CONCLUSION
II ne faut ni surfaire ni rabaisser Monluc. Ce ne fut pas un grand capitaine : il n'a jamais commandé en chef de véritables armées, et les victoires qu'il remporta sur les huguenots rebelles n'ont pas la valeur qu'il leur attribue. Ce fut un excellent sous-ordre, infatigable et inébranlable dans le péril, astucieux et fin, ayant autant de ténacité
que de bravoure, autant de bon sens que de zèle, par-dessus tout connaissant son devoir et ne transigeant sous aucun prétexte avec lui. Sa défense de Sienne est une haute leçon de constance et de dévouement militaires : par elle le nom de Monluc mérite de ne pas périr dans l'armée française. Ce n*est pas un grand écrivain : l'importance de son œuvre ne répond pas à ses développements ; il nous rassasie de ses exploits jusqu'à la fatigue ; la mesure et le goûtlui sont inconnus ; si quelques-unes de ses idées sont ingénieuses, elles ne sont ni assez nombreuses ni assez nouvelles pour masquer le côté un peu mesquin et étroitement personnel des Commentaires. Mais Monluc a deux qualités qui portent la vie avec elles : la. passion et la foi. Il est fanatique de son métier, et il