J'ai nommé M. S.-W. Bürger vice-président de
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la République Sud- Africaine. Cette nomination est provisoire, en attendant que le premier Volksraad trouve le temps de régler la question.
5. J'ai conféré le commandement général des troupes à Louis Botha, également à titre provisoire, jusqu'à ce qu'une élection puisse avoir lieu. C'était le vœu du défunt généralissime de voir M. Botha lui succéder dans ses importantes fonctions. Je suis persuadé que cette nomination temporaire est déjà ratifiée par le peuple.
6. Je suis profondément touché par la fidélité dont fait preuve le peuple de notre République sœur. 11 a démontré par ses actes qu'il est prêt à remplir les devoirs que lui impose son alliance avec la République Sud-Africaine. Les liens anciens, qui unissaient entre eux les peuples des deux rives du Vaal, se sont trouvés fortifiés et consolidés ainsi de superbe façon. La République sœur a compris très clairement qu'une action commune était nécessaire, et qu'une atteinte portée à la République Sud- Africaine compromettait aussi fatalement l'existence indépendante de l'État libre d'Orange. L'énergie et la confiance illimitée dans l'avenir de la race afrikander, témoignées par l'intervention de notre République sœur, ont donné à notre peuple et à notre gouvernement un magnifique exemple et nous ont fortifiés dans cette lutte pour la vie que nous impose la guerre
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avec l'Angleterre. Et quiconque s'intéresse à la lutte d'un petit peuple pour sa liberté en a tiré certainement une leçon d'une haute valeur morale. Aussi, j'estime qu'en raison des obligations contractées envers nos alliés et frères de l'État libre, il est de mon strict devoir de me faire ici l'interprète de nos sentiments de reconnaissance profonde et sincère. Dieu les bénisse pour les sacrifices qu'ils font à la cause de la liberté !
7. 11 m'est agréable de pouvoir vous informer à nouveau qu'exception faite du royaume uni de Grande-Bretagne et d'Irlande, la République continue d'entretenir les relations les plus amicales avec les puissances étrangères.
8. Pendant mon séjour dans les différents laagers, je me suis rencontré à Bloemfontein avec Son Excellence le président de l'État libre et nous avons décidé en commun d'envoyer au gouvernement anglais une dépêche où, arguant de ce fait que nous n'avons pas cherché la guerre et que nous ne rêvons aucune extension de territoire, nous proposions d'entamer des négociations pour la paix sur les bases suivantes : les deux Républiques seraient proclamées états neutres et indépendants et obtiendraient l'assurance que ceux d'entre les sujets de Sa Majesté qui nous ont soutenus dans la guerre n'auraient à souffrir ni dans leur personne, ni dans leurs biens. La réponse du gouvernement britannique, qui
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VOUS sera soumise tantôt, vous prouvera que l'Angleterre n'a jamais eu d'autre but et n'en a point d'autre aujourd'hui encore que d'anéantir l'existence indépendante des deux Républiques.
9. De même que notre dernière législature et en général nos relations avec le gouvernement britannique ont montré que nous étions prêts à tout faire pour le maintien de la paix, de même, aujourd'hui que la guerre a éclaté en dépit de tous nos efforts, nous ferons tout ce qui dépendra de nous pour ramener la paix. Dans ce but il a été convenu avec Son Excellence le président de l'État libre, qu'une députation composée de M. A. Fischer, membre du Conseil exécutif de l'État libre, de MM. C.-H. Vessels, président du Voksraad de l'État libre et D.-W. Wolmarans, membre de notre Conseil exécutif, représentant leurs gouvernements respectifs, serait envoyée en Europe et en Amérique avec mission de solliciter des interventions en faveur d'une paix basée sur l'indépendance des deux Républiques.
10. La présence dans nos lignes de combat d'attachés militaires, délégués par divers États pour suivre le cours de la guerre, témoigne du grand intérêt que prennent leurs gouvernements à nos opérations stratégiques. En même temps, il m'a été agréable d'apprendre que les sympathies de l'univers presque entier sont de
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notre côté dans ce combat pour le droit et la liberté, et que nombre de pays ont envoyé des sections de la Croix-Rouge sur le champ de bataille, pour y installer des ambulances, afin de soulager les souffrances de nos blessés. Ceci, sans préjudice des souscriptions faites en Europe, en Amérique, en Asie, pour venir en aide aux veuves et aux orphelins de ceux que nous avons perdus. Je sais que je suis d'accord avec vous en exprimant ici ma reconnaissance pour les efforts d'une si noble philanthropie.
