‹ Les merveilles célestesChapitre 5 sur 39 · LA K HT · texte numérisé non relu

LA K HT

nature, avec la vérité. Une femme poète, madame de Girardin, a écrit ces impressions avec une grande délicatesse :

Voici l’heure où toml>c le voile Qui, le jour, cache mes ennuis :

Mon cœur à la première étoile S’ouvre comme une (leur de nuit.

On nage, on plane dans l’espace,

Par l'esprit du soir emporté;

On n'est plus qu’une oinbre qui passe.

Une ûme dans l’immensité.

D'un monde trompeur rien ne reste :

Ni chaîne, ni loi, ni douleur;

Et l'àine, papillon céleste.

Sans crime peut choisir sa fleur.

O nuit! pour moi brillante et sombre,

Je trouve tout dans ta beauté ;

Tu réunis l’étoile et l’ombre,

Le mystère et la vérité.

Celui qui chanta les Nuits, dans la langue de Newton, Edouard Young, s’est quelquefois élevé dans ses hymnes à de magnifiques pensées. « O nuit majestueuse, s’écriait-il, auguste ancêtre de l’univers, toi qui, née avant l’astre des jours, dois lui survivre encore, toi que les mortels et lés immortels ne contemplent qu’avec respect, où commencerai-je, où dois-je finir ta louange? Ton front ténébreux est couronné d’étoiles : les nuages nuancés par les ombres et repliés en mille contours divers composent l’immense draperie de ta robe éclatante ; elle flotte sur tes pas et se déploie le long des cieux azurés. 0 nuit ! ta sombre grandeur est ce que la nature a de plus touchant et de plus auguste. Ma muse reconnaissante te doit des vers. Et quel sujet est plus digne, d’être chanté par l’homme? En quel autre essai pouvons-nous mieux préparer nos sens à soutenir les ravissements de la félicité céleste? I/Éternel, des-

tinant l’homme à contempler la majesté de sa face éblouissante, expose ici-bas à ses regards cette scène de merveilles pour accoutumer ses yeux à l’étude des grands objets... J’élance ma pensée au-dessus de la terre. Quel fastueux appareil ! quelle profusion de merveilles ! quel luxe et quelle pompe le Créateur a déployés sur ce théâtre ! Quel œil peut en embrasser l'étendue? Quel est cet art inconnu qui enchante l’âme, l’attache à ce spectacle par un charme inépuisable et la force de contempler sans cesse? Le jour n’a qu’un soleil ; la nuit en a des milliers, dont la clarté conduit nos regards jusqu’au sein de l’Éternel, au travers des routes illimitées où sont empreints les magnifiques vestiges de sa puissance. Quels torrents de feu versés de ces urnes innombrables tombent ensemble des hauteurs du firmament ! Transporté et confondu, je me sens à la fois terrassé dans la poussière et ravi dans les cieux. Oh! laissez-moi voir... laissez-moi promener mes pensées.. Mais ma vue ne peut trouver de terme, et ma pensée s’égare dans un désert. An milieu de son vol, mon imagination succombe. Elle veut encore se ranimer. Elle ne peut ni résister à l’attrait qui l’entraîne, ni atteindre au terme qui la fuit, tant son bonheur est grand, tant son voyage est immense... Ambition, vante maintenant l’étendue de tes conquêtes sur cet atome où nous sommes cachés! p

De toutes les sciences, l’astronomie est celle qui peut le mieux nous éclairer sur notre valeur relative et nous faire le mieux connaître les rapports qui relient la Terre au reste de la création. Sans elle, comme l’histoire des siècles passés en garde le témoignage, il nous est impossible de savoir où nous sommes ni qui nous sommes, ni d’établir une comparaison instructive entre le lieu que nous occupons dans l’espace et la totalité de l’univers ; sans elle nous ignorons à la fois, et l’étendue réelle de notre patrie, et sa hature, et l’ordre auquel elle appartient. Enfermés

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