‹ Les mémoires du Diable (volume 2)Chapitre 4 sur 22 · TOME II · texte numérisé non relu

TOME II

2è LES MÉMOIRES Dtî DIABLE.

VOUS devenue f — Cest mal d« m'interroger, mol, pauvre femme, heureux que tous êtes! Ce que je suis devenue? Au dehors, je suis restée ce que j*étais, fuyant le monde ou ne le cherchant que là où il est assez nombreux pour ne pas être Importun, fatiguée de celte exclusion qui me relègue dans une société qui me semble méprisable maintenant et que je n'ai pQurtant pas le droit de mépriser, pensant beaucoup à vous, qui m'avez fait tant de mal, et ne trouvant que là la consolalion du mal que vous m'avez fait. ■— Olivia, estvrai? reprit M. de More. — Oui, c'est vrai, je vous aime. Oh 1 je puis bien vous le dire sans danger. Mais à quoi cela me mènera-t-il? A être votre femme? c'est impossible, je le sais... Croyet que bien sincèrement je n'ai pas cette prétention. A être votre maîtresse? jamais, Victor, jamais. — Vous savez mon nom! lui dit le général tout surpris. — Ouï, je l'ai demandé à madame de Cauny.— Vous m'aimez, reprit M. de Mère, vous m'aimez! et vous croyez que je ne vous mériterai pas, moi, qui n'ai plus d'intérêt que votre censée! car vous m'aviez compris hier, quand je vous ai remerciée; vous m'avez compris tout à l'heure, quand je vous racontais avec quel soin je cherchais à vous faire parvenir, par la voix publique, le peu do gloire que je n'osais vous dédier. El vous croyez que je ne voudrai pas obtenir tout votre amour? -r Non, dit Olivia en détournant la tète, non, car vous avez de cet amour tout ce qui en est bon et saint. Ne demandez rien à la femme, rien, entendez- vous? Ne me faites pas rougir; pour moi, ce ne serait pas de la pudeur, ce serait de la honte. Restons oti nous en sommes. Ne m'ôtez pas le bonheur que vous m'avez donné.— Folie ! dit le général en souriant ; n'êtesvous pas plus belle qu'aucune femme au monde ? — Vous me trouvez belle? reprit Olivia en souriant et en caressant Victor du regard; tant mieux! vous aussi, reprit-elle en riant, je vous Irouve beau, très-beau, en vérité ! ce grand front bruni par le soleil d'Italie, cette cicatrice qui le pare d'une si noble couronne... Oui... oui, je vous irouve beau, et je vous aime. »

Le général prit les mains d'Olivia et s'approcha. Elle lui dît;

« — Demeurez-vous longtemps à Paris ? — Deux moiSa —Deux mois! c'esl beaucoup, quand on a de si belles choses à faire ailleurs. — Ne m'aiderez-vous pas à les trouver courts? — Pas souvent. Je ne suis pas libre comme autrefois. Je suis très-entourée maintenant. J'ai retrouvé des pa-

re&ts de mon père qui étaient dans la misère. Il y avait là deux jeunes filles, je les ai prises près de moi, je m*en occupei je les élève. »

Puis elle ajouta avec un soupir et une larme :

« — J'en ferai d^bonnètes femmes. Ainsi, vous voyez ! je TOUS verrai quelquefois, pas souvent, et nous causerons comme aujourd'hui. »

Olivia avait laissé ses mains dans celles du général, qu'elle pressait doucement en parlant ainsi. Victor, qui la regardait et réoontalt avec avidité, l'attira doucement dans ses bras. Mais elle se dégagea avec vivacité, et lui. dit :

« — Non, Victor, non ! que vous importe une femme de pins? Ne jouez pas une amie contre un moment de triomphe. Je pourrais vous haïr, Victor ; je pourrais plus peut-être, je pourrais ne plus vous aimer... »

Et alors, le regardant avec amour, elle se pencha rapidement vers loi, lui donna un baiser sur le front, et lui dit avec une joie charmante :

• ^ Et je vous aime I »

Puis elle ouvrit la porte de sa chambre et se réfugia vers ses jeunes élèves qui étudiaient le piano. .

