidité d'ensemble. Et je retrouve également là le romancier qui est en vous, le romancier trop ignoré des Jours d'Absinthe^ où vous avez entassé avec conscience des documents très exacts et très précieux. II n'y manque, pour me plaire, que la construction artiste et un style plus cherché. Je ne vous dirai pas que j'aime vos romans, vous savez quels points nous séparent ; mais, en vérité, je les estime comme des travaux d'un effort véritable et d'une grande honnêteté.