1. Je me suis vu contraint de protester auprès des diverses puissances neutres contre certains agissements, contraires au droit international et aux lois de la guerre, notamment l'abus de la Croix- Rouge et du pavillon blanc, les mauvais traitements envers les blessés et les prisonniers, enfin l'incorporation de Cafres dans les rangs de nos adversaires.
1 2 . En dépit des difficultés où le pays se trouve entraîné par suite de la guerre, il se trouve, à ma grande joie, que le Trésor pourra faire face aux frais considérables qu'elle nécessite, et que l'industrie minière est en progrès continu.
] 3. En vertu des pouvoirs que vous m'avez conférés, j'ai négocié un emprunt avec l'Etat d'Orange.
14. Conformément au pouvoir qui lui est attribué en vertu de la décision n° 14] 6 du 28 septembre 1899, le
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gouvernement a pris des résolutions et les a mises en vigueur toutes les fois que les circonstances l'ont exigé. Le gouvernement est convaincu que les actes accomplis dans les limites de son mandat ont obtenu votre assentiment, et il vous prie de lui faire savoir s'il doit continuer dans cette voie.
]5. 11 ne nous sera pas possible de liquider les affaires ordinaires de notre session annuelle; aussi me permettrai-je de vous conseiller de ne délibérer que sur les affaires qui vous seront soumises par moi, et de remettre tout le reste à plus tard.
Et je termine, messieurs. Plaise à Celui qui règne sur les nations de nous accorder les forces nécessaires pour sortir victorieux du combat inégal et terrible que nous soutenons en son nom et pour nos droits sacrés ! Puisse la force dévolue aux Burghers et aux officiers, le sentiment du devoir qui leur incombe envers les braves qui sont tombés pour la défense de la patrie comme envers la postérité à qui ils doivent transmettre un pays libre, puissent la conscience de cette force et de ce devoir exciter leur courage et les décider à lutter jusqu'au bout! Puisse ainsi le tronc sud-africain qui, toujours, donna de si belles espérances d'avenir, devenir un arbre puissant! Puissions-nous prouver, par nos actes, que nous sommes dignes de prendre rang parmi les vraies nations! Que Dieu nous y aide! J'ai dit.
Allocution prononcée par le président J{rüger
à titre de commentaire du discours d'ouverture de
la session ordinaire du y mai i^oo.
Honorables présidents, et vous, honorables membres du premier et du deuxième Volksraad, permettez-moi, bien que cène soit pas mon habitude, d'ajouter quelques mots à mon allocution précédente.
Vous n'ignorez pas à quel point le droit de vote fut visé dans les prétendus griefs qui ont donné naissance à la guerre, et vous n'ignorez pas non plus les concessions faites par le gouvernement, avec l'assentiment du Parlement et en dépit de ses propres appréhensions ; si bien même que les Burghers ont fini par nous reprocher d'aliéner la plupart des droits de la nation. Le gouvernement ne se laissa guider que par le désir d'éviter toute effusion de sang. Le Parlement a ratifié l'attribution des droits électoraux complets à tout étranger ayant séjourné 7 ans dans le pays (j), ainsi qu'à tous ceux qui justifiaient
(i). A partir de la promulgation de la loi.
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d'une résidence antérieure de plus de 7 années. Plus de trente mille électeurs nouveaux ont été créés d'emblée, du fait de cette loi, et les choses en étaient arrivées au point que les vieux Burghers devaient redouter d'être mis en minorité. Encore une fois, de telles concessions n'avaient été faites qu'en vue d'éviter toute effusion de sang. Pourtant on ne se déclara pas satisfait et on nous demanda les droits d'électeur au bout de 5 années. Nos Burghers désapprouvaient cette mesure et, dans le Parlement même, nombre de députés n'en voulaient pas entendre parler. Le gouvernement a quand même présenté et appuyé une motion dans ce sens, parce qu'il avait l'assurance qu'en réalité il ne s'agissait pas du tout de droits électoraux, mais que c'était là un prétexte tout confit en pharisaïque fourberie et qu'il importait de couper dans sa racine. N'a-t-on pas en effet trouvé, depuis, des documents d'où il appert que, dès 1896, l'anéantissement des deux Républiques avait été résolu? Ce fut donc là une imposture diabolique. On parlait de paix, alors qu'on avait décidé à l'avance de nous anéantir. Ainsi, nous aurions eu beau entrer plus avant encore dans la voie des concessions, nous aurions même accordé les droits d'électeurs après un an de séjour seulement, nos offres eussent été repoussées quand même. Les documents ont prouvé que la liberté de notre peuple avait été condamnée irrévocablement.
