‹ Les mères rivales, ou, La calomnieChapitre 31 sur 46 · LETTRE 3CLV · texte numérisé non relu

LETTRE 3CLV

De la haronne à la mar'quise.

^ - 'Le 12 nuL

J'ai reçu^ nfioaddiîê^ tin« éo4ifiâence qui vous regarde ) et j'Iai^Vdulu me charger de to«s la révéler. Vôktté qaéc'^st* M. du 'Kesnel veut a^stirel* loul soti h]!éiù^tjéôCti^ die ^c'est-à-dire, d^œ cent htitteU\ifeà'de reniés fet un riiobîlîter immefisè.- Jé»ftte c*0& |>âs que voù^h^ez lë^rMï^ faire la ^o^ reuse dàfls celle ôct^siott-, û v^ti itt^ avis, tëocadîe tt'és! pàà Vôl¥é We , elle n'a rien , il vôuis tet împ^ssîMè dé liïî donoer une dot qui puisse lui procurer un mariage avantageux^ votre bien appartient a vos •cnfans, et vouspe pouvez qu'assurer une petite pension viagère à cette fille adoptive si che'rie; il y aaroit donc de la déraisou et de l'injustice à refuser pour elle une fortune immense , qui la rend l'un des plus grands partis de la France. Vous n'avez personne à consulter là -dessus, tiCOf^dle ne dépend légitimement que de

RIVALES. rgS

vous ^ une mère anonjrjne , inconnue y voi^ léej etc.^ eBt nalle en ceci; c'esl à vous seule à pranoucer, eit si j'ëlois à votre place , f aceeptorôis* sur «^ le ^ champ ^ sans balancer ;' c'est pour viou^ un devoir» Ëa-»

soùe,..^:(ialiI Pauline^' je Vai$ vousnion«»

trer à quelpduit j?e suit sûre de voire în<^ nocenco^l ensuite .^e dipc6s/à mùn mari ; Je vous ai prié , il.y a plus de «dix ans, de ne poipi; peendive d'eugagement positif pourimoia fils; aiamienant.qiie aa Léo— eadie a^èeise aas,^ qu elle est>j ^aux; yeux .de touikmonde-^la plus€barjQQanle|)ieraonne ^ui éatste V tel qu'elle) «si: dever»^ ^ne tircfae /jen^Kpre;, .je vous V^ïSvtt jpô6,ir Mwr TÎce ! . • • V Alors PauKne esi if usttfiect elW recoftvre toute sa: répota^on en assurant iebonheur de-sBs enfiiQslb.^iir. / îi. ;

O mén^mie y «'besitess psÀl,Sf par une Cavsie délicatesse Vous bàlaaetezi^v^us arfr lf%éi*lez fnolielleqieni l'ai)[iUié î Songez*y bien, la ProvideiMe vous dohne enfin un moyen certain de vdu&^stifièF raifenpas profiièt, sernit une foll^ coupable edncompféfaensible;^^ voos>fo ^n£esse> si quelque ofaose p'ouvoii' éb^ranlér mon estime ponr voàs ;» ce seroit de vous Voir à cet égard une &çon de penser difTérenle de la

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mienne* N- opposez point à ce profet h penchant mutuel de Maurice et de Ziéphi-- TÎne. La dernière n'a que quatorze ans; |)eut-oi]( imaginer que Teisipèee de sentiment qu'elle a, soit une véritable passion? Et quant à Maurice, seroit*il possible de croire de bonn^ foi qu'uu jeuae homme de dix-buit ans put épouser Léocadie avec répugnance? M. et Mp»® d'Orgeval seront outrés de ce mariage; en yérilé, je^e vois pas grand mal à cela^ ils vous ont tou)durs enviée , calomm^. Mar tlame d'Orge val est une mauvaise mève ^ iqui ne s'affligera de cet événemeot qae -par ambition , par vanité^ et parée qu'il "vous^ justifie : enfin , on ne leur 9 jamais donné de parole positive : ainsi rieq ne doit vous retenir ^ ahsolume&t rien* De grâce , * décidez - vous promptefueul > et répondez*moi.. Le- baron est toii)oujr$ Hussi souffrant y je ne puis le quitter ûu instant. Ah! que ne m'èst-il permis 4^ voler près de vous l Que ne doDiieroisr je pas pouc une heure de conversation !