« — Adieu, dit-elle au général. Voici Theure de notre leçon. Il n*y a'plus ici qu'une mère de famille, qui reçoit ses vieux amis en famille. »

M. de Mère sortit. Je ne saurais mieux ^expliquer les senlinients qu'il éprouva qu'en rapportant ici la lettre qu'il écrivit en rentrant chez lui :

• Olivia, je vous remercie de m'aimer^ et je vous remercie de ce que je vous aime. Vous nq pouvez savoir ce que j'ai de reconnaissance pour vous. Vous m'avez rendu ma vie, oionàme, mon avenir; je suis fier, j'ai espérance en tout foi en tout \ je suis redevenu jeune, je suis redevenu jaloux. Oui, jaloux ; car en sortant de chez vous j*ai vu s'anôtcr à votre porte Téquipage d'un de ces brillants jeunes gens qui Avaient place dans votre loge, à l'Opéra, où moi je suis entré comme un étranger. Olivia, ne me trompez pas, je vous le demande à genoux. Je savais qu'on recommence sa vie, sa fortune, sa gloire; j'ignorais qu'on pût recommencer son cœur, et vous me l'avez appris. Mon cœur bat, ma tète brûle, je pleure et je ris. J'aime, j'aime. Oh! ne me trompez pas, Olivia ; ne faites pas une dernière^ dérision d# ce dernieiN bonhenr. Je vous remereie, je vous remeroie à gonoux. Ai-

jt

mez-moi! aimez-moi 1... Je vous aime jusqu'à avoir peur de

vous. »

Celte lettre resta sans réponse ; quelques jours après, le général alla la chercher. Olivia n'était pas seule ; un des merveilleux du temps était avec elle. Le général eut toutes les impatiences, toutes les excitations d*un amour jaloux, et Olivia toutes les soumissions d'un amour vrai. Elle renvoya le merveilleux; elle le renvoya très-maladroitement, assez maladroitement pour que, le lendemain, tout Paris fût informé que M. de Mère était son amant en titre. 11 l'apprit, et il accourut furieux ei désolé chez Olivia. Elle le savait aussi, et répondit en souriant à la colère du^général :

«( Je vous sais gré de vous être ainsi emporté pour moi. Vous venez de me faire plus de bien que je n'en ai éprouvé de ma vie. Mais je vous avoue que celte calomnie ne m'a point blessée. J'ai le droit de dire que c'est une calomnie, non point au monde, mais à moi qui n'ai pas voulu être à vous et qui ne vous appartiendrai jamais. »

Et ce mot : Jamais 1 fut vrai ; et cela doit te paraître d'autant plus surprenant qu'Olivia eut à combattre non-seulement le penchant de son cœur, mais encore l'attrait de cet homme ardent, dont la parole vibrait, dont le regard rayonnait d'amour, et qu'elle ne pouvait entendre ni regarder sans être troublée comme une enfant et palpitante de désirs. Ce ne fut pas le combat d'un jour, ce fut un combat long et douloureux dont elle sortit vingt fois triomphante, ce fut un combat contre tous les délires de la passion; car M. de Mère la poursuivit partout, à toute heure. Obligé de la quitter pour rejoindre, l'armée, il profitait d'un congé de quinze jours, d'un repos de quelques semaines, pour revenir à Paris de deux cents lieues de distance; il arrivait chez elle tout à coup, quand elle rêvait à lui, le croyant bien loin, et il lui disait en entrant :

« — Je viens de Rome pour passer une heure avec vous.»