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Comme je l'ai marqué dans mon discours, le gouvernement n'avait fait de telles concessions à Chamberlain et à Salisbury que pour éviter toute effusion de sang. Et qu'ont-ils répondu ? Vous avez dû lire la copie de cette pièce, je ne puis m'en remémorer la teneur exacte, mais le sens, en somme, était celui-ci : qu'on était »n'ité à la pensée d'avoir jamais reconnu notre indépendance, et qu'on persistait, comme toujours, en dépit de toutes les conventions signées dans le passé, à voir dans notre peuple un peuple de sujets.
Messieurs, il faut que je soulage mon cœur : le psaume 83 parle des complots formés par les Gentils contre le royaume du Christ. « Faisons disparaître Israël, disent-ils, d'entre les nations. » Ce sont presque les mêmes mots dont se servit Salisbury, car lui aussi a dit : « Ce peuple doit cesser d'exister », mais Dieu dit : « Ce peuple continuera d'exister. » Qui l'emportera? L'Éternel, soyez en sûrs. En attendant, vous voyez les ruses qu'on employa contre nous, jadis, avant la guerre, et comment notre peuple était prêt à aliéner ses droits, le Conseil exécutif allant même si loin dans ce sens que nous nous exposions presque à la perte du pays. Mais, du côté adverse, l'obtention des droits électoraux ne pesait pour rien dans la balance, c'était notre pays qu'on convoitait et toute nouvelle offre de notre part eût été déclarée insuffisante.
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Ne perdons pas cela de vue et souvenons-nous bien de la ruse cauteleuse avec laquelle ont été menées les négociations.
On a écrit à l'État d'Orange qu'on n'avait rien contre lui, mais seulement contre notre République. On voulait donc par là séparer les Républiques sœurs, alors qu'il appert des documents qu'aucune des deux ne devait rester debout.
Quelle perfidie, messieurs! Les documents prouvent que tout était décidé dès l'année 1 896 et à partir du raid Jameson, et l'on continuait de prétendre que l'Etat libre serait maintenu s'il déposait les armes. L'État libre a décidé là-dessus qu'il ne déposerait pas les armes et, d'un élan commun, nous avons ouvert la campagne.
Nous avions 40.000 hommes, mais nous dûmes installer des postes partout pour contenir les tribus cafres; le commandant de Mafeking même nous avait écrit qu'il était sûr du concours de certains chefs cafres, et nous savions que les tribus de ces chefs pouvaient mettre sur pied 3o.ooo combattants. Ce chiffre était presque celui de nos propes troupes. Sans compter les 200.000 hommes de l'armée anglaise, telles sont les forces que nous avons à combattre.
Messieurs, considérez toutefois cette autre force : le Dieu des armées, c'est-à-dire notre Dieu. N'est-ce pas un prodige de voir nos 40.000 hommes se battre
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contre 200.000 auxquels vient s'adjoindre toute une nation cafre, et que, malgré tout, nous soyons encore debout? C'est là qu'il faut reconnaîttre la main de Dieu! J'insisterai sur ce point que, partout où nous entrons en contact avec l'ennemi, nous sommes dix contre cent, et que, cependant jusqu'à présent le Seigneur a préservé notre vie.
Je ne me permettrai pas de prophétiser, mais je veux montrer comment la parole de Dieu nous trace la ligne à suivre dans les événements présents. Ces événements sortent de l'ordinaire. Cette guerre est un signe des temps. Tout prouve que la Bête a reçu le pouvoir de persécuter l'Église et elle continuera ses méfaits jusqu'à ce que le Seigneur dise : « Jusque là et pas plus loin. » Et pourquoi cela? Parce que l'Église a besoin d'être éprouvée et purifiée, car il y a beaucoup de mauvais parmi nous. Et c'est pourquoi je dis que cette guerre est une guerre anormale et un signe des temps.