Répondez-nàoi, chère Pauline; soogezrque j'attends . Simon oé^ soir , renvpyez— le-ïikôi. Un oui est bientôt écrit, el voilà oat ce que vous avez à dire^ si vous ne

RIVALES. iffS

QS^psuIiez que votre cœur^ Vhoûneur et la raison»

LETTRE XLVL

Réponse de la marquise.

••>'*••.•■ lie w niaî..

Ouij parfiaite amie y je me renda k vos ^'Taisons, j'en sens ioule là force et iôute ia justesse; j'accepte les bienfai).^ de M. du Resnel y et je ! vais eovoyer un courrier à Lyon pour conjurer Albert d'mûr pour ja-* mais^ SOQS six semaines^ Maurice; et Léo- «cadie par un lien indijssoluble. Etes-vous contente? cela eH^l cU^ir?

Je ne puis exprimer tout ce que )e sensi ' assurément je suis heureuse 1 « • • • Je dois ' tout k l'àmilié ^ je serai justifiée ^ e.t Léoca- «dîe sera véritablement ma fille î. . • Mais^ quel bonheur est sans mélange I Maurice - épousera Léocadie sans transport , sans l'adorer ; Léocadie s'affligera de rompre Tu* BÎon de deux personnes qui s'aiment et qui lui sont chères^ elle sentira vivement

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fe chagrin de Zéphirkie, el? même eïïe se te figurera plus violent qu'il ne psutétre!

Le sort de Zéphîrine me touche aussi; n'époiisant^ pomt^ Meuriee > -elle ne -fe»

qu'un mauvais Jnariage^ ou ne se mariera point du tout, oar sets pavons neferont pour elle qu'un choix bicarré ! .... Ils ne consulteront ni son goût ^ ni peut-être même les convenances; enfin ils me Tôteront^ et qae déviend^a-t-elle entre les mains d'une telle mère !. . • • J'avoue encore que la peine de iiQOii beàti*frèi^e et de dm f^mmedÂis cette ^ecàsion^'en f^rabei^eoop ^rpàrcetfu'elle lie «eratjué trop f<mdw;I. .; /B)en''d'auif0S choses m'attristent enoor^ !• • •

.Voici quels sont mes pr<9}ets<^ (pe révoquant point en doute le^o»setïè6inen| d' Aj- Bert). Je tnârierai méS' en (kns sur Jâ fin de juin ou darisl(^s^Velâiel« j<iurs'de fiàîVlét ; cotâttie îfs'fifeynt'trop jjetittes'poar-'Vivre ensemble ^ no^s 'ferons voyager Maurice pëndant'déux âii6,. Je demaaÂBr&i d« g^c^ der Zréphirine toât^^ temps, ^rqu^od les premiers" aft)u\^emén5 de colère ^^eron i pas* *$és , je me flatte qu^ jel^obtîendrai.Axi retour de Maurice^ cous enverrons Zépiiirioe à Dijon chez inst mère y <|ui' s'en chargera avec plaisir^ Albert consentira voloalier»

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à pfendfe rèogagexuept de donner à celte petite , quand elle se mariera ^ un trousseau y de faire l.ous les frais de noce ^ et de lai assurer uae pensioâ viagère de quatre mille francs; ay et tout eek^et l'assurance du bien de ses parehs^ dont elle est fille unique , elle < fera eërteônement un excelv lent mariage» != *.

