X DEDICACE
pas se taire. Je revois bien des physionomies pures et attrayantes, les unes vénérables, les autres inquiètes; les unes souriantes en leur jeunesse, les autres sereines en leur âge mûr; et les unes comme les autres portant la double expression de lamour maternel et de lamour divin.
Puis mon admiration va à toutes celles que je n ai pas connues assez pour les aimer, mais que fai entrevues assez pour les connaître; dont f ai entendu une parole, une consolation, un conseil, dont fai saisi un regard, dont fai aperçu un élan, dont fai retrouvé l'âme et lesprit, dans rame et l'esprit de leurs fils, de leurs fdles, de leurs maris.
Toutes ces physionomies, chères à chacun de nous, se fondent pour former dans notre imagination un fantôme gracieux et pourtant majestueux, caressant comme les chants qui endorment les enfants malades et fort comme l'ange luttant contre Jacob. Ce fantôme de la maternité chrétienne regardons-le, en nous agenouillant; que nos regards soient pleins d'amour et nos lèvres remplies de bénédictions, car c'est cette maternité qui, depuis un siècle et demi, défend la civilisation française.
L'histoire nous raconte bien des sièges héroïques. Les murs sont démantelés, la brèche est faite, les assiégeants attendent l'aube pour entrer dans la ville, dont les fortifications sont à terre. Ils s'avancent; puis ils reculent. Pendant la nuit les assiégés ont élevé une nouvelle muraille à la
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Ijliii'i' (le relit' (jin (ivdil Hc alifillue. Eh hicii 1 ccsl r/iisloirr de hi nuilernilv clwvlivnnc. Tonles les impie le s, tous les lihe/'tina(/eSy loules les dé banelles, loules les fdi lier les, loules les sollises; les encijelopôdisles, les déisles, les athées, les francsmaçons, les rèvoluUonnaires de loules nuances, arrivent iun après Vautre en bandes fortes et fouijueuses. Ils battent en brèche, en même temps que la France, la civilisation chrétienne. Ils croient avoir enseveli le catholicisme, hier sous la raillerie, aujourdliui sous ce quils nomment la science. Ils crient victoii'c; il nij a j)lus quun assaut à donner. Mais pendant celle nuit quils ont faite, au milieu des projectiles diaboliques dont ils couvrent la cité de Dieu, la maternité chrétienne a bâti un nouveau mur. Et quand ils s'avancent, ils la peuvent voir debout sur le bastion restauré, agitant, au souffle du Seigneur, limmortel Labarum.
Où la maternité puise-t-elle cette force de vertu de patriotisme et de civilisation? Les ennemis du Christ le savent bien. Ils savent que, de même que le Seigneur est né dune Vierge, la maternité, le plus souvent, pour être forte et sage, a besoin d'avoir été élevée par les Vierges du Christ. C'est un des mystères de la vie chrétienne. Le livre que nous publions en dévoile un autre. C'est que la maternité rend à la virginité ce que celle-ci lui a donné : Cette maternité chrétienne naît des mains virginales, mais quand elle arrive au sommet de sa grandeur, qui est la maternité sainte.
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elle emploie les plus exquis de ses soins à former des âmes virginales.
J'ai essayé de retrouver quelques-unes des lois de iélan mi/stéricux qui empêche Ihumanilé de ramper. J'ai trouvé que les fjlus générales d'entre elles sont renfermées dans l'âme de la mère chrétienne.
C'est pourquoi je lui dédie cet ouvrage.
Charles de Ricault d'Héricault.