Chacun pourra se convaincre que la parole de Dieu trouve ici son application. On dit : « Ce peuple doit disparaître », mais Dieu dit : « 11 ne disparaîtra point, mais il faut qu'il soit purifié. » En mon for intérieur, il m'apparaît clairement que le jour de la grâce ne saurait plus tarder bien longtemps, que le Seigneur montrera qu'il est le maître suprême et que rien n'arrive contre sa volonté. Quand il consent à ce que nous soyons
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châtiés, nous devons nous incliner, nous humilier, reconnaître nos fautes et retourner au Seigneur. Quand le peuple tout entier se sera humilié et aura reconnu qu'il ne peut rien par lui-même, mais que c'est le Seigneur qui fait tout, alors sûrement la paix nous sera rendue. Mais l'humilité n'est pas encore suffisamment enracinée dans notre cœur et il nous faut serrer de plus près notre devoir. Comme dit Pierre au livre ] , chapitre V, verset 8 : « Remettez tous vos soucis sur lui car il a souci de vous », et il ajoute immédiatement au versets : « Jeûnez et veillez, car l'ennemi rôde autour de vous comme un lion rugissant pour vous dévorer. » Et voilà pourquoi nous devons veiller, car, si nous tombons dans l'impiété, nous serons cause de notre propre perte.
je vous demande, frères, s'il n'est pas indigne, ce fait qu'on nous rapporte et qui s'est passé à Derdepoort où des Cafres surexcités par une proclamation anglaise ont assassiné des femmes et des enfants ? Les Anglais ont prétendu qu'ils n'employaient pas des Cafres, mais seulement d'autres gens de couleur. En attendant, ce qu'il y a de certain, c'est que Montsioa et ses Cafres se trouvent à Mafeking, et qu'on les envoie combattre contre les nôtres. Plus de la moitié de la garnison de Mafeking se compose de Cafres qui combattent contre nous.
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Cependant, messieurs, vous ne devez pas croire que tous ceux qui nous combattent appartiennent à la Bête. ]] est parmi eux des centaines d'enfants de Dieu qui agissent ainsi par crainte de la Bête. Dieu connaît tous les coeurs. Nous ne voulions point qu'il fût versé, le sang qui coule actuellement sur le sol africain ; nous nous serions plutôt démis de la plupart de nos droits, mais quand on a voulu nous anéantir, nous avons dû renoncer aux concessions. Qu'est-il arrivé à Ahab? L'ennemi était venu en nombre jusque sous les murs de la ville et on avait perdu tout courage. Le prophète de Dieu apparut alors et dit : « Ne craignez rien. » Et Dieu se mit de la partie. C'est ce Dieu en qui nous devons espérer, car il est toujours le même Dieu. Ne vivons point comme s'il n'y avait pas de Dieu : il règne ! Méditez les symboles que nous offre l'histoire. C'est toujours le même Dieu qui a tiré Israël de l'esclavage et endurci le cœur de Pharaon jusqu'à ce que tous les premiers nés d'Egypte mourussent. Et c'est alors que Pharaon permit l'exode des Israélites. C'est toujours le même Dieu qui sut apaiser les flots courroucés de l'Océan et son bras ne s'est pas raccourci.
Songez au sang qui a déjà été répandu à cette heure. A qui en incombe la responsabilité? Nous ne demandons que la paix et la liberté, comme nous les demandions dès i836 et alors le Seigneur nous les avait
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octroyées. Le Seigneur renoncerait-il soudain à l'œuvre entreprise par lui? Non, certainement, mais nous devons nous humilier devant lui, et alors il est hors de doute qu'il finira par nous conduire à la victoire.
J 'ai déposé mon rapport au sein de cette assemblée, et j'espère que le Volksraad en aura terminé l'examen au plus tard demain, car parmi les membres du Volksraad, il en est beaucoup qui doivent rejoindre le camp, soit comme Burghers, soit comme officiers. Nous n'avons donc pas le temps de délibérer sur les questions courantes. Ne discutons, pour l'instant, que celles que j'apporte ici.
