‹ Les mémorialistes; le cardinal de RetzChapitre 8 sur 47 · COMMENCEMENT DE SES INTRIGUES · texte numérisé non relu

COMMENCEMENT DE SES INTRIGUES

elle les marches des escaliers branlants des greniers, et il aj^prit à connaître ainsi cette partie curieuse de la population qui vivait de l'Eglise comme elle vit aujourd'hui des bureaux de bienfaisance, et qui n'en était pas pour cela moins turbulente et moins factieuse. Il vit aussi chez sa tante une autre catégorie de personnes, également intéressante pour ses, futurs projets :

t Je voyais très souvent chez elle des gens bien vêtus, et connus même quelquefois, qui venaient à Taumône secrète. La bonne femme ne manquait presque jamais de leur dire : « Priez bien Dieu pour mon neveu : c^est lui de qui il lui a plu de se servir pour celte bonne œuvre. » Jugez de Tétat où cela me mettait parmi les gens qui sont sans comparaison plus considérables que tous les autres dans'les émotions populaires. Les riches n*y viennent que par force ; les mendiants y nuisent plus qu'ils n'y servent, parce que la crainte du pillage les fait appréhender. Ceux qui y peuvent le plus sont les gens qui sont assez pressés dans leurs affaires pour désirer du changement dans les publiques, et dont la pauvreté ne passe toutefois pas jusqu'à la mendicité publique. Je me fis donc connaître à cette sorte de gens, trois ou quatre mois durant, avec une application toute particulière, et il n'y avait point d'enfant au coin de leur feu à qui je ne donnasse toujours, en mon particulier, quelque bagatelle : je connaissais Nanon et Babet. Le voile de M™' de Maignelais qui n'avait jamais fait d'autre vie, couvrait toute chose (1). »

En même temps que la tante, Gondi ne négligeait pas son oncle, l'archevêque de Paris, dont il con-

(1) Œluvres du cardinal de Retz, t. I, Mémoires, p. 166-167.

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