OBSERVATION
Voici l'observation résumée du eas de méningite à pneumocoque [IT qui nous a incité à choisir ce sujet :
M... Edgar, 49 ans, présente depuis la guerre une surdité légère du côté droit.
En 1933, au cours d’une grippe, violente otalgie du côté droit, qui disparaît en quelques heures après -appheation de compresses chaudes.
En 1934, au cours d’une grippe, nouvelle otalgie suivie d’un écoulement spontané de l’orerlle gauche. On paracentèse. Guérison très simple en quelques jours avec retour de l’audition à la normale.
En mai 1935, poussée de catharre de la trompe d’Eustache, bilatérale, guérie en quelques jours par «deux séances de Politzérisation.
En décembre 1935, au cours d’un rhume, nouvelle crise d’otalgie à gauche. Le 4 décembre, température à 3805. Paracentèse. Guérison en 8 jours.
Le 6 mai 1936 : depuis 3 jours rhume et légère surdité à gauche. Examen : tympan rouge, congestionné, mais le rehef du manche du marteau est encore vi-
RE
sible. Surdité assez marquée : voix chuchotée perçue
à 5 centimètres. Aucune douleur à la pression mastoïdienne. Température à 3706 à 4 heures de l’aprèsmidi.
En présence de ces symptômes minimes, on surseoit pour la paracentèse. Fumigations, cataplasme sur l’oreille.
Le lendemain, le malade continue à souffrir de l'oreille gauche et le soir la température monte à 380, mais il néglige d'appeler son médecin.
Le surlendemain, 8 mai, le malade souffre atrocement de la tête ; la température à 3802 ; à midi il commence à délirer. Le DT Mouronauer ne le voit qu’à 5 heures du soir : comateux, en plein Kernmig, il pratique une paracentèse de l'oreille gauche qui donne issue à très peu de sécrétion.
La ponction lombaire donne un liquide hypertendu, purulent, avec de nombreux polynucléaires altérés et présence de nombreux cocei que les épreuves d’identification faites par le laboratoire B.. montreront être du pneumococcus mucosus.
Le malade est mort le 10 mai.
Cette observation nous a paru intéressante car elle correspond à un des aspects les plus fréquents de la méningite à mucosus apparaissant au cours d’une otite d'apparence si bénigne qu’elle n’avait pas nécessité une paracentèse immédiate. Il est à remarquer que dès le début de cette otite, malgré des signes peu accentués, la surdité était très marquée.
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La répétition des accidents auriculaires étagés sur plusieurs années et affectant tantôt un côté, tantôt l’autre, ou même les deux à la fois, semble bien in- __ diquer que ce malade était un porteur de germes qui attendaient la moindre occasion favorable (grippe, rhume) pour devenir pathogènes. |
ETUDE BACTÉRIOLOGIQUE DU PNEUMO III Généralités
\ Le pneumocoque III fut isolé pour la première
fois par ScnorrmuLzLer, en 1896, dans le pus de 3 méningites d’origine otitique. Il le considéra morphologiquement comme un streptocoque qu’il appela « streptococcus mucosus » en raison de l’aspect des cultures de ce germe, puis, dans une étude d'ensemble sur le streptocoque, en 1903, «streptococcus mucosus capsulatus », mettant ainsi en évidence un caractère morphologique important de ce germe.
En 1905, Parks et Wrcirams le rangèrent parmi les pneumocoques pour les raisons suivantes :
19 Après 2 ou 3 passages dans les milieux sans sérum, 1l reprend les caractères du pneumocoque ;
20 Il possède une capsule et fermente l’inuline ;
39 [Il engendre des agglutinines, absorbables par les pneumocoques et non par les streptocoques.
Cependant, ces auteurs considèrent le mucosus comme un pneumocoque très spécial, bien différencié.
Depuis cette étape décisive dans l’histoire de ce germe, de nombreux travaux, tant en France qu’à
EE ve
l'étranger, notamment en Autriche et aux États- Unis, sont venus en compléter l’étude.
En 1922, Barpenwecx, Jacon et MouLoNGuET, étudiant la vaccinothérapie dans les différentes affections du nez et des oreilles, isolèrent pour la première fois en France le mucosus dans le pus d’une otite.
S1 quelques auteurs, en particulier MoRGENROTH (1925), ont cherché à le rapprocher des streptocoques en signalant la transformation complète du pneumocoque [IT en streptocoque après passages successifs sur certains milieux, expériences reprises d’ailleurs par Hxix et Scazirr sans résultat, on ne doit plus s’arrêter à ces discussions et employer indifféremment le terme de pneumococcus mucosus où pneumocoque IIT pour désigner l’ancien streptococcus mucosus capsulatus de SCHOTTMULLER.
Habitat
A l’état normal, le mucosus vit en saprophyte dans la cavité buccale et le rhino-pharynx, il semble que ce soit là son lieu d’élection. Il fut également signalé dans la flore vaginale.
Il peut être l’agent causal d’une foule d’affections diverses dont on comprend pour la plupart aisément la pathogénie en se rappelant que le mucosus habite fréquemment le cavum : angines souvent graves, rhinites accompagnées parfois de destruction osseuse, sinusites, tant maxillaires que frontales ou
Jean Mignon 2