LE COMTE ET LA COMTESSE DE ROYE
autres des chiquenaudes et des croquignoles, dont elle entrait en furie, parce qu'avec ses yeux pleins de chassie elle ne voyait pas au bout de son nez, ni qui l'avait frappée, et que c'était le passe-temps de la cour *.
A cette réponse la reine de Danemark se sentit si piquée qu'elle ne put plus souffrir la comtesse deRoye, et qu'elle en demanda justice au roi son mari. Il trouva bien mauvais que des étrangers qu'il avait comblés des premières charges et des premiers honneurs de sa cour avec de grosses pensions, se moquassent d'eux d'une manière si cruelle. 11 se trouva des seigneurs du pays et des ministres jaloux de la fortune et du grand établissement dont le comte de Roye jouissait, tellement que la reine obtint que le roi le remercierait et lui ferait dire de se retirer.
1. Taine dit très bien : « Aujourd'hui, l'homme qui s'amuserait d'un tel passe-temps passerait probablement pour un goujat de bas étage. » (Taine, Essais de critique et d'histoire : Saint-Simon.)