‹ Les mémoires du Diable (volume 2)Chapitre 18 sur 22 · TOME II · texte numérisé non relu

TOME II

lèvrea et qa*il fallait faire taire; eetta présence d^Henri qui me serrsiU le cœar aaii$ le i^e édater, tout eeU était im towment Insupportable. Le omet à Qui la ▼oixma&que pour ^rler au se* cours lorsqu'il va périr, le nageur à qui la forée échappe qnasd il touche déjà le rivage de la main, doivent éprouver un supplice pareil à celui que je ressentais tous les soirs lorsque Henri s'approchait de moi et me parlait avec une contrainte aussi p^ble que la mi^ne. J'invoquais la solitude du couvent oontre cette lutte sans issue, quand le matiu même de mon dépast je trouvai dans un livre que je lisais une lettre à mon. adresse. Je ne la lus pas, car je devinai qu'elle venait de lui,. et je vorius la lui r«idre. Mais il ne parut pas, éi Juliette n\>sa la donner à sa mère pour qu'elle la remît à Hemri.

« — Tu peux le dédaigner, me dit-elle, mais tu ne peux le lui montrer à ce point; il y anrait.de la cruauté, ce serait le pousser à quelque acte de. violence doiit une passion comme la siemie ne s'épouvanterait pas. Il te suffira de ne pas loi répondre. »

•--- Et voua ne lui avee pas répondu? dit LniEzi. *- Hélas! répondit Caroline, pour ne pas lui répondre, il eût fallu ne point lire cette lettre^ Mais je ne sais comment cela soffit : le matin en f^prenant mes habits de religieuse et tie sachant qu^en faire, je eaebai ce papier sous ma guimpe. Je remportai. Ohl le oilice, que nos austères recluses ceignaient quelquefois dans leur enthousiasme de pénitence, ne doit pas plus brûler et déchirer que ce papier qui posait à nu sur mon sein. Vous dire mes combats, durant toute la route, combien de fois je portai la main à ma poitrine pour en ôter cette lettre qui me dévorait, et combien de fois ma main retomba sans force comme si j'eusse dû m'arracher le cœur^ ce serait vous montrer une folie dont je rougis et qui n'est pas guérie. J'arrivai ainsi à Toulouse, presque résolue à ne pas lire cette lettre; mais une chose étrange me fit perdre tout mon courage. Lorsque je reparus au couvent, on s'étonna si fort du changement de mon visage, chacune se récria avec tant de pitié sur ma pâleur et mon air de souffrance, que je ne doutai plus de la puissance d'un amour qui avait si rapidement altéré en moi les principes d'une santé calme et d'une vie sereine. Et, vous le dirai-je? ce fut parce que tout me dit que je portais en moi un mal dévorant, qu'il me devint impossible de résister à l'idée d'irriter ce mal qui faisait et tuait ma vie. Le soir venu, enfermée dans ma cellule, je lus cette lettre. — Et vous répondîtes? dit encore Luizzi. — Vous là lirez, mon frère, oelle*là et toutes Ids autres ; vous lirez aussi mes réponses. ^ Vous les avez? repartil te baron. — Les voici toutes, dit Caro* }ine en lui remettant un paquet enfermé dans un petit sac de soie;

elles TOUS diront ce qui me força à répondre à Henri, et comment mes propres let^es me sont revenues dans les mains. le les ai gardées, non comme nne espérance, mais comme nn remords ; car elles me disent cbaifae jour jusqu'à quel point je fus coupable et malheoreiKe.

Lnizzi prit les lettres, et il s'apprêtait à les lire, lorsque Caroline rarrèta en lui disant :

•— Dans un instant, quand je ne serai plus là. Je vais aller auprès du lit du blessé, je vais m:'agenouiller pour prier Dieu, afin qu'il me pardonne l'amour qui a brûlé dans mon cœur, et qui, je viens de l'éprouver tout à l'heure, n'y est pas encore éteint.

Voict ce que lut Armand :

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