Je dois vous faire savoir aussi que j'ai nommé un général en chef intérimaire, car hélas ! j'ai perdu ma main droite, le général Joubert, bien que je ne veuille pas dire par là que je ne possède plus d'hommes semblables. En plus du général en chef, j'ai perdu MM. Kock et Wolmarans, ci -devant membres du Conseil exécutif. Le secrétaire d'État aussi est un secrétaire nouveau, et, de tous les anciens membres du Conseil exécutif, il ne reste plus que moi seul. Néanmoins, je dois reconnaître que les mem.bres actuels me secondent et m'assistent très activement ; Dieu aussi j'en suis convaincu nous prêtera force et assistance. Luttons donc jusqu'au bout au nom du Seigneur. Ne détient-il pas pour nous le commandement suprême? Il donne les ordres et il
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sait quand il doit être dit : « Jusque là et pas plus loin. » C'est une chose admirable de voir avec quelle unanimité les autres puissances se mettent de notre côté et comme toute l'Europe prie pour nous. Le Seigneur dédaignerait-il ces prières? Non point, certes. Ayons confiance dans l'Éternel, fions-nous à lui et il accomplira des miracles. Et même si les choses tournaient au pire et que je dusse aller à Saint-Hélène, cela importe peu, car l'Eternel ramènera quand même son peuple et lui rendra la liberté. Et la même sentence qui, jadis, frappa Babylone, frappera ceux qui sont responsables du sang répandu. Nous combattons pour la liberté dont Dieu nous a gratifiés. Même si des frères de cette assemblée et de simples citoyens qui combattent au nom du Seigneur devaient périr par l'épée, ce ne seront que des victimes expiatoires sacrifiées à la gloire de Dieu et de l'Église. L'Église doit être éprouvée et purifiée, et c'est pourquoi je ne puis croire que cette guerre cruelle doive entraîner notre anéantissement. La guerre durera jusqu'à ce que le Seigneur dise : « Jusque là et pas plus loin. » Haut les cœurs et luttez avec moi! Je me remets aux mains du Seigneur. Quoi qu'il ait pu décider à mon égard, j'embrasserai la verge avec laquelle il me frappera, car moi aussi je suis coupable. Que chacun s'humilie devant le Seigneur. J'ai dit.
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Dépêche-circulaire du président J^riiger aux généraux y généraux-assistants et officiers de guerre
Machadodorp, 20 juin 1900.
Ne faiblissez pas et ne tombez pas dans l'incrédulité, le moment est venu où le peuple de Dieu va être purifié. La Bête a reçu le pouvoir de persécuter les chrétiens et ceux qui se détacheront de la foi seront perdus, car ils ne pourront être reçus dans le giron sacré de l'Église et seront, par conséquent, exclus du royaume céleste au jour où l'Église fermera ses portes après la Révélation définitive. Mais ceux qui persévèrent dans la foi et luttent au nom du Seigneur obtiendront le diadème et seront reçus parmi les élus de la cité éternelle, et participeront ainsi aux splendeurs de l'Éternité. Frères, frères, je vous en conjure, ne délaissez pas la Foi, conservez-la pieusement et combattez au nom du Seigneur. Consultez votre propre cœur: si d'aventure vous devenez lâches et fuyez devant l'ennemi, c'est parce que vous avez cessé de croire
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qu'il y a un Dieu au ciel et parce que vous êtes devenus des blasphémateurs. Mais moi je vous dis, en me basant sur la Bible, que rien ne peut arriver sans la volonté de Dieu. La victoire est dans sa main, et il la donne à ceux qui combattent en son nom. Ne serait-ce plus le même Dieu qui, au temps de Pharaon, prodigua les signes et les miracles à l'aide desquels le peuple d'Israël devait être conduit hors du pays? Ne serait-ce plus le même Dieu qui le guida à travers la Mer Rouge et le dissimula au moyen d'une nuée immense, opaque pour l'ennemi, mais transparente et claire pour lui? Cette nuée s'évoque par la parole de Dieu qui guide nos pas et éclaire notre route. Mais quiconque tombe dans l'incrédulité tombe dans la zone obscure, et, séparé d'avec le Seigneur, périt par son manque de foi. N'est-ce donc plus le même Dieu qui fit jaillir d'un rocher une source abondante à laquelle tout Israël put se désaltérer?