Alors Olivia lui tendait les bras, le serrait sur ce cœur qui bondissait d'un bonheur ineffable ; puis, c'était un long regard qui ne le quittait pas, qui le dévorait, qui lui envoyait son âme et s'enivrait à la sienne, et c'était tout. Car elle fuyait, s'il voulait enfreindre la résolution inébranlable qu'elle avait prise. C'est qu'Olivia amait l'amour si nouveau qu'elle éprouvait ; «lie aimait ce sentiment fier, absolu, exclusif, qui la dominait et qu'elle inspirait, et elle n'eût pas voulu le ris-

4]Qer dans un abandon d'elle-même qu'elle savait mieux que personne suivi de tant de déceptions. Cela dura deux ans entiers.

— Deux ans! s'écria Luizzi, deux ans ! Et au bout de ce temps sans doute... ? — Au bout de ce temps, repartit Satan, M. de Mère fut tué. Olivia le pleura saintement, comme elle l'avait aimé saintement; elle garda de lui les moindres souvenirs qu'elle put s'en procurer. Puis, au bout d'un an, s'étant donné par Famour la nécessité d'une vie plus honorablement posée, elle épousa le seul bomme dont elle fût assez maîtresse pour lui faire faire la plus grande des folies, elle épousa le financier Liber t, qui acheta la terre de Marignon et qui devint M. de Marignon. — Ahl s'écria Luizzi, l'instinct de ma vengeance ne m'avait pas trompé 1 Olivia, la conrtisane,la prostituée, devait être cette insolente madame de Marignon, qui a chassé la malheureuse Laural et elle a fini par épouser ce misérable Libert, le parvenu gorgé d'or et de vols ! digne association du libertinage et de la rapine, qui a enfanté probablement l'impudente vanité et la soif de briller! Ah! madame de Marignon, vous méritez un gendre comme •M. de Bridely, et vous l'aurez, je vous le jure I... Eh bien ! Satan, tu ne dis rien? — J'attends, pour achever l'histoire de madame de Marignon. — N'est-elle pas achevée? — Pas encore. Après son mariage, elle profita de la fortune de son mari et de ses anciennes relations pour se faire ce monde dont tu as vu les restes. Elle le paya cher, elle devint l'esclave de ses moindres exigences. Vulnérable par tant de côtés, il lui fallut accepter servilement les plus cruelles humiliations. Mais elle les souffrit patiemment, car elle était mère, elle avait une fille, et le besoin de ne pas rougir devant elle lui fit accepter le voile de pruderie qu'on la força de jeter sur son passé.— Et c'est pour Thonneur de son passé qu'elle a chassé madame de Farkley? — Oui, mon maître; et ce qu'il y a d'admirable en ceci, c'est que le vice et le crime, poussés à leur plus honteuse dépravation, ont pris le malheur et la faiblesse à la gorge, pour la foicer à servir leurs infâmes proscriptions; c'est que mesdames de Fantan et du Bergh ont obligé madame de Marignon à exclure Laura de son salon. Mais si tu avais vu, si tu avais su voir, tu aurais reconnu que celte femme avait adouci l'insulte autant qu'elle le pouvait, tu aurais vu que, seule de tout ce monde,

