SCÈNE VI
Les Mêmes, TZORYL, puis RHODZKO.
La nuit vient pendant cette scène.
TZORYL
Excellence! Excellence! on emmène votre fils.
ELISABETH
Etienne 1
TZORYL
On l'emporte, vous dis-je ! Je me promenais en causant avec mon cher petit oiseau. Tout à coup il s'envole. Je lui cours après, je le rappelle, il vole toujours. Je le vois se poser à cent pas du château sur la voiture de cette dame qui est venue. J'arrive, je veux le reprendre. Alors il me mord, oui, Excellence, il me mord, lui si doux ! Mais je ne lui garde pas rancune; il ne voulait pas se séparer du jeune
DEUXIÈME TABLEAU l >
maître qui était là, tout en pleurs, dans le c crosse prêt à partir.
Vous me rendrez mon enfant !
ANDRÉ BOLESKI
Tzoryl est fou, madame!
ELISABETH
Rhodzko ! mon fils, sur-le-champ ! où est-il ?
RHODZKO
Dans la voiture de Mmc la princesse, où M. le comte m'a commandé de le conduire.
ANDRÉ BOLESKI
Moi?
ELISABETH
Infâme !
RHODZKO, bas à Boloski
C'était le seul moyen.
ANDRÉ BOLESKI, hésitant
Oh! non.
ELISABETH
Mais je vous l'arracherai !
BOLESKI, après un regard de Sonja
Demeurez, madame. Votre fils est mon fils. Je l'emmène selon mon droit. Si je reste époux, je reste père. Etienne sera élevé près de mui, en Russie.
ELISABETH
En Russie ! (Un silence.) C'est bien. Le divorce. Soit. Vous triomphez. Je cède.
RHODZKO
Enfin !
Elisabeth court à la table où elle écrit rapidement. Rlindzko est sorti sur un signe du comte.
ELISABETH, à Tzoryl, en écrivant
Qu'un homme monte à cheval.
TZORYL
Bien, Excellence.
ELISABETH
Qu'il parle pour Troki et ne s'arrête pas un instant en chemin.
TZORYL
Bien, Excellence.
ELISABETH, donnant un papier à Tzoryl
Ce papier doit être remis... (a Boieski.) au Consistoire, n'estce pas ?
ANDRÉ BOLESKI
Oui, Madame.
ELISABETH, à Tzoryl
Au Consistoire, sans retard, va. — Maintenant, je voudrais bien embrasser mon enfant.
DEUXIEME TAHLEAU