SCENE VIII ANDRÉ BOLESKI, ETIENNE
ANDRÉ BOLESKI
Qu'est-ce? — Un enfant!
ETIENNE
Dites, monseigneur, est-ce vous qui êtes mon père?
ANDRÉ BOLESKI
Mon fils ! (il le considère fixement, en reculant, puis il se précipite et l'em-
brasse.) Mon fils! mon fils!
ETIENNE
Ah ! bien, puisque vous êtes mon père, il faut que je vous dise ce que ma mère m'a appris. (Etienne s'éloigne un peu et s'age-
nouille, pendant que le coxte profondément ému le regarde sans cesse. Etienne continue comme un enfant qui récite.) « Monsieur le Castellan, c'est Une
une faible voix... une faible voix... qui salue votre bon., votre... » Là, je ne mo souviens plus, dise lève.) Mais ne me grondez pas. Si voulez savoir la fin, ma mère vous la dira. Elle est là, dans la salle. Allons, venez avec moi.
(il lui fait signe.) VeiltZ plus Vite. (L'enfant marche à reculons vers l'escalier. Le comte lo suit, extasié. Ils montent. L'n instant, André Boleski hésite. Etienne le prend par la main.) Mais venez donc, mon père ! (il l'entraîne. Ils disparaissent dnns le clulteou.)
Une salle d'honneur dans le château de Mikalina. Boiseries anciennes et lourdes. — Au fond, trois porches, celui du milieu plus grand, ouvrant sur la terrasse de la cour seigneuriale. — A gauche, au premier plan, une large porte que surmontent des armoiries. — A droite, faisant face à la porte, une vaste cheminée où s'encadre le portrait du duc Jagiel en armes. — Au deuxième plan, une haute et étroite fenêtre. — Une chaire devant la cheminée. — Partout, des faisceaux d'armes, des tûtes de bêtes fauves, des blasons peints; des banderolles, où l'on voit l'Aigle Blanche, remuent entre les poutres du plafond.