‹ Les mémorialistes. MonlucChapitre 21 sur 102 · BATAILLE DE CERISOLES. JOIE ET DÉCONVENUE DE MONLUC · texte numérisé non relu

BATAILLE DE CERISOLES. JOIE ET DÉCONVENUE DE MONLUC

La bataille fut enfin livrée, et pensez si Monluc s'en donna à cœur-joie ! A la tête de sept à huit cents arquebusiers, tirés des gens de pied et^ qui combattirent en enfants perdus, il fut un de ceux qui décidèrent du gain de la journée : il s'y prodigua en homme qui a un arriéré de rancunes et de rancœurs à solder :

— J'étais las, dit-il, de frapper et courir et encore de crier que je n'en pouvais plus.

Le duc d'Enghien reconnaissant le fit chevalier sur le champ de bataille, lui promit de l'envoyer à Paris porter la nouvelle de la victoire — et le lendemain en expédia un autre. Ce sont là jeux de prince. Le coup fut si cruel pour Monluc qu'il ne put soutenir l'idée de rester plus longtemps

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au Piémont. Il quitta Tarmée et alla cuver sa mortification en Gascogne. Mais comme il Ta dit lui-même en parlant des gens colères :

— J'ai toujours connu quMl valait mieux se servir de ces gens-là que d'aulres : car il n'y a point d'arrièreboulique en eux (i),

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