elle s'est informée de la santé du misérable gisant sur son

lit. — Oh ! fit Luizzi, qui se promenait activement dans la chambre, tu me décides. Je craignais de rencontrer dans un carnctère inflexible un obstacle insurmontable à mes projets; mais Olivia est la femme qu'il me faut, tremblante devant im scandale, faible devant un souvenir.-— Celle-là qui estaiujji, dit Satîm, n'est pourtant pas la plus méchante de celies qui l*ont blessé. Kt mesdames du Bergh 'et de Fantan? — Ah! assez, maître Satan, dit Luiz2l : tu ne me peasuaderas pas. Je te connais. En m'irritant contre ces deux autres femmes, tu Veux me faire croire que ta prédilection pour madame de Marignon est désintéressée; je ne me laisserai point prendre à ce piège, et je te jtire que, si je ne frappe que la moins coupable, c'est que je n'ai aucun moyen d'arriver aux autres. — Eh bien! dit Satan, veux-tu qua Je te nomme le plus coupable de tous les acteurs dé cette histoire, celui dont tu peux au moins flétrir la mémoire sans remords? car c'est lui dui a mené Olivia par la main à son premier désordre. — Quel est-il? — Ne te souvlens-tu pas de ce joyeux marquis de Billanville qui avait inventé ce honteux marché qui devait livrer Olivia à l'un des douze? — Oui, Eh bien?— Quand tu sauras son véritable nom, tu sauras toute la vérité de cette histoire, tu sauras celui qu'il faut livrer au mépris des hommes. Cet homme, tu le connais. 11 s'appelait le baron de Luizzi. — Mon père I — Ton père. — Toujours ! toujours ! répéta Luizzi furieux.

Le Diable n'était plus là.

Comme nos lecteurs ont dû le remarquer, Luizzi n'était déjà plus le jeune homme vaniteux et confiant qui s'aventurait gaiement dans le monde, n'y regardant pas de trop près, se laissant aller à son émotion du moment, tout disposé à faire le bien et à y croire, ayant les défauts de sa position sans en avoir les vices, un peu fat, un peu tailleur, aussi oublieux du service que de la haine de la veille, s'imaginant que chacun est à sa place et n'enviant celle de personne. Mais le Diable était venu, le Diable qui avait soufflé sur les apparences et arraché les masques ; et alors Luizzi s'était révolté contre ce qu'il croyait être le véritable état du monde. La colère lui avait donné ses mauvais conseils, et il les écoutait. Après avoir fait comme la plupart des hommes le mal sans réflexion, sans calcul, un mal pour ainsi direinhocefit, il rêvait le mal bien calculé, le mal préparé de longue main, le mal coupable. C'est que Luizzi, il faut le dire en-

eore, était comme sont presque tous les hommes obéissant par vanité à de fausses idées, prenant de mauvaises voies qn'il croyait justes, sinon J)onnes. Luizzi, c'est le vulgaire, et il suivit la route vulgaire parce qu'il n'y avait en Iiîi ni une vertu ni une raison assez supérieures pour le retenir ou jiour Téclairer. Il ne comprenait pas Thomme fort qui voit le mal et choisit le bien parce qu'il sait que le bien mène au bien, parc6 qu'il sait que la société «iccepte le vice et le crime, mai": ne les accueille pas comme l'humanité accepte les infirmliés, mais ne leur ouvre pas volontairement ses portes. Il élait fort au-dessous de ces hommes à qui la Providence a donné co guide absolu qu'on appelle foi, et qui, voyant un phare au bout de Thori^on, y marchent sans s'inquiéter de la tourbe qui s'égare et qu'ils pe regardent pas. Il n'était point de ces âmes privilégiées, qui vont, qui vont sans cesse, et qni, si elles n'arrivent pas seules à la vertu, arrivent presque toujours seules au bonheur.

Voilà où en était Luiz^i quelques jours après cette entrevue avec Satan: bien décidé à poursuivre son projet contre madame de Marignon, se croyant une grande expérience parce quil avait écouté le Piable raconter de méchantes actions. Puis, comme il était en train de vengeance, il s'ingénia à en inventer une contre M. Ganguernet : il trouva plaisant de le punir à sa façon , c'est-à-dire de le mystifier. Cette idée se développa rapidement en lui , et bientôt, la façonnant à sa guise comme un auteur fait d'un drame, il lui trouva toutes les conditions nécessaires pour réussir. Il se résolut à laisser Ganguernet et monsieur son (ils poursuivre madame de Marignon, tandis qu'il irait lui-même chez M. Rigot qui avait deux nièces à marier. Le hasard lui avait appris cette circonstance , et Luizzi l'accueillit d'autant plus favorablement que c'était un hasard.

