SCÈNE V
Les Mêmes, ELISABETH.
ANDRÉ BOLESKI
Elisabeth! Eh bien, Dieu me punisse ! (n se lève, court à eii9, dans un violent effarement.) Oui, madame, je l'aime. C'est elle que j'aime, oui. Pas de reproches, ils seraient vains. Je ne vous trompais pas tout à l'heure, je me trompais moi-même. Je suis à elle, à elle seule. Je vous l'ai déjà dit, vous ne l'avez pas cru, puisque vous avez refusé de consentir au divorce que ma loyauté m'obligeait de vous offrir, mais vous consentirez, maintenant que vous avez vu...
ELISABETH
Je n 31 Tien VU. (S'avancant, d'une voix très calme.) Monsieur
vous ne m'avez pas encore présenté la voyageuse qui nous demande l'hospitalité.
Il baisse la tête, confondu, mais Sonya s'avance, le sourire aux lèvres. SONV.V
On m'appelle Sophia Ivanowna.
Vous êtes Russe, madame, et je suis Polonaise. Les femmes de mon pays éprouvent pour celles du vôtre un éloignement que d'ordinaire je dissimule mal. Mais vous êtes entrée chez le castellan de Mikalina, mon mari; il suffit ; vous êtes la
bienvenue. (Elle va vers la tnble et frappe sur un timbre. Kntre par la
gauche une petite servante.) Des flambeaux. Vous ferez servir le souper dans cette salle. Vous donnerez ordre que l'on prépare la chambre des hôtes. Sophia Ivanowna nous fait l'honneur de passer la nuit dans notre maison. (Puis eiie se
tourne vers André Boleski et dit très bas :) Je SUÎS prête à d'autres
épreuves.