‹ Les merveilles célestesChapitre 10 sur 39 · DISPOSITION GÉN RALE DE I/UNIVERS · texte numérisé non relu

DISPOSITION GÉN RALE DE I/UNIVERS

en un pointillé brillant; à mesure que la puissance du télescope devint plus perçante, le nombre des nébuleuses apparentes diminua, et aujourd’hui, toutes celles qui, du temps de Galilée, étaient regardées comme des nuages cosmiques sont résolues en étoiles. Pour être juste, il faul ajouter qu’en révélant la composition stellaire des premières nébuleuses, le télescope eu a découvert d'autres dont il n’a pas encore dévoilé la nature ; mais l’analogie nous porte à croire que, semblables aux premières, ces nébuleuses ne restent à l’état indistinct que par suite de leur éloignement prodigieux, que les instruments les plus puissants ne sont pas encore parvenus à vaincre, et que le joui' viendra|où, celte distance étant franchie, nous montrera là aussi d’immenses rassemblements d’étoiles.

Ainsi, l’on doit se représenter l’espace infini comme' un vide immense au sein duquel sont suspendus des archipels d’étoiles. Ces archipels sont peut-être eux-mêmes en nombre infini; ils comptent par millions les. étoiles qui les constituent, et de l’un à l’autre la distance est incalculable.' Il sont distribués dans l’étendue à toutes les directions, dans tous les sens, suivant toutes les directions imaginables, et revêtent eux-mêmes toutes les formes possibles, comme nous allons en être témoins.

L’une des nébuleuses les plus remarquables et les plus régulières, celle qui peut en même temps servir le mieux à l’illustration des raisonnements qui précèdent, c’est la nébuleuse du Centaure. — Nous étudierons plus loin l’aspect des constellations, et la méthode la plus simple pour trouver les objets célestes les plus dignes de notre attention. — Cette nébuleuse se présente sous l’aspect ci-dessus dans bs champs d’un bon télescope.

A l’œil nu, on la distingue à peine, comme un point d’une faible clarté; dans le télescope on voit briller sous ses yeux une multitude prodigieuse d’étoiles fortement condensées vers le centre. Cette condensation est une

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preuve manifeste que l’amas d’étoiles n’est pas seulement circulaire, mais encore sphérique. Un instant d’attention suffit, en effet, pour montrer que, si l’on regarde de loin

Fig. 4. — Nébuleuses globulaires.

une sphère d’étoiles, le rayon visuel traversera une longueur moindre s’il regarde les bords de la sphère que s’il regarde le cenlrc, et rencontrera moins d’étoiles sur son chemin vers les bords que vers le centre. A mesure que

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ce rayon visuel se rapprochera du centre, sa partie comprise dans la sphère deviendra plus longue et le nombre d’étoiles qu’il rencontrera ira en augmentant. Le maximum sôra au centre même. C’est cet effet d’optique qui avait fait croire à une condensation de la matière nébuleuse. Halley la trouva, en 1679, pendant qu’il travaillait au catalogue des étoiles du ciel austral. Les amas stellaires de la Balance et d’Hercule (fig. 5) sont de même Ordre que le précédent. Celui d’Hercule, situé entre r, et ç de cette constellation, est l’un des plus magnifiques de notre ciel boréal. On le distingue à l’œil nu, dans les belles nuits, comme une tache lumineuse.

Les limites de cette nébuleuse ne sont pas aussi nettement définies que dans celles qui ont particulièrement reçu la désignation de globulaires. La figure 4 représente quelques types choisis parmi ces dernières.

De ces amas d’étoiles les premiers sont certainement sphériques ; les autres, allongées, dont nous voyons l’épaisseur diminuer de plus en plus, sont probablement encore circulaires, mais aplaties sous la forme de lentilles; au lieu de se présenter à nous de lace, ils se présentent par la tranche.

A la vue de ces amas globulaires, ou peut se demander avec Arago quel est le nombre des étoiles contenues dans certaines de ces nébuleuses. L’astronome a répondu luimême à sa question. 11 serait impossible de compter en détail et avec exactitude le nombre total d’étoiles dont certaines nébuleuses globulaires se composent ; mais on a pu arrivera des limites. En appréciant l’espacement angulaire des étoiles situées près des bords, c’est-à-dire dans la région où elles ne se projettent pas les unes sur les autres, et le comparant, avec le diamètre total du groupe, on s’est assuré qu’une nébuleuse dont l’étendue superficielle apparente est à peine égale au dixième de celle du disque luminaire, ne renferme pas moins de 20,000 étoiles ; c’est

IA le minimum. Les conditions dynamiques propres à assurer la conservation indéfinie d’une semblable fourmi-

lière d’étoiles, ne semblent pas faciles à imaginer, ajoute le célèbre astronome. Suppose-t-on le système en repos, les étoiles à la longue tomberont les unes sur les autres. Lui donne-t-on un mouvement de rotation autour d’un seul

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