MONLUG A LA CAMPAGNE ET EN CAMPAGNE
La solitude de la campagne lui rafraîchit bien vite le sang. Au sortir de tant d'émotions poignantes, il ne pouvait que bâiller formidablement aux entretiens et compliments des hobereaux du pays qui venaient lui rendre visite. Il adorait sa chère Gascogne et y périssait d'ennui au bout de vingtquatre heures.
Il en repartit presque aussitôt — cette fois avec le titre de mestre de camp — assista au siège malheureux de Boulogne (1545), leva une soixantaine d'enseignes, qu'il amena lui-même au Havre de Grâce pour le voyage d'Angleterre, descendit dans l'île de Wight où tout fut brûlé et dégâté ; pour son particulier , comme il l'avoue lui-même, il ne fit rien qui fût digne d'être écrit. L'Italie lui avait mieux réussi, et il lui fallut retourner sur ce théâtre de ses premières armes pour y accomplir son exploit le plus retentissant, celui qui lui a valu avec ses Commentaires une place dans l'histoire, la Défense de Sienne. ;.
(1) Comm, et lettres deB. de Monluc, 1. 1, livre m, p. 441.