‹ Les mémorialistes. MonlucChapitre 85 sur 102 · ET LA PUBLICITÉ · texte numérisé non relu

ET LA PUBLICITÉ

Cette préoccupation de suppléer au silence de Thistoire officielle se retrouve à chaque page dans Monluc. Il n'est ni assez sot pour mépriser la littérature, ni assez naïf pour négliger la réclame qu'on en peut tirer. Il n'y a rien en lui des préjugés ou des ignorances qui font d'un soldat une

(1) Comm, el lettres de B. de Monluc, t. I, livre ii, p. 344-3tô.

vieille baderne. Il avait peu lu, soit : il faut bien là-dessus l'en croire sur parole, puisqu'il afBrmë n'avoir pas touché un livre pendant trente ans. Mais l'étude des hommes lui avait été plus profitable que la connaissance des livres n'eût pu l'être ; s'il aimait aussi peu les gens de lettres que les robins — et cela pour les mêmes causes, — il appréciait très sainement les avantages de leur profession. Il sentait bien qu'ils font l'opinion dans le présent et l'histoire pour l'avenir. 8*^11 eût vécu de notre temps, il eût su aussi bien qu'un autre avoir à l'occasion une bonne presse. Cequ'il dit de lia littérature est caractéristique et sent fort peu son vieux soldat :

— Plût à Dieu que nous qui portons les armes prissions cette coutume décrire ce que nous voyons et faisons : car il me semble que cela serait mieux accommodé de noire main (j'entends du fait de la guerre) que non par des gens de lettres : car ils déguisent trop les choses et cela sent son clerc (i).

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