N'est-ce donc plus le même Dieu qui sauva les trois jeunes gens qui avaient préféré mourir que d'abjurer leur foi par devant Juda? N'est-ce plus le même Dieu qui protégeait Daniel dans la fosse aux lions, afin qu'il ne fût point dévoré par les bêtes, ces mêmes bêtes à qui le roi fit jeter ensuite les persécuteurs de Daniel et qui les mirent en pièces et les dévorèrent. N'est-ce plus le même Dieu qui marchait sur les flots de la mer et qui commandait à Pierre de venir à lui? Et Pierre dans sa
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foi naïve, obéissait et marchait vers le Seigneur. Et à mesure que sa foi diminuait, il se sentait sombrer, jusqu'à ce que le Seigneur l'eût pris par la main, soutenu et puni ensuite pour son incrédulité. N'est-ce plus le même Dieu qui, au plus fort d'une tempête, commandait aux vents de s'apaiser et les réduisait au silence? Et n'est-ce plus le même Dieu qui guérissait les lépreux par la simple imposition des mains?
N'est-ce plus le même Dieu, notre Rédempteur, qui a dit à ses enfants : « Que votre cœur ne s'effraie point! Vous croyez en Dieu et en moi : je ne vous abandonnerai pas comme des orphelins ». Qui nous avait prédit à l'avance qu'il y aurait des guerres et des rumeurs de guerre, afin que nous ne nous effrayions point, car ces choses devaient arriver? N'est-ce donc plus notre même Rédempteur, qui a voulu mourir, qui est ressuscité le troisième jour et est demeuré pendant quarante jours parmi les vivants, bien qu'aucun vivant ne l'ait pu voir? Seuls les apôtres l'ont vu, et c'est sous leurs yeux qu'il est monté au ciel, leur laissant cet ordre : (( Combattez le vrai combat et je reviendrai au milieu de vous, invisible, comme je viens de l'être. » Et ce même Dieu nous a conduits hors la patrie et, par des miracles, nous a donné notre liberté, et soyez convaincus qu'il n'abandonnera pas soudain l'œuvre qu'il a entreprise. Je dis que c'est encore le même Dieu qui
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tient toute victoire dans sa main, qui a porté secours à Gédéon et à ses 3oo braves, les a fortifiés et rendus invincibles.
Chers frères, chers frères, je vous en conjure, ne tombez pas dans le doute, soyez fermes vis-à-vis de vous-mêmes et combattez au nom du Seigneur. J 'apprends que des commandants demandent à rentrer dans leurs districts et à ne combattre qu'autour de leurs foyers. Ce système n'entrainerait que du désarroi et nos efforts demeureraient sans résultat. Que chacun, à quelque endroit qu'il se trouve et sous quelque officier qu'il soit placé, demeure fidèle et vaillant, car l'obéissance et la fidélité sont les gages du triomphe.
Chers frères, je vous le répète encore une fois, obéissez à vos officiers, dem.ême qu'ils devront obéir à leur général, car ainsi que je viens de le dire, l'obéissance et la fidélité sont les garants de la victoire. Considérez les excellents rapports que nous adresse notre délégation d'Europe; considérez aussi la proclamation lancée par Lord Roberts sur le territoire de l'Orange. Cette proclamation n'est qu'un leurre. Salisbury et Chamberlain, dans leur Déclaration, prétendent que nous devons disparaître. Mais le Seigneur dit : « Ce peuple doit subsister, » et il est notre véritable général en chef qui nous guide par sa seule parole. Chers frères, je vous en prie une fois de plus, ne tombons pas dans l'incré-
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dulité, mais obéissons aux ordres que Dieu nous donne. Souvent il conduit ses enfants par le désert aride d'où il semble que personne ne doive plus sortir. Mais ayez l'assurance qu'il nous en fera sortir si nous avons confiance en lui. Quiconque se fie à la protection de Dieu se trouve, même au sein des ténèbres de l'adversité, placé sous l'égide du plus puissant des rois. Sa parole est la vérité même.
Lisez ceci à tous les officiers et Burghers, car ce que nous souffrons dans le présent n'est rien si nous songeons à acquérir l'éternelle béatitude. Soyons fidèles à notre Rédempteur.
Télégramme du président JÇruger aux généraux
Machadodorp, le 7 juillet 1900.
