SCENE PREMIÈRE ELISABETH, ANDRÉ BOLESKI, ETIENNE, puis RIIODZKO
La grande porte du fond s'est ouverte lentement. Paraissent Elisabeth et André Boleski, elle penchée vers lui, entre une double haie de servitours sur la terrasse ; Etienne marche à côté de son père, tenant dans ses bras des fleurs fraîchement cueillies. Tous trou s'avancent lentement. Les serviteurs s'éloignent. La ports se referme. Elisabeth, au bras de son marî, traverse à petit pas la salle dans la direction de la porte de gauche.
ELISABETH
Ne parlons plus de cela, André ! l'épouse ne juge pas l'époux; elle garde la mémoire du bien qu'il a fait, ne se souvient pas du mal qu'il a VOUlU faire. (Regardant vers la fenêtre de
droite.) Voyez comme il est beau, notre domaine ! (se tournant
vers son fils qui joue avec les fleurs.) Et COfTime On y CUeille des
fleurs charmantes. Mais il sera plus beau encore, quand il sera libre! (pim bas.) Bientôt, n'est-ce pas? puisque, dans une heure, tes gentilshommes et tes paysans viendront fêter ton retour, et que tu iras avec eux, toi leur chef, dans la forêt, former le complot de délivrance 1
ANDRÉ HOLESKI
Oui... oui.
I LISABETH
Viens donc, Etienne! et donne-nous un peu de tes fleurs.
Ils sortent tous les trois par la porte de gauche. Pendant que l'enfant, qui marche le premier, partage entre son père et sa mère les fleurs qu'il a cueillies, lîhodzko apparaît au fond.
RIIODZKO
Tout mon rêve s'écroule ! Le comte André Boleski, pardonne, est rentré dans sa demeure. Le foyer l'a reconquis, la patrie va le reprendre, (vers ia fenêtre. i Et rien, toujours rien. Ah! Sophia Ivanowna ne m'aura pas cru ou bien ma lettre ne lui a pas été remise. Oh! je servirai donc toujours !