— J'ai voulu trouver dans un monde élégant, disait-il, un monde honnête et vertueux , et je me suis trompé- En cherchant une femme pure et noble dans ce monde, je me tromperais probablement encore. Laissons-nous aller au chemin qui s'ouvre devant nous. Les îles Fortunées ont été la décou- ^«Tte de gens qui ne savaient oti ils allaient. Voilà qui est décidé. Je vais tenter le mariage auprès de M. Rigot, Je me crois assez noble pour épouser une femme de rien, asse^ nclie pour me soucier peu de me tromper dans le choix que Je ferai. Et, 8*il faut que je nt'adresjse à celle qui est sans dot,

je serai d'autant plus en droit d'exiger d'elle le respect du nom que je lui donnerai et une vive reconnaissance pour la fortune qui remplacera sa misère.

C'est ainsi que se parlait le baron de Luizzi, allant à

la recherche d'une honnête femme , et ne comptant que sur

dés calculs d'égoisme et dô devoir de position pour la ren -

' contrer, ne se confiant plus déjà ni au frein de la morale ni

à ce saint amour du bien qui est le partage de certaines âmes.

Quelque prévention qu'il eût contre Satan , il le gardait cependant comme extrême ressource pour se sauver du danger d'être trompé. Luizzi , à moitié dépouillé denses bons sentiments , était à l'égard du Diable dans la position d'un joueur en face de la roulette , lorsqu'il a laissé le meilleur et le plus liquide de sa fortune aux mains dévorantes du banquier : il ramasse les débris de ses capitaux et se résout à tenter une spéculation commerciale^bien hasardeuse, mais au bout de laquelle il entrevoit encore le non-succès et la ruine. Alors il place une dernière espérance à côté de cette mauvaise chance ; il se réserve une petite somme avec laquelle il retournera au jeu et réparera peut-être les pertes qu'il a subies et celles qu'il prévoit. Luizzi était ce joueur, ou plutôt , selon sa pensée , il était le navigateur qui s'eaibarque avec un fort vaisseau pour aller chercher une nouvelle terre , qui s'approvisionne largement, arme son navire de toutes les précautions possibles, et qui, malgré tout cela, emporte avec lui une chaloupe et un canot pour leur demander un asile après le naufrage , et tenter sur une frêle embarcation le salut que son puissant vaisseau lui aura refusé. Luizzi , une fois qu'il fut bien décidé , mit à l'exécution de ses projets la rapidité d'un homme à qui l'argent donne toutes les facultés, l'activité et surtout la résolution. Deux jours après les confidences du Diable sur madame de Marignon, le baron courait en posie sur la grande route de Caen. Toutefois, avant de partir, il avait instruit Ganguernet et monsieur soh fils de tout ce qu'il savait sur le compte d'Olivia, et avait donné à celui-ci une lettre d'introduction auprès de madame de Marignon. Elle ne manquait pas d'une certaine habileté, et madame de Marignon devait nécessairement s'y laisser prendre. La voici :

« Madame, « Votre nom est le seul qiie j'aie trouvé inscrit chez moi

dorant ma longue maladie. Si je ne vais pas tous remercier personnellement , c'est que je craindrais de manqvier de reconnaissance en faisant connailre au monde une bonté et une indalgence si rares. Toutefois , comme je ne saurais mettre dans un billet tout ce que j'éprouve de gratitude, j'ai chargé Tna de mes amis d'aller \ous la témoigner. Cet ami est le comte de Bridely. 11 porte un de» plus beaux noms de France ; si vous voulez lui permettre de se présenter chez vous , il apprendra à le bien porter. Le besoin d'un air plus pur me force à quitter Paris , et je pars avec le regret de ne pouvoir TOUS dire moi-même quels sentiments, quel respect et quelle •^connaissasice vous m'avez inspirés.

« Armand de Luizzi. »

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