‹ Les merveilles célestesChapitre 9 sur 39 · DIS POSITION GÉNÉRALE DE L’UNIVERS · texte numérisé non relu

DIS POSITION GÉNÉRALE DE L’UNIVERS

étoilées que sous un aspect diffus, nuageux, qui ne permettait pas au regard de remarquer les étoiles composantes. Cette apparence n’éveillant en aucune façon l’idée de rassemblements solaires, on pensait qu’il y avait seulement là des vapeurs cosmiques phosphorescentes, des tourbillons de substance lumineuse, peut-être des fluides primitifs dont la condensation progressive amènerait dans l’avenir la formation d’astres nouveaux. On croyait assister à la création de mondes lointains, et parfois en remarquant ces aspects parvenus à des degrés divers de luminosité, on crut pouvoir en inférer leurs âges relatifs, comme dans une forêt on peut reconnaître, par approximation, l’âge des arbres de la même espèce, selon leur grosseur ou selon les cercles concentriques qui se forment chaque année sous l’écorce. Ainsi, la première nébuleuse observée à l’aide d’un télescope et signalée comme un objet d’une nature particulière, la nébuleuse d’Andromède, fut considérée pendant trois siècles et demi comme entièrement dépourvue d’étoiles. Simon Marins, de Franconie, qui de musicien était devenu astronome, — goûts trèscompatibles du i‘este, — décrivant cette apparence ovale et blanchâtre, qui, plus brillante au centre, s’affaiblissait sur les bords, disait qu’elle ressemblait à « la lumière d'une chandelle (candela) vue de loin à travers une feuille de corne. » Il y a quelques années seulement, un astronome de Cambridge a compté dans les limites de cette nébuleuse 1500 petites étoiles, et pourtant le centre garde encore, malgré les meilleurs instruments, l’aspect d’une clarté diffuse. Plus tard, l’astronome Halley ne songeait pas davantage à des agglomérations d’étoiles. « En réalité, disait-il, ces taches ne sont rien autre chose que la lumière venant d’un espace immense situé dans les régions de l’éther, rempli d’un milieu diffus et lumineux par luimême. » On en vit d’autres encore penser que c’était là la clarté du ciel empyrée, vue à travers une ouverture du

firmament. C’est ce que disait Derliam. l’auteur de VAslrotheology.

Mais lorsque les instruments d’optique furent perfectionnés, cette apparence d’une clarté diffuse se transforma

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