Officiers et Burghers, placez toute votre confiance dans le Seigneur. 11 détient le commandement suprême, il dirige tous les cœurs à son gré et il dit : « Vos dangers sont mes dangers ». La victoire finale est dans sa main. Considérez maintenant la lutte que nous avons soutenue jusqu'à ce jour et dites si le Seigneur ne s'est
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pas toujours manifesté par des miracles en notre faveur, si nos armes n'ont pas été bénies de telle sorte que nos pertes ont été insignifiantes en comparaison de celles de l'ennemi, en dépit de la supériorité numérique de ses troupes, en dépit de ses canons. Frères, il nous faudrait renier toute foi et méconnaître toute influence divine pour douter un seul instant que l'Éternel soit avec nous. L'ennemi sans doute a pu envahir le pays, grâce à ses forces considérables auxquelles nous ne pouvions faire face partout, mais ce résultat n'est pas dû à la valeur de ses armes, et nous sommes en droit d'espérer que l'invasion sera tôt ou tard enrayée et que la victoire finira par nous appartenir. Ne vous laissez donc pas ébranler dans votre foi ni intimider par la défection de quelques-uns.
Voici du reste mon avis personnel. J'excuse ceux d'entre les Burghers qui, accablés par l'ennemi, ont dû déposer les armes. Je les excuse à la condition qu'ils profitent de la première occasion pour nous rejoindre et continuer la lutte; mais ceux qui déposent leurs armes et, sans espoir de retour, prêtent le serment d'allégeance, ceux-là renient Dieu, encore qu'ils puissent prétendre, comme la Bête, qu'ils persistent quand même dans leur foi. Le Seigneur a dit : « Prouve-moi ta foi par tes œuvres ». Aussi ceux qui optent pour les agissements de la Bête, afin de trahir leurs compagnons
d'armes, se targuent d'une foi morte et illusoire. Voyez l'Apocalypse. « Ceux qui adorent la Bête et son image videront le calice de la colère de Dieu ». Frères, vous qui, peut-être, êtes entrés déjà dans la voie de l'erreur, retournez sur vos pas et humiliez-vous devant le Seigneur; il vous pardonnera et vous rendra l'énergie nécessaire pour reprendre la lutte.
Prière de lire ce télégramme aux officiers et Burghers chaque fois que l'occasion s'en présentera.
Dépêche-circulaire du président \ruger au général en chef, aux généraux- assistants et aux officiers de guerre.
Machadodorp, le 24 juillet 1900.
Je vois, d'après votre rapport, corroboré par les nouvelles reçues de divers côtés, qu'un esprit de doute rôde au front de vos troupes, tel un lion menaçant, et sème le découragement parmi vos gens. Frères, ne comprenez-vous donc pas qu'en hésitant devant l'ennemi qui approche vous poussez fatalement ceux
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qui sont derrière vous à hésiter et à trembler? Que si, au contraire, vous faites votre devoir en affrontant l'ennemi, de quelque côté qu'il vienne, vous excitez l'émulation de ceux qui sont restés dans les fermes et leur inspirez le courage de contribuer à la défense eux aussi, quelque infime que soit leur nombre. La victoire n'appartient pas au nombre, elle est dans la main du Seigneur, et le Seigneur la donne à ceux qui combattent en son nom, si peu qu'ils soient. Rappelez-vous les Écritures : « Quand le Seigneur veut abandonner son peuple, il émousse la pointe de son épée et ne la bénit point ». Or, vous avez pu vous convaincre que le Seigneur n'a pas émoussé la pointe de votre épée et qu'au contraire, vos armes ont été miraculeusement bénies par rapport à celles de l'ennemi. Partout où l'ennemi nous attaque, le petit nombre de nos coups fait plus de ravages que ses milliers de feux de peloton. Comment expliquer, dès lors, le mauvais esprit qui plane et qui nous porte à douter que tout repose sur la puissance de l'Éternel?
