LA CORNETTE NOIRE DE M. DE MONLUC
Sa présence n'étant plus nécessaire à Toulouse, il reprit les champs aussitôt. Sa cornette noire, à peine aperçue, faisait fuir au loin les protestants comme des lièvres. Il disait lui-même que si les ennemis la trouvaient gisant dans un fossé, ils n'oseraient pas la ramasser, de peur de s'y brûler les doigts.
— Il semblait, quand ils oyaient parler de moi, qu'ils avaient le bourreau à la queue : aussi m'appelaient-ils ordinairement tyran (â).
Une tentative des protestants sur le Château- Ci) Comm. et lettres de B. de Monluc, t. II, livre y, p. 402. (2) Comm. et lettres de B. de Mooluc, t. II, livre v, p. 408,
Trompette le rappela à Bordeaux. Sur son chemin on pouvait connaître par où il était passé : car par les arbres^ sur les chemins on en trouvait les enseignes. C'était, comme nous l'avons déjà dit, plus par tactique et dessein bien arrêté que par goût :
— Un pendu étonnait plus que cent tués (1).
Il dit ailleurs et dans le même sens :
— J*en pris (à Sauveterre) quinze ou seize, lesquels je fis tous pendre sans dépendre papier ou encre et sans les vouloir écouter, car ces gens parlent d*or (2).