‹ Les méprises: comédies de la renaissanceChapitre 14 sur 14 · FLAVIO TRADITO · texte numérisé non relu

FLAVIO TRADITO

COMMEDIA

Ce canevas est plus compliqué que notre quatrième nouvelle. Ottavio n'entreprend pas seulement d'enlever Aurélia, la fille du docteur, à son

ami Flavio (Eusebîo, dans notre récit) ; il veut encore donner pour femme à celui-ci Fltminia, fille de Pantalon.

Il pousse rej0fronterie beaucoup plus loin. La lettre qu'il se fait apporter par la suivante est une fausse lettre dans laquelle Aurélia lui dit qu'elle est enceinte, ch' ella di lui è gravida. Ottavio montre la lettre d' Aurélia à Pantalon, à Pierrot, qui s'étonnent. Aurélia survient sans bruit, et tout à coup demande à Ottavio de quelle lettre il parlait à Pantalon, et lui dit qu'elle ne lui a jamais rien écrit. Ottavio, ne perdant pas contenance, répond : « Signora, puisque vous ne voulez pas qu'ils sachent nos secrets, je me tairai. » Aurélia, en colère, l'appelle traître, s'écrie : « Quelle lettre as-tu? Que parlestu de mon honneur ? » Ottavio, feignant de voir tout à coup Pierrot, dit : « Signora, pardonnezmoi; je ne m'étais pas aperçu de la présence de ce coquin de Pierrot, qui est là à écouter nos confidences amoureuses. » Aurélia, furieuse, rentre chez elle en versant des larmes de rage. Ottavio menace Pierrot et lui dit de prendre garde à ne pas se mêler des affaires d'Aurelia. Pierrot, valet du docteur, confident de l'amour d'Aurelia pour Eusebio, reste abasourdi par une telle impudence. Il en perd la parole pen-

dant une scène eatière. Le capitan s'adresse à lui, n'en obtient pas un mot, le secoue, et Pierrot, sortant enfin de sa léthai^e, pousse un grand cri, qui épouvante tout le monde et s'élance par la rue comme un insensé (i).

Le capitan se chaîne de venger Aurélia. Ottavio, combattant contre lui, tombe et va recevoir le coup mortel. Eusebio vient à son secours, lui sauve la vie. Ottavio, touché du service que son ami vient de lui rendre, reconnaît ses perfidies; il récondlie Eusebio avec Aurélia et épouse la fille de Pantalon. Le caraaère un peu plus sombre, un peu plus mystique même,

(i) AureHa domanda à Ottavio di che lettera parlava con Pantalone, e che ella non gli ha scritto cosa alcuna. Ottavio, facendo fronte, dice : « Signora, poiche voi non voleté che sappiano le cose nostre, starô cheto. » Aurélia più in collera lo chiama traditore, dicendo : « Che lettera? Che parli tu deir honor mio? » Ottavio, vedendo Pedrolino, dice : « Signora, perdonatemi, ch' io non m' era aweduto che quel furfante di Pedrolino stesse ad ascoltare i nostri segreti amori. » E ella, più irata, piangendo entra in casa... Ottavio poi brava à Pedrolino, dicendoli che non s*impacci ne i fatti d* Aurélia. E via per strada. Pedrolino rimane balordo senza formar parola.. • Capitano H domanda cio che ne fece. Pedrolino non risponde* Capitano lo squote. Alla fine Pedrolino, corne si svegliasse da un longo letargo, tira un grido tanto forte che spaventa tutti, e parte per strada.

que j'ai donné à la quatrième nouvelle, n'existe guère dans le canevas italien : j'ai voulu, en revêtant d'une autre couleur ce dernier récit, échapper à la monotonie qui est à craindre dans ce genre de compositions, et aussi compléter l'expression et la physionomie de l'époque en y ajoutant certains traits que ne m'avaient pas fourni les histoires précédentes.

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