N'avez-vous donc pas compris encore que les temps sont venus pour nous où notre foi doit être éprouvée? Celui qui se fie au Seigneur peut dire avec l'apôtre Paul : « Ne perds pas courage en voyant déserter quelquesuns de tes soldats, car des défections doivent se produire. » Et Jésus lui-même a dit, à propos des guerres
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et des rumeurs sinistres annoncées : « Ne tremblez pas et restez fidèles, car ces choses étaient écrites. »
Quiconque ne peut pas sortir victorieux de sa lutte contre le démon n'obtiendra pas la couronne des élus, car il succombe et devient la proie du mauvais esprit qui plane et qui rôde. Et, à l'instar de la Bête, il sera marqué au front du signe fatal et il videra le calice de la colère de Dieu. Lisez dans l'Apocalypse 14, les versets 9, 10, 1 2 et 1 3 et en particulier le verset i 2 qui dit : « Ici est la patience des saints; ici sont ceux qui gardent les commandements de Dieu et la foi de Jésus. »
En vérité, mes frères, que celui qui se sent faiblir se hâte de retourner vers le Seigneur, afin de lui rester fidèle et de donner le bon exemple à tous ceux qui doivent combattre pour la liberté que Dieu nous a donnée. Celui qui prétend croire à cette liberté d'origine divine, et qui, malgré cela, se laisse tenter par le mauvais esprit ne possède qu'une foi morte et illusoire, car le Seigneur a dit : « Prouve ta foi par tes œuvres. » Voyez aussi la promesse du Seigneur, psaume 108 : « Ceux qui combattent en son nom font œuvre sage, et le Seigneur les délivrera et anéantira leurs ennemis. » Prenez donc courage, ô soldats de Dieu, car c'est dans votre plus grande faiblesse que le Seigneur prouvera sa force. Je veux attirer aussi votre attention sur l'histoire de la guerre d'indépendance de l'Amérique, où les défen-
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seurs de la liberté avaient à combattre des milliers et des milliers d'ennemis, tandis qu'ils n'étaient qu'une poignée de 2.000 hommes à peine. Ils n'en triomphèrent pas moins et le Seigneur leur rendit leur indépendance.
Vous savez tous combien cette guerre qu'on nous a imposée est injuste et impie, puisque nous étions prêts à toutes les concessions pour obtenir le maintien de notre liberté et de notre indépendance. Voyez le psaume 83 où le mauvais esprit dit qu'Israël ne doit pas subsister et le Seigneur répond : « 11 subsistera. » 11 en fut de même pour le message que nous adressâmes à Salisbury et où nous ne demandions que notre indépendance. Le mauvais esprit lui souffla la même réponse: « Ce peuple ne doit pas subsister », ou plutôt, pour citer ses propres paroles : « Je ne concéderai jamais que votre peuple puisse subsister en temps que peuple. » Chers frères, ma confiance dans notre victoire finale repose, vous le voyez, sur la parole de Dieu. Restons fidèles néanmoins et combattons au nom du Seigneur avec une foi inébranlable dans ses promesses.
Je désire que les officiers relisent de temps à autre cet écrit aux Burghers.
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Vroclamation du président Steijn contre l'annexion de rÉtat libre.
Vu qu'une guerre injuste a été imposée par l'Angleterre auxpeuples de l'Etat libre d'Orange et de la République Sud-Africaine, dans le courant d'octobre 1899, et que les deux petites Républiques soutiennent depuis plus de huit mois et soutiendront encore cette lutte inégale contre les forces supérieures de la Grande- Bretagne ;
Vu certaine proclamation datée du 24 mai 1900 et signée de Lord Roberts, général commandant en chef des troupes anglaises dans l'Afrique du Sud, proclamation qui déclare que l'Etat libre a été conquis par les troupes de Sa Majesté et sera, par suite, annexé au royaume britannique, alors que les forces orangistes n'ont pas suspendu les hostilités, que le pays n'est nullement conquis, et que ladite proclamation se trouve être, par conséquent, en contradiction avec le droit des peuples;
Vu que l'indépendance de l'Etat libre d'Orange est reconnue par la plupart des puissances civilisées ;
Mémoires de JÇriiger
Vu qu'il est notoire que les sujets anglais eux-mêmes ont déclaré récemment que l'État libre était remarquablement gouverné, et que, dès lors, le fait de lui ravir sa liberté constitue non seulement un attentat contre la civilisation, mais une violation des droits primordiaux d'un tel peuple;
Vu qu'il importe de faire connaître à tous les intéressés que ladite proclamation n'est pas acceptée par le gouvernement ni le peuple de l'État libre d'Orange;
Moi, Martinus-Theunis Steijn, président de l'Etat libre d'Orange, après en avoir délibéré avec le Conseil exécutif au nom du peuple indépendant de l'État libre, je déclare, par la présente, que l'annexion proclamée est considérée comme nulle et non avenue.
Ecrit et signé de ma main à Reitz (Etat libre d'Orange), le i i juillet 1900.
M. T. Steijn,
Président d'État.
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