‹ Les mémorialistes. MonlucChapitre 84 sur 102 · A LA POSTÉRITÉ · texte numérisé non relu

A LA POSTÉRITÉ

Sans accentuer outre mesure ce côté particulier de la nature de Monluc, il y a toujours eu chez lui du mécontent et du frondeur. Je ne veux

(1) Çomm. et lettre» de B. de Monluc, (. H, livre iv, p. 99).

pas en faire, plus qu'il ne convient et qu'il ne lui convenait, le champion de la petite noblesse ; il savait à l'occasion tirer son chapeau devant les puissants dujour. Mais il ne fut jamais un résigné. C'est en grognant qu'il rongeait les os qu'on daignait lui jeter ; et on a vu avec quelle obstination butée il avait fait tête, vers la fin, aux Montmorency. Ses Commentaires sont un récit animé de ses aventures militaires ; ils sont aussi, à un plus haut degré, un plaidoyer personnel : c'est un dernier coup d'arquebuse qu'il tire contre ses ennemis, et la balle est arrivée à son adresse.

— Pour ce qu'il y en a aujourd'hui qui m'aiment et autres qui me haïssent, je veux approcher delà vérité selon la souvenance que Dieu m'en a donnée, afin que ceux qui me haïssent ne me puissent reprendre à la vérité et que les autres qui m'aiment prennent plaisir à lire ce que j'ai fait et se souvenir de moi : car je vois bien que les historiens en parlent maigrement (i).

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