Je ne veux posietemr Sirno» plus lûng^ tempc^; adieu, la meilleure «de teutes- les amiesiel Ta (il us tendrement iaimee« . Jiéistii à M w; ! 4<tt ^ Résnel s f lespène «p'îl ifieiiàra demain: rèiitev(nr luÎHOièmfe tous joe5 JTttBCffeimens» ^

LÊf-TRE XLVIL

De la méhie au marquis^

"Le ï3 maî^

Ja TOUS env^ieii inonanii^ par un coi^r- ^rier^ une letiteide M"^* de Vordaç <|ui vous, inàruiila du motif dé ceo^essage. Je pense ji^M^Iumeat sùr.^^Uetsffaife'jeomnie.moft eioreirexrie amie ; ainsi/îé. vous of&e Léoea- Jdie pour noitré ffls.Il y aibi'eh loog*temps^ ^ue oe maraage issi Tob jet. de mes vœux:

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les plus ardens» Voici à ce sojet l'expltça-» lion de ma conduite.

Je ne pouvois raisonnablement dans la première enfance de Léocadie vous la proposer pour Maurice; foirmer le projet de donner pour femme à mon fils^ une eri/ant trousse . c'éioit sacrifier r^mour m^terael à Tenfant d^adoption, c'étoit manquer es* sentiellémem à mon' dévoir. D'ailleurs , Léocadie n'avoii pas entrore -cinq ans lorsque vous votfs empressâtes de me con&er vos vues sur la petiié Zépbirine. (îe profet àe mariage ë toit ëtr effet très-*ccmvieàable; je vous répondis simplement que )e voitf demandois en grâqe de ne prendre aacan engagement positif \ avant que Maurice eût atteint sa vingtième .année ^ vous me le promites. Peu d'années après vous dé«sirâtes que Zépfaîrine fût dâe^téé chez nous, ensuite vous eûtes l'air de vous atlacber passionnément à elle, et vous me répé- .tàt«6 avec une affectation /marquée ^ue son mariage avec M^xxnee fermt le bon^ heur de â>Qtre we. > Enfiii. vous, ddnnàles en ma présence cetléespécance à Totœ frère 9 et vous- n'avez rien négHge pour persus^der à Miaurice qu'il étoil amoureux de cette enfant.... Ajottterai*|e encore ce

qui m'a taût de fois percé rame?..* Téloignement extrême que vous montrez y surtout depuis deux ans^ pour Lëocadie*. • • et que son innocence^ sa douceur^ son res« pect et soQ attachement pour vous ne peuvent vaincfe. Vous rappellerai-je que le jour où M™*" d'Olbreuse fit la plaisanterie de lui mettre son habit de bal et du rouge ^ el nous Taœena ainsi dans le salon y et que cette pauvre petite courut à vous les bras ouverts y vous la repoussâtes avec une brusquerie dont elle fut épouvantée , et vous sortîtes précipitamment ••• Ah ! je ne croU rai point qpecet ange puisse inspirer Taversioo ; ces traitemens, je le sais y ne viennent que de vos cruelles préventions , mais pou« vois-je vous proposer de préférer pour Maurice y a un très- bon parti ^ à une aima^* ble et jolie personnequi vous est chère el qui est votre nièce ^ une pauvre enfant étrangèi*e 9 sans naissance^ sans bien > et qui paroit vous déplaire?

Cependant je nourrissons toujours en se-crelun reste d'es^pérance. Maurice n*a que dix-huit auS) vous comptiez lefaire voyager^ je me flaltois qu'à son retour, âgé de vingt ans y il auroit d'autres yeux , ou que pour mieux dire , voyant alors par lui-même ^ ij 5. i5

s'élonneroit de son premier choix ^ el que ses sentimens s'accorderoient a^ec les miens.

Voilà Tcxplicalion que* je vous dois ; maintenant jetons un voile éternel sur le passé. J'ai pu bannir enfin de ma mémoire le souvenir des jours rapides et délicieux de ma première jeunesse!.... croyez qu'il m'en coûtera beaucoup moins d'en oublier les seize dernières années!. • .

LETTRE XLVIIf.

Réponse du marquis.

De Lyoo, le 16 mai.

Ah! Pauline! est-il bien vrai? voulezvous sincèrement donner à votre fils Léo^ cadiepour épouse?... Mais^ grand Dieu !

la lettre de madame de Vordac , cette lettre que vous m'envoyez , et la vôtre , peuvent-elles me laisser le moindre doute a cet égard ?.,. Ouï , je coùsens à celte union qui répond à tout, qui vous justifie^ et qui ne laisse qu'un coupable qui ne se consolera jamais.

Je ne veux point vous allendrir : depuis long-temps je suis justement banoi de votre cœur, je n'ai nul espoir de pardon y je me rends justice; croyez-moi y Paulrne^ c'est vous venger assez.

Je vais enfin vous expliquer sans défour une conduite qui vous parolt bizarre , et qui dans mes idées étoit très-con«* séquente.

Depuis la rétractation de M^^ du Resnel , j ai repris tous les soupçons qui vous outrageoient^et chaque année n*a fait que les fortifier L*. Je me persuadai qu'ayant fait ou laissé faire tant de choses. extraordinaires pour vous justifier ^ vous seriez très-^mbarrass^ée de ne pouvoir me •donner une preuve indubitable de votre innocence en me proposant le mariage de Maiirice et.

de Léocadie. J'ai voulu vans épargner cet embarras^ Voilà- pourquoi^ jffii montré tant de goût, tant de préférence pour ma nièce 9 pourquoi j'ai mis tout en usage pour inspirer \ Manrice le même désir. Quand vous me demandâtes de ne point m'engager , je ne vis dans cette pirière qu'un petit ar,tifice. Cependant pour meconduire toujours avec simplicilé, je vous fis lapromesse que vous exigiez : en effet ^ je n'ai point donné .ma

parole à mon frère , mais j'ai dît et répélc à tous mes amîs que j'élois irrévocablement décidé Si marier mon fils à ma nièce.

Une chose qui a beaucoup contribué à me confirmer dans mes soupçons , c*esi que St. Méran , beaucoup plus votre ami que le mien , et Tami intime de Thomme du monde qui vous est le plus dévoué , quand je lui ai parlé de mes vues sur Zéphirine , m'a fort approuvé, et même to*a canseillé plus d'une foisde ne pas attendre que Maurice eût vingt ans pour le marier, appuyant cet avis de raisons très-frivoles. Zéphirine m'est chère , mais je ne'l'ai jamais comparée dans ma' pensée îi Léoeadie.... Moi, de l'aversion pour cette dernière!... La bizarrerie que vous avez cru remarquer en moi à son égard^ n^estquedansma destinée, et non pas dans mes sentimens U.. Enfin, j'adopte Zéphirine pour ma fille , et j'accepte Léocadte pour ma belle-fille. Je voudrois pouvoir re* fuser la donation de M* du Kesnel ; j'aimerois bien tiiieuic Léocadie sans aucune fortune; mais mon refus à cet égard ne seroU qu'.une vaine «ostentation de générosité^ puisque «i je n'acceptois pas l'assurance da bien par contrat de mariage , M. daHesnél ne manqueroit pas de la faire' par son tes-

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tament ^ ce qui reviendroit au même. Ainsi j*accepte sans restriction toutes les ofT.es contenues dans votre lettre ; |ai dé)a parlé a mon fils , il consent à tout , et par ce même courrier j'écris à mon frère pour lui annoncer cet arrangement^ et pour lui dire en même temps que je me charge de rétablissement de Zépbirine.

Mais après un tel éclat y s'il survenoit des obstacles qui fissent manquer le mariage sans qu^'l y eut de nid fauté ou de celle de mon fils , je vous le demande à ■vous-même, que pourroîs- je penser? Naurois'je pasle droit de me croire indignement ;oué y et sans aucune nécessité?

Je ybuà envoie un coiirrîer , et je par- Uffii moi-<même ala pointe du jour; celte lettre ne^ nàte précédeva que de quelques heurea.

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