‹ Les merveilles célestesChapitre 38 sur 39 · LA CONTEMPLATION DES CIEIX. Ô · texte numérisé non relu

LA CONTEMPLATION DES CIEIX. Ô

flamme à la main! voilà les mortels avec leurs risibles frontières! Si l’on donnait aux fourmis l’intelligence de l’homme, ne partageraient-elles pas aussi un carré de jardin en plusieurs provinces? Quand tu te seras élevé aux objets vraiment grands dont je parle, chaque fois que tu verras des années marcher enseignes levées, et comme si tout cela était chose sérieuse, des cavaliers tantôt voler à la découverte, tantôt se développer sur les ailes, tu seras tenté de dire : « Ce sont des évolutions de fourmis, grands « mouvements sur peu d’espace. » — Oh! quoM’homme est petit s’il ne s’élève pas au-dessus des choses humaines! Il est là-haut des régions sans bornes, que notre âme est admise à posséder, pourvu qu’elle n’emporte avec elle que le moins possible de ce qui est matière, et que, purifiée de toute souillure, libre d’entraves, elle soit digne de voler jusque-là. Dès qu’elle y touche, elle s’y nourrit et s’y développe : elle est comme délivrée de ses fers et rendue à son origine ; elle se reconnaît fille du ciel au charme quelle trouvedans les choses célestes ; elle y entre, non comme étrangère, mais comme chez elle. Avide spectati^ç, il n’est rien qu’elle ne sonde et n’interroge. Eh! qui t’en empêcherait? Ne sait-elle pas que tout cela est son domaine? »

L’homme ne vit pas seulement de l’élément matériel ; il lui faut la pensée. C’est en s’élevant à ces nobles contemplations qu’il est digne de son rang; c’est en occupant son esprit de ces beaux et féconds sujets d’étude, que son front gardera l’empreinte divine de sa destinée et s’éclairera de plus eiyjius. N’oublions pas les enseignements de la nuit, et yfmfl^qtiqhmefois méditer sous son ombre silencieuse. Au lieu d’un^’èvcrie flottante, maintenant que nous avoi^j levé ifiq|,p$ftie du voile qui nous cachait les njystères célestes, no£lr;é pensée aura pour objet un spectacle mieux compciJyiHHis connaîtrons ce que nous admise

rons, et nous apprécierons mieux ces créations lointaines. Les heures nocturnes auront un double prix à nos yeux, puisqu’elles nous mettront désormais en communication avec des mondes dont la nature ne nous est plus inconnue. Et c’est avec une effusion plus intime encore que nous adresserons à la Nuit cette salutation, par laquelle nous avons ouvert notre entrevue avec le ciel :

O Nuit I que ton langage est sublime pour moi,

Lorsque seul et pensif, aussi calme que toi,

Contemplant les soleils dont ta robe est parée,

•Terre et médite en paix sous ton ombre sacrée !

Fl N.

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