QUALITÉS LITTÉKAIKES DE SON ŒUVRE
Louis n'eut de grandes quaUtés et ne fut un homme au-dessous du commun. |I était pé dans un petit Etat où toutes les coiMittions particulières étaient -au-dessous de luiy et il ne pouvait espérer de monter aux premières dignités tant que les Doria auraient vécu. L'inquiétude attachée à sa nation, Téducation que sa mère lui avait donnée, l'élévation 4e son prppre génie, S8|. jeunesse, ses grands biens, le nombre et la flatterie de ses amis, la faveur du peuple, la recherche des princes étrangers et enfin l'estime de tout le monde étaient 4e puissants séducteurs pour inspirer de l'ambition à un esprit encore plus mûr et plus modéra que le sien. La suite de son dessein est un de ces coups que la sagesse des hommes ne saurait prévoir; mais si le succès en eût été heureux, la souveraineté de Gênes n'eût pas borné son courage ni sa fortune. Pes auteurs passionnés pour la maison de Doria ont essayé 4e noircir la mémoire du comte Fiesque par une infinité de calomnies et de défendre la mauvaise foi du sénat de Gênes ; mais la fausseté des faits qu'ils ont allégués est si - grossière que cette supposition se détruit assez d'elle-même. Quoi qu'il en soit, cesl d'ordinaire le bon ou le mauvais événement qui justifie de semblables entreprises. Néanmoins nous pouvons dire, avec toute l'équité que doit garder un historien qui porte son jugement sur la réputation des hommes, qu'il n'y avait rien à désirer dans celle du comte Jean-Louis de Fiesque qu'une vie plus longue et des occasions plus légitimes pour acquérir de la gloire (1). »
(1) Œuvres du cardinal de Retz, t. V, p. 657-668.