‹ Les mémoires (extraits);Chapitre 19 sur 64 · MORT DE SA.NTEUIL · texte numérisé non relu

MORT DE SA.NTEUIL

M. le Duc* tint celle annôe les étals de Bourgogne, en la place de M. le Prince, son père, qui n'y voulul pas aller. Il y donna un grand exemple de l'amitié des princes, et une belle leçon à ceux qui la recherchent. Santeuil, chanoine régulier de Saint- Victor % a été trop connu dans la république des lettres et dans le monde, pour que je m'amuse à m'étendre sur lui. C'était le plus grand poète latin qui ait paru depuis plusieurs siècles; plein d'esprit, de feu, de caprices les plus plaisants, qui le rendaient d'excellente compagnie ; bon convive surtout, aimant le vin et la bonne chère, mais

1. Titre que portait le fils aîné du chef de la maison de Condé. C'était alors Louis, duc de Bourbon, petit-fils du Grand Condé. A la mort de son père, Louis XIV lui enjoignit de garder son titre et de ne point prendre celui de M. le Prince.

2. Santeuil (1630-1697), célèbre poète latin; composa d'abord des œuvres profanes, puis, sur la prière de Bossuet, se confina dans les hymnes sacrées. Ses Hymiies ont été médiocrement traduites en vers français par l'abbé Saurin (1842). La Bruyère l"a peint sous le nom de Théodas.

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