‹ Les mémorialistes. MonlucChapitre 44 sur 102 · FUREURS ET MASSACRES · texte numérisé non relu

FUREURS ET MASSACRES

A Terraube, ce fut pis encore, puisque le massacre eut lieu après la capitulation. Monluc, exaspéré par un manque de foi de ceux de Lectoure qu'il tenait assiégés, donna Tordre de tuer tous les prisonniers. Près de trois cents hommes furent froidement égorgés (25 septembre 1562).

(t) Comm» et lettres de B. de Monluc, t. II, livre v, p. Â5%.

— Et après qu'ils furent morts, les jetèrent tous dans le puits de la ville qui était fort profond et s'en remplit tant que Ton les pouvait toucher avec la main. Ce fut une très belle dépêche de très mauvais garçons (1).

Ce sont là de tristes exploits : une âme plus délicate les aurait abrégés ou passés sous silence. Moulue n'y fait pas tant de façons : il triomphe sans remords de ses compatriotes ; sa campagne de France lui semble aussi glorieuse que ses guerres d'Italie, et il raconte ses hauts faits de Guyenne avec une complaisance infinie, comme un vieux sergent après boire qui essaie d'éblouir les conscrits. Il n'est point de ceux qui reculent devant les responsabilités, et sa tête qu'il risque chaque jour lui semble une réponse à tout :

— Alors je lui respondis, présents beaucoup de gens : «« Monsieur, Monsieur, sanguis ejns super filios nostros. Que tout le monde charge hardiment sur moi, car j'en veux porter la coulpe du tout: j*ai les épaules assez fortes. Mais je vousassurequeje serai chargé d'honneur et non de honte et que plutôt y-demeurerai-je le ventre